République centrafricaine: les évaluations de la sécurité alimentaire ont commencé

République centrafricaine: les évaluations de la sécurité alimentaire ont commencé

03/09/2014

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et ses partenaires ont débuté une série d’analyses de la sécurité alimentaire au niveau national qui permettra de mieux répondre aux besoins des familles d’agriculteurs. L’évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires (Crop Food Security Assessment Mission [CFSAM]) demandée par le Gouvernement de la République centrafricaine (RCA) permet d’évaluer la production agricole, la disponibilité d’aliments et les capacités d’accès alimentaire des populations vulnérables.

A 22 km au nord de Bangui, les équipes du Cluster sécurité alimentaire, (FAO, Programme alimentaire mondial [PAM] et Agency for Technical Cooperation and Development [ACTED]) s’engouffrent dans de hautes herbes très vertes pour atteindre les parcelles cultivées par un groupement de femmes qui a reçu 50 kg de maïs lors des premières distributions destinées à sauver la campagne agricole de cette année.

« Malgré le retard des pluies, nous avons tout semé, nous avons déjà récolté et vendu une partie de la production » annonce fièrement Marie-Thérèse Boubanda, la présidente de l’ONG Action pour la compassion en Centrafrique (ACC) qui a coordonné la distribution des semences de maïs avec cinq groupements d’agriculteurs et de femmes de la zone.

Le conflit a eu un impact très important sur la production agricole. Les agriculteurs ont perdu leurs outils, leurs réserves ont été pillées, leurs champs détruits et le bétail de traction volé. Ils n’ont pas pu cultiver autant de parcelles cette année. Malgré tout, l’impact de la crise sur la sécurité alimentaire semble avoir été atténué. En effet, les semences distribuées par la FAO, plus de 2 800 tonnes au total, ont quasiment toutes été semées.

La population en zone rurale a adopté des mécanismes d’adaptation qui lui ont permis de subsister sur le court terme avant les premières récoltes en plantant massivement du manioc, en cueillant et en chassant des produits forestiers tels que les chenilles notamment. Cependant il semblerait que le pays ait été touché de façon inégale par la crise, les zones du sud et de savane semblent avoir été plus épargnées que les zones urbaines, peri-urbaines et les axes de déplacement des populations.

Une quarantaine d’enquêteurs a été formé pour organiser plus 200 groupes de discussion communautaire à travers le pays du 1er au 10 septembre. Les résultats de la mission d’évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires devraient être publiés fin septembre, début octobre. « Les grandes tendances qui se dégageront permettront de réajuster la stratégie de lutte contre l’insécurité alimentaire dans le pays » souligne Jean-Alexandre Scaglia, Représentant de la FAO en République centrafricaine.

Au niveau national, d’autres évaluations de la sécurité alimentaire sont en cours ou prévues comme l’évaluation de la sécurité alimentaire en situation d’urgence (EFSA) menée en ce moment par le PAM, la FAO et leurs partenaires ; ainsi que la classification intégrée de la sécurité alimentaire (Integrated Food Security Phase Classification [IPC]) prévue pour novembre 2014.

En parallèle, la FAO et le Ministère en charge du développement du monde rural (MDMR)  ont constitué deux équipes conjointes et sillonnent en ce moment les routes de la RCA afin de suivre et d’évaluer la campagne agricole 2014 ainsi que l’impact des distributions de semences sur les récoltes.

En repartant, Dieudonné Bobo, le secrétaire général d’ACC, remercie avec insistance les équipes de la FAO en soulignant que la proximité de l’Organisation avec les populations est vraiment appréciée et nécessaire pour répondre au mieux aux besoins des familles d’agriculteurs.