Lutte antiacridienne à Madagascar – jusqu’au dernier souffle

Lutte antiacridienne à Madagascar – jusqu’au dernier souffle

04/05/2015

En fin de matinée, dans la plaine de Beravy à Madagascar, le ciel est dégagé, l’air est lourd et la végétation herbacée, haute et verte malgré un début de jaunissement, est clairsemée d’arbres. Une des équipes héliportées de la FAO prospecte à la recherche de taches et bandes larvaires. L’hélicoptère vole à basse altitude.

 

Vue de l’hélicoptère, la végétation apparaît parsemée de taches brunes qui pourraient être des groupes larvaires. L’hélicoptère se pose, le moteur est coupé, l’équipe de la FAO descend et se dirige vers la zone où elle croit avoir repéré des bandes larvaires : c’est bien le cas.

À terre, légère brise, sol sablonneux, le pas décidé des prospecteurs stimule le déplacement des larves, parfois désordonné. Les larves sont âgées et grégaires : il reste peu de jours avant la mue imaginale (passage du dernier stade larvaire à l’état ailé). Après cette dernière mue, les petits groupes de criquets jusqu’alors distants vont se rassembler et former des vols clairs ou des essaims (selon la densité et la taille), capables de se déplacer sur de longues distances, consommant davantage de nourriture que les larves et se reproduisant après la maturation sexuelle : il est donc urgent de traiter ces groupes larvaires.

Les caractéristiques des bandes larvaires (stade et état phasaire des larves, densité, taille des bandes et distance inter-bandes) ainsi que les coordonnées GPS sont notées pour pouvoir programmer un traitement en couverture totale (mode de traitement contre des populations groupées de larves âgées et d’ailés) dans les deux prochains jours.

L’équipe de la FAO remonte à bord et l’hélicoptère décolle pour se rendre dans une zone traitée deux jours plus tôt afin d’évaluer l’efficacité du traitement en couverture totale réalisé contre des bandes de larves âgées. Les points GPS entrés par le pilote pour réaliser le traitement permettent d’aller directement sur le bloc concerné où l’équipe fait ses observations.

Le biotope est similaire à celui des bandes larvaires observées un peu plus tôt dans la journée. Le sol est jonché de larves âgées et grégaires mortes avec, de temps à autre, un criquet moribond. Quelques larves sont mortes en restant suspendues à un brin d’herbe, comme foudroyées pendant qu’elles mangeaient. Le traitement réalisé a été efficace : taux de mortalité supérieur à 95 pour cent.

Retour à la base, éloignée de toute activité humaine. Sous la tente qui sert de quartier général, l’équipe de la FAO, au complet, se réunit, discute d’éventuels ajustements tactiques et établit le plan d’opérations des prochains jours en partageant un repas préparé avec les denrées locales.

Cette journée chaude s’achève par une pluie d’orage qui rafraîchit la plaine.