La campagne de lutte antiacridienne à Madagascar avance à grande vitesse. ©FAO/Jean-Marie Legrand

La campagne de lutte antiacridienne à Madagascar avance à grande vitesse

26/03/2014

La première campagne de lutte antiacridienne du Programme triennal de réponse à l’invasion acridienne à Madagascar avance à grande vitesse. La superficie traitée a augmenté de plus de 167 000 hectares entre le 1er et 20 mars 2014. La FAO dispose de tous les moyens humains et logistiques pour assurer le traitement d’une superficie d’un million et demi d’hectares, comme estimé dans le Programme triennal.

Le Programme triennal de réponse à l’invasion acridienne (2013-2016), mis en œuvre par la FAO en étroite collaboration avec le Gouvernement malgache, notamment le Poste de coordination nationale (PCN), le Centre national de lutte antiacridienne (CNA) et la Direction de la protection des végétaux (DPV), est dans la bonne voie. Grâce à l’arrivée d’un avion de traitement début mars 2014, la superficie traitée a augmenté considérablement. A la date du 20 mars 2014, elle a dépassé les 400 000 hectares, soit plus de 167 000 hectares traités en l’espace de 20 jours.

Carte des zones traitees au 20 mars 2014

Les zones récemment traitées sont situées le long des plaines côtières occidentales, dans les secteurs de Befandriana-Sud, Belitsaka (entre Maintirano et Morafenobe), Antanimieva et Ankililoaka (70 km au nord de Toliara), Ankiliabo et Bevoay ainsi que Manja. Au total, les volumes de pesticide utilisés depuis le début de la campagne antiacridienne sont de 189 251 litres de Chlorpyrifos et 42 550 litres de Teflubenzuron.

L’autonomie et le rayon d’action de l’avion ont résulté en une accélération des opérations de lutte puisqu’il peut atteindre des zones inaccessibles aux hélicoptères. Quant aux trois hélicoptères, ils continuent les opérations de prospection et de lutte dans leurs zones de déploiement respectives afin de suivre la dynamique des populations acridiennes, identifier les zones prioritaires de lutte et réaliser des traitements.

En cas de traitements nécessaires dans des zones sensibles, près de 700 kg de biopesticide, qui ne présente pas de risque pour l’environnement ni la santé humaine, sont disponibles. Au total, la FAO prévoit d’acquérir 1 500 kg de biopesticide pour la première campagne. A noter que le coût d’un kilo de biopesticide, qui permet de traiter 20 hectares, s’élève à 288 USD. Si toutes les conditions sont réunies, le délai de mortalité des criquets varie entre dix et quinze jours après son épandage. Pour une utilisation appropriée de ces biopesticides, un expert venu d’Australie est actuellement dans la Grande-Île pour former le personnel du CNA.

La FAO dispose de tous les moyens humains et logistiques pour assurer le traitement d’une superficie de 1 500 000 hectares comme estimé dans le Programme triennal. La nécessité de traiter une telle superficie dépendra bien évidemment de la dynamique des populations acridiennes.

La première campagne vise principalement à mettre un coup d’arrêt à l’actuelle invasion acridienne. La deuxième campagne, de septembre 2014 à août 2015, permettra d’accompagner le déclin escompté. A l’issue de la troisième campagne, Madagascar devrait revenir à une situation de rémission. Une lutte préventive effective et efficace devra ensuite être mise en œuvre pour éviter toute nouvelle recrudescence; c’est la raison pour laquelle la FAO apporte un appui continu au CNA pour que ce dernier puisse disposer des capacités humaines et matérielles lui permettant de maintenir une telle situation de rémission, la seule durablement gérable et à moindre coût financier et environnemental.

A l’heure actuelle, le montant total des financements acquis pour le Programme triennal s’élève à 26 millions d’USD. Ces fonds proviennent du Gouvernement malgache à travers un prêt de la Banque Mondiale et d’autres bailleurs tels que l’Autriche, la Belgique, le fonds CERF des Nations Unies, les Etats-Unis d’Amérique, la France, l’Italie, la Norvège et l’Union Européenne. Le retour à une situation de rémission nécessite encore l’identification d’un financement de 17,7 millions d’USD.

La mise en œuvre du Programme triennal de réponse à l’invasion acridienne contribue à la préservation de la sécurité alimentaire des populations rurales les plus vulnérables de Madagascar. Le Programme bénéficie directement à 13 millions de personnes vivant dans les zones infestées par les criquets.