Ebola en Afrique de l’Ouest: Diaobé, plateforme sous-régionale de commerce et de négoce

Ebola en Afrique de l’Ouest: Diaobé, plateforme sous-régionale de commerce et de négoce

01/12/2014

Au Sénégal, où les taux d’insécurité alimentaire et de malnutrition sont encore élevés dans certaines localités, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) appuie l’Etat dans le développement de stratégies conjointes de réponse à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition. C’est notamment l’objet du projet d’Appui intégré à la sécurité alimentaire et nutritionnelle (AISAN), conjointement porté par la FAO, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) qui intervient sur différents aspects de la sécurité alimentaire sur une large partie du territoire, afin de répondre à la fois aux besoins immédiats en termes de couverture des besoins alimentaires et d’assurer une accessibilité et une réponse spécifique aux besoins nutritionnels particuliers des groupes les plus vulnérables.

Ce projet a fait l’objet d’une visite du Représentant de la FAO au Sénégal, Vincent Martin, dans la région Sud du pays, à quelques kilomètres de la frontière avec la Guinée. Une zone où l’on s’interroge aujourd’hui, pour savoir quels seront les impacts de l’épidémie de la maladie à virus Ebola – même si elle ne sévit pas au Sénégal – et de la fermeture de la frontière entre le Sénégal et la Guinée. Le Représentant de la FAO, par ailleurs Coordinateur de la réponse FAO à Ebola, a profité de cette visite pour faire une incursion à Diaobé, l’un des principaux marchés de la sous-région.

Plateforme de commerce et négoce pour sept pays de la sous-région (Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée Bissau, Guinée Conakry, Mali, Sénégal et Sierra Leone), le marché de Diaobé vit aujourd’hui au ralenti, depuis la fermeture de la frontière terrestre en le Sénégal et la Guinée –loin du bourdonnement intense et habituel qui caractérise les lieux habituellement. La fermeture des frontières avec la Guinée semble avoir eu un impact direct sur les marchands et les grossistes, qui sont aujourd’hui désœuvrés.

Une majorité des produits vendus en temps normal au marché de Diaobé viennent de la Guinée Conakry. Les produits les plus affectés par la fermeture des frontières sont le café, les pommes de terre, le miel et l’huile de palme. Le plus souvent, ces produits ne sont pas disponibles sur le marché. S’ils le sont, c’est à un prix plus élevé ou abordable, mais de qualité plus faible.

De par son caractère régional, le marché de Diaobé a toujours permis aux populations locales de développer des activités génératrices de revenus, permettant notamment l’écoulement des productions locales, notamment de riz et de produits maraichers. Comme l’ont témoigné les représentantes des associations des femmes, «l’une des principales difficultés est de rembourser des emprunts contractés auprès des institutions de micro-finance, alors qu’elles n’ont plus d’activités génératrices de revenus».

L’épidémie de la maladie à virus Ebola en cours en Afrique de l’Ouest risque donc d’avoir de sérieux impacts socio-économiques, notamment sur le secteur agro-alimentaire. «Cette crise se caractérise par ses ramifications régionales. Aujourd’hui, toute organisation impliquée dans la réponse veut en saisir les implications. Pour la FAO, la priorité est de comprendre ces implications en termes de sécurités alimentaires et nutritionnel, pour mieux dimensionner notre réponse», rappelle Vincent Martin.

Au Sénégal, des évaluations sont en cours à l’heure actuelle, pour mesurer le niveau de sécurité alimentaire dans le pays et la région de la Casamance. Ces évaluations sont primordiales et doivent prendre en compte les impacts potentiels de l’épidémie de la maladie à virus Ebola sur les moyens d’existence, afin d’ajuster la réponse nationale apportée dans le cadre du plan stratégique du Sénégal de réponse à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. La réponse de la FAO à l’épidémie de la maladie à virus Ebola consiste donc aujourd’hui, au Sénégal, à accompagner les autorités sur ces enjeux, même si le Sénégal est aujourd’hui considéré comme un pays non affecté.