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Inondations au Myanmar: un bilan lourd pour l'agriculture

03/09/2015

De violents orages, des inondations et des glissements de terrain dans la quasi-totalité des provinces du Myanmar ont porté un rude coup à l'agriculture du pays et devraient sérieusement limiter la disponibilité de nourriture si une aide n'est pas dispensée au plus vite aux agriculteurs, a mis en garde la FAO aujourd'hui.

Les agriculteurs ont besoin d'une assistance d'urgence pour se relever après un mois de pluies de mousson diluviennes, exacerbées par l'arrivée du cyclone Komen fin juillet, qui a touché plus d'1,6 million de personnes et inondé quelque 500 000 hectares de terres cultivées.

A flooded village

Les pluies torrentielles ont également balayé quelque 400 000 hectares de cultures sur pied (essentiellement de riz), 15 000 hectares d'étangs d'élevage de poissons et crevettes et environ 20 000 têtes de bétail.

Avec la décrue, il nous faut agir sans délai pour aider les communautés rurales à se relever en leur fournissant les semences, matériels et autres intrants nécessaires pour cultiver de la nourriture, élever leurs animaux, restaurer leurs moyens d'existence et renforcer leur résilience aux chocs futurs", a déclaré Bui Thi Lan, Représentante de la FAO au Myanmar.

"Devant l'ampleur des dégâts dont j'ai été moi-même témoin, il est à peine croyable que cette situation d'urgence soit totalement sous-estimée par les médias mondiaux et les donateurs internationaux", a-t-elle ajouté.

Déplacements de population

Douze des quatorze provinces du pays sont touchées, les régions du nord et de l'ouest ayant essuyé les dégâts les plus importants.

Quelque 385 000 ménages ont été déplacés par les inondations et les glissements de terrain qui ont détruit des milliers de logements et de canaux d'irrigation.

Les organismes humanitaires, pendant ce temps, viennent en aide au Gouvernement du Myanmar en fournissant assistance alimentaire, abris, assainissement et aide médicale. Mais de nombreuses organisations des Nations Unies accusent des déficits de financement qui les empêchent de réagir de façon optimale.

Les graves dégâts occasionnés aux routes, aux ponts et aux voies ferrées rendent les efforts de secours et de relèvement d'autant plus difficiles.

Évaluer l'impact sur la sécurité alimentaire

Le Secteur Sécurité alimentaire (FSS) - co-dirigé par la FAO et le PAM, est en train d'effectuer une évaluation de l'impact du cyclone et des inondations sur les moyens de subsistance agricoles et la sécurité alimentaire avec ses partenaires (JICA, UN Women, LIFT, NRC, CESVI, CARE Australia et OXFAM), en consultation avec les Ministères concernés et le Centre d'opérations d'urgence.

L'évaluation cible les six états et régions les plus durement frappés pour dresser un tableau plus précis des interventions nécessaires pour remettre sur pied l'agriculture. Les résultats de l'évaluation seront prêts et diffusés d'ici la mi-septembre.

En se fondant sur ses expériences similaires en matière de situations d'urgence, la FAO se prépare à la distribution de riz, légumineuses et cultures d'hiver qui pourront être semées dès que démarre la saison sèche en octobre. D'autres interventions nécessaires seront probablement des campagnes de vaccination pour le bétail et la distribution d'aliments pour animaux afin d'aider les agriculteurs à garder leurs troupeaux en vie et en bonne santé.

Les agriculteurs auront en outre besoin d'une assistance pour les réparations aux infrastructures de drainage et aux abris pour animaux, tandis que les petites exploitations aquicoles dans les zones fortement touchées devront vraisemblablement être reconstituées totalement avec la fourniture de juvéniles et autres intrants.

Les résultats de cette évaluation approfondie permettront également de définir la nature des activités visant à renforcer la resilience à plus long terme.

L'aggravation d'une crise existante

Sur les six provinces les plus touchées par les pluies de mousson, quatre sont le théâtre, depuis juin 2012, de tensions intercommunales à répétition qui ont déplacé plus de 660 000 personnes, rendant ces régions particulièrement vulnérables aux impacts des inondations.