La FAO inquiète de l’aggravation de la sécurité alimentaire de la population centrafricaine en milieu rural

La FAO inquiète de l’aggravation de la sécurité alimentaire de la population centrafricaine en milieu rural

10/01/2013

Bangui, L’insécurité entrave la production agricole et les opérations humanitaires – Le déclenchement des hostilités entre les rebelles de la coalition "Seleka" et les forces du Gouvernement Centrafricain depuis le 10 décembre 2012 et l’annexion par la rébellion de nombreuses localités ont provoqué la fuite de populations, abandonnant leurs lieux et moyens de production. La FAO est particulièrement inquiète du sort des agriculteurs et des éleveurs qui ne peuvent plus accéder à leurs exploitations en raison de l’insécurité grandissante.

Les localités annexées par la rébellion correspondent à d’importantes zones de production et d’échange. « Les préfectures situées dans les zones en conflit (Ouaka, Kemo, Nana-gribizi, Ouham, Hautte-Kotto, Basse-Kotto, Bamingui-Bangoran, Vakaga) contribuent normalement à plus de 53 pour cent de la production agricole nationale, ce qui laisse augurer un recul drastique de la production agricole du pays », explique Madame Rokhaya DABA FALL, Représentante de la FAO en République centrafricaine.

La baisse de la production vivrière et la hausse des prix notées depuis le début du déclenchement des hostilités devraient se répercuter sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’ensemble du pays, et aggraver celle des ménages vulnérables. La majorité des centrafricains vivant en situation de grande pauvreté sont tributaires de l’agriculture et en tirent une partie importante de leurs moyens d’existence.

Dans les zones de conflits actuelles, la situation est particulièrement préoccupante compte tenu de l’impact des affrontements en cours, particulièrement dans des villes comme Kaga-bandoro, Bambari, Sibut et Damara, où des centaines de milliers de personnes ont fui dans la brousse. Les réserves de semences de céréales stockées dans les greniers ont été pillées et les tubercules de manioc arrachées dans les parcelles. De même, le petit élevage est décimé et les éleveurs de gros bétail sont pourchassés et dépouillés de leur cheptel.

La République centrafricaine, pays à faible revenu et à déficit vivrier dont plus de 30 pour cent de la population vit en insécurité alimentaire, fait face à une déliquescence des conditions de vie des populations rurales. Après deux décennies de crises, marquées par des conflits politico-militaires, la production agricole stagne faute d’investissements adéquats.