Au Niger, une étude sur la sécurite semencière permet des interventions sur la base d’éléments de preuve

Au Niger, une étude sur la sécurite semencière permet des interventions sur la base d’éléments de preuve

26/03/2015

Le Gouvernement nigérien accorde une place essentielle à la sécurité semencière dans son document de Politique Nationale Semencière (PSN) de 2012. Un plan de secours y est prévu en cas d’urgence déclarée pour subvenir aux besoins des populations en semences adaptées aux conditions locales. Ce contexte a justifié l’intervention de la FAO à travers le projet «Renforcement des capacités en matière d’évaluation de la sécurité semencière» financé par ECHO, qui vise à soutenir les experts nationaux dans l’évaluation de la sécurité semencière et à appuyer les acteurs semenciers en matière d’analyse de la sécurité semencière afin d’établir une meilleure cartographie, de mieux appréhender le niveau de fonctionnement du sous-secteur semencier et de planifier de façon plus efficace les interventions d’aide en matière de semence.

Une première formation supportée par le projet a permis de former 22 acteurs nationaux sur les techniques d’évaluation de la sécurité semencière; cinq d’entre eux ont ensuite reçu une formation complémentaire du 15 au 18 octobre 2014 à Niamey pour devenir formateurs nationaux. Dans le cadre de l’exercice pratique de cette formation des formateurs, une étude pilote a été conduite du 10 au 20 novembre 2014 dans la région de Tillabéri au niveau des trois communes rurales de Dantchiandou, Imanan et Kourthèye qui a touché un échantillon de 240 ménages et le Rapport final est maintenant disponible pour exploitation par tous les acteurs.

La méthodologie utilisée était basée sur le Cadre conceptuel de la sécurité semencière (CCSS) révisé. Les points saillants dérivant de cette étude peuvent être résumés comme suit:

  • Durant la campagne agricole 2014, l’essentiel des besoins en semences des ménages ont été assurés par leurs propres productions à hauteur de 67,6 pour cent pour le mil et 51,5 pour cent pour le sorgho. Par contre, 42,8 pour cent des semences en niébé et 40 pour cent de riz provenaient du marché local qui fonctionne relativement bien. Cette tendance, selon les paysans, ne devrait pas connaître de variations notoires en 2015;
  • L’aide semencière qui procure des semences de qualité contrôlée issues d’un système semencier en plein essor, occupe une proportion allant de 8 à 10 pour cent selon les cultures, mais elle arrive tardivement (au cours de la campagne) et est adressée à un nombre limité de ménages;
  • De l’analyse des différents piliers du CCSS, l’accessibilité aux semences sur les marchés et la qualité de celles-ci restent une préoccupation pour les ménages agricoles.

L’étude fournit des recommandations à l’endroit des décideurs visant l’amélioration de la sécurité semencière:

  • La réhabilitation et la dynamisation du dispositif d’encadrement des producteurs et l’intensification de la vulgarisation agricole. Cette recommandation se justifie d’autant plus que les anciens agriculteurs ayant bénéficié des conseils au moment où le système de vulgarisation était actif, font de plus en plus place aux jeunes chefs de ménages évoluant dans une situation quasi-désertique en matière d’encadrement agricole;
  • La poursuite de la réhabilitation du secteur semencier formel et l’établissement de connexions directes et solides entre les acteurs semenciers et les utilisateurs de la semence à tous les niveaux;
  • L’amélioration de la qualité des assistances semencières en mettant de la rigueur dans le ciblage des bénéficiaires, en précisant le mode de cession des semences, en insistant sur la qualité et la quantité à fournir le tout dans le respect du calendrier cultural et répondant aux préférences des agriculteurs.