Scott Nelson/WPN pour la FAO

Les Etats-Unis accordent 87 millions de dollars à l’effort déployé par la FAO pour contrer les menaces résultant des maladies animales

20/10/2015

L'Agence américaine d’aide au développement international (USAID), dans le cadre de son soutien à l’effort de la FAO visant à contrer les menaces de maladies animales à potentiel pandémique en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, vient de débloquer des fonds supplémentaires de 87 millions de dollars couvrant la période 2015-2019. L’USAID et la FAO collaborent depuis plus d’une décennie en matière de lutte contre les maladies animales et de gestion des menaces qui pourraient en découler sur la santé humaine. Depuis 2004, le soutien financier de l'USAID à ce travail a atteint 320 millions de dollars.

Ce nouvel apport de fonds doit financer le suivi et la surveillance, les études épidémiologiques, les activités de prévention et de lutte, l'amélioration des capacités vétérinaires en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, et la promotion des liens entre les experts en santé animale et le secteur public de la santé.

M. José Graziano da Silva a exprimé ses remerciements aux Etats-Unis pour leur soutien et leur partenariat aux côtés de la FAO. «Cela montre, a-t-il dit, à quel point la question des maladies transfrontalières est importante pour la FAO et le système des Nations Unies et combien elle sera d'ailleurs encore plus importante à l'avenir si nous voulons atteindre les Objectifs de développement durable». Le chef de la FAO a ajouté: «Des millions de personnes tablent sur l'élevage pour assurer leur survie, leurs revenus et leur nutrition; il convient donc de protéger leurs moyens d'existence».

A propos du partenariat USAID-FAO, Dennis Carroll, Directeur de la sécurité sanitaire mondiale et du développement auprès du Bureau de l'USAID pour la santé mondiale, a déclaré: «Nous sommes heureux des réalisations que notre partenariat avec la FAO visant à contrer les menaces de pandémies émergentes a déjà accomplies et nous apprécions l'importance de la contribution de la FAO au programme américain de sécurité sanitaire mondiale relatif aux menaces posées par l'émergence naturelle de nouvelles maladies et la diffusion intentionnelle ou accidentelle d'agents pathogènes dangereux. La dernière contribution de l'USAID de 87 millions de dollars à la FAO renforcera le programme et le partenariat entre nos deux organisations, et consolidera le bon travail déjà en cours dans la deuxième phase du programme de l'USAID contre les pandémies émergentes (EPT-2). Près de 50 millions de dollars de cette contribution soutiendront la lutte mondiale contre le virus Ebola en renforçant la capacité mondiale de prévenir, détecter et répondre à de futurs foyers et les empêcher de devenir des épidémies».

Découvrir la dynamique des maladies pour améliorer lutte et prévention

Le nouveau financement de l'USAID permettra à la FAO de mener des études en Afrique de l'Ouest et de l’Est pour identifier les réservoirs potentiels de vecteurs d'Ebola et de maladies à virus similaires, et faire la lumière sur le rôle possible de l'élevage dans la transmission de la maladie. Entre-temps, un effort pour mieux comprendre l'épidémiologie du syndrome respiratoire à coronavirus du Moyen-Orient (MERS-CoV) sera au centre des activités dans la Corne de l'Afrique et le Proche-Orient.

Bien que Mers-CoV ne se propage pas facilement de personne à personne dans des circonstances normales, son origine animale signifie que la prévention de la transmission de l'animal à l’humain doit être un élément clé pour empêcher l'émergence d'une souche à potentiel épidémique. Mais ces efforts sont entravés par le manque de connaissances sur la localisation du virus, sur les animaux affectés, sur la manière dont la production et la commercialisation du bétail influent sur la transmission, ainsi que sur le rôle des animaux sauvages.

En Afrique de l'Ouest, le financement de l’USAID stimulera les efforts de la FAO en matière de prévention et d'intervention d'urgence pour endiguer la propagation du virus de l'influenza aviaire hautement pathogène H5N1 qui a déjà causé des maladies et des pertes en vie humaine. Il s’agira, pour la FAO, d’efforts de prévention, de détection et de lutte visant à éliminer la maladie dans le secteur avicole et à renforcer les compétences des autorités de santé animale et des éleveurs de volailles pour éviter les récidives et les pertes économiques.

La première incursion du virus H5N1 en Afrique de l'Ouest s’est produite en 2006, mais il a été éliminé avec succès dans un délai de trois ans. Fin 2014, le virus a été réintroduit au Nigeria, où il s’est ensuite propagé rapidement au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Niger entraînant la perte de plus de 2,5 millions de volailles abattues ou tuées par le virus. Des foyers ayant été détectés récemment au Ghana, la FAO craint que sans un effort régional pour le contenir et l'éradiquer, le virus H5N1 ne s’étende à d'autres pays de la région.

Mettant à profit le soutien de l'USAID, la FAO s’apprête à lancer un nouveau programme intitulé «Africa Livestock Futures» qui couvrira toute l'Afrique subsaharienne, analysera les tendances dans le secteur de l'élevage et aidera les pays à prévenir les menaces sur la santé associées et à atténuer les impacts environnementaux.

En Asie, le nouveau financement de l'USAID renforcera les programmes de la FAO qui surveillent et préviennent les agents infectieux pathogènes d’origine animale à impact élevé, notamment l’influenza A, les coronavirus et les hénipavirus. Il aidera également à minimiser le rôle de l'agriculture en ce qui a trait à la menace croissante des microorganismes résistant aux agents anti-microbiens.

Un paysage mondial changeant

Au cours des dernières décennies, la croissance démographique, l'expansion agricole, et la montée en puissance des chaînes d'approvisionnement alimentaire couvrant le globe ont considérablement modifié la façon dont les maladies apparaissent, traversent les frontières des espèces, et se propagent, selon des études de la FAO. C’est pour cette raison que la FAO soutient l’approche «Une seule santé» qui vise à gérer d’une manière plus holistique les menaces de maladies au niveau de l'interface animal-humain-environnement.