Détérioration des moyens d’existence dans les pays affectés par le virus Ebola

Détérioration des moyens d’existence dans les pays affectés par le virus Ebola

27/11/2014

Les résultats préliminaires de récentes évaluations sur l’impact de la maladie à virus Ebola sur la sécurité alimentaire en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone – les trois pays les plus affectés par l'épidémie – ont récemment été mis à disposition. La principale conclusion est qu’en 2014, le virus Ebola est le choc principal qui a touché le secteur agricole de ces trois pays.

La fermeture des frontières en raison de l'épidémie Ebola a également eu un impact négatif sur les revenus de la population rurale et urbaine dans les pays touchés ainsi que dans les zones frontalières des pays voisins.

Les informations préliminaires provenant des évaluations réalisées par l’Organisation des Nations Unies pou l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM) en collaboration avec les gouvernements et autres partenaires,  indiquent:

  • une perturbation du fonctionnement des marchés
  • une baisse de la production agricole et de la demande
  • une détérioration des moyens d’existence
  • une baisse du pouvoir d’achat des ménages
  • un risque de dégradation de la situation nutritionnelle en raison des difficultés d’accès à une alimentation en quantité et qualité suffisantes et aux services sociaux de base.

«La réduction du revenu des agriculteurs diminue leur accès à la nourriture", a déclaré Vincent Martin, Coordonnateur de la réponse FAO pour Ebola, "En Sierra Leone par exemple, 70 pour cent des personnes que nous avons interrogées ont déclaré manger un seul repas par jour, au lieu des deux à trois repas qui étaient la norme avant la flambée de l’épidémie Ebola.»

Les résultats définitifs, qui seront publiés début décembre, fourniront une analyse sur la production agricole, les prix, les marchés, les commerces et la situation des stocks. «Ces informations nous permettront d’adapter notre stratégie visant à aider les agriculteurs les plus vulnérables. Nous devons les aider à reconstruire leurs moyens d’existence, et à reprendre la production agricole dès que possible», a conclu M. Martin.

Ces résultats préliminaires ont été présentés conjointement par le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), la FAO, le PAM et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) lors d'une session spéciale dédiée à l'impact de la maladie à virus Ebola sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l'Ouest, à l’occasion de la réunion du Dispositif de gestion et de prévention des crises alimentaires (PREGEC) à Dakar, Sénégal, du 18 au 20 novembre 2014.

Des représentants de tous les pays d’Afrique de l'Ouest et du Sahel ont participé à la réunion, ainsi que des organisations régionales; des organisations non gouvernementales telles que Action contre la Faim, Oxfam et Save the Children; des partenaires financiers tels que l'Aide humanitaire et la protection civile de la Commission européenne (ECHO), l'Union européenne et l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID); et des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs.

Les résultats préliminaires de la campagne agricole 2014-2015 en Afrique de l'Ouest et au Sahel ont également été présentés. Ces résultats sont disponibles sur le site web du CILSS.