L’Afrique de l’Ouest a besoin de maintenir les filières et le commerce agricoles face aux perturbations dues à l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE)

L’Afrique de l’Ouest a besoin de maintenir les filières et le commerce agricoles face aux perturbations dues à l’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE)

19/12/2014

Outre ses conséquences sanitaires en Afrique de l’Ouest, l’épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) est aussi à l'origine de multiples perturbations économiques et sociales dans les pays affectés et les pays voisins.

L’impact direct sur la santé des producteurs dans les principales régions agricoles, les restrictions aux mouvements des biens et des personnes ainsi que les réactions de peur suscitées par l’épidémie ont perturbé le fonctionnement des filières agricoles, représentant un risque pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations qui en dépendent pour leur alimentation et leurs revenus. L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé, avec l’appui technique du CIRAD, une réunion d’experts techniques sur le commerce des produits agricoles dans le contexte de la MVE, les 9 et 10 décembre 2014 à Dakar, au Sénégal.

Plus de trente spécialistes de la sécurité alimentaire et de la production agricole se sont penchés durant deux jours sur ces problématiques nouvelles dans la région, avec les acteurs des filières agricoles ainsi que des experts en santé animale, en anthropologie, en épidémiologie, en santé publique et en risques sanitaires. Les entraves et les risques qui pèsent sur les filières de commercialisation de produits tels que le riz, l’huile de palme, ou encore le cacao ont été diagnostiqués à travers une approche multidisciplinaire.

Diagnostic et analyse de la situation

Bien plus qu’une baisse de la production agricole et une augmentation des prix à la consommation, ce sont les contraintes à la circulation des produits agricoles et la baisse du pouvoir d’achat des ménages qui menacent la sécurité alimentaire et nutritionnelle régionale.

Les experts présents ont rappelé que le risque de diffusion de la maladie lié aux produits agricoles était extrêmement faible, l'enjeu principal pour la sécurité alimentaire étant de lever les risques de contamination liés au regroupement de personnes et aux déplacements afin de limiter les baisses de production et hausses des prix alimentaires. Des options de réponse concrètes et des dispositifs permettant d’assurer la fluidité des circuits commerciaux agricoles ont été analysés, et notamment l’organisation de couloirs commerciaux et la réouverture sécurisée des marchés hebdomadaires.

«A l’heure de la mise en place de la nouvelle campagne agricole, ces mesures doivent rassurer les producteurs sur les possibilités d’écouler leur production à venir. Elles doivent s’appuyer non seulement sur les acteurs traditionnels de la santé, mais aussi sur l’ensemble des acteurs des filières agricoles (organisation de producteurs, syndicats de transporteurs, unions des commerçantes, ou encore autorités des marchés), pour la co-construction de stratégies articulant des enjeux sanitaires, agricoles et alimentaires » a indiqué Vincent Martin, Coordonnateur de la réponse de la FAO à la fièvre hémorragique au virus Ebola.

Ces propositions de mesures, ainsi que leurs modalités concrètes de mise en place, seront partagées avec les gouvernements des pays affectés et frontaliers, les acteurs du secteur privé ainsi que les structures régionales telles que l’Union du Fleuve Mano, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS).

Pour la FAO, cette rencontre constitue le premier pas vers une dynamique régionale visant à garantir la circulation et la commercialisation des produits agricoles. Ces échanges ont ouvert la voie à une réponse proportionnée aux menaces à la sécurité alimentaire dans le contexte de l’épidémie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest.