Influenza Aviaire Hautement Pathogène en Afrique de l’Ouest et centrale : les acteurs du secteur réunis à Dakar pour une vigilance accrue sur la filière avicole

Influenza Aviaire Hautement Pathogène en Afrique de l’Ouest et centrale : les acteurs du secteur réunis à Dakar pour une vigilance accrue sur la filière avicole

17/12/2015

Du 15 au 17 décembre, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a convié les acteurs de la filière avicole d’Afrique de l’Ouest et centrale à une consultation régionale sur la gestion de risque pour la prévention et le contrôle de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) le long de la chaîne de valeurs de la filière avicole. Cette rencontre, organisée conjointement  avec le gouvernement du Sénégal dans le cadre du programme Emerging Pandemic Threats (EPT-2) financé par l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), vise à finaliser un programme d’urgence régional pour la prévention et le contrôle de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène.

A cet effet, plus de cinquante experts venant d’une dizaine de pays d’Afrique de l’Ouest et centrale se sont réunis à Dakar. Parmi eux, on compte des représentants des services vétérinaires et du secteur privé, mais aussi des représentants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et des institutions internationales, notamment l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

En marge de cette rencontre, l’Ambassadeur des Etats Unis, James P. Zumwalt, a officiellement récompensé le Centre d’Urgence pour les maladies animales transfrontalières de la FAO (ECTAD), au nom du Service de l'Inspection de la Santé des Animaux et des Plantesdu Département américain de l’agriculture (USDA/APHIS), pour son travail dans la promotion des réseaux de santé animale en Afrique de l’Ouest et centrale. Créé en Décembre 2006 par le Directeur Général de la FAO dans le contexte de l’engagement de l’organisation dans la lutte contre l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) et basé à Bamako, au Mali, ECTAD réunit des experts en santé animale, en socio-économie, systèmes de production et communication sociale, pour aider les gouvernements à répondre efficacement aux défis posés par les maladies animales transfrontalières.

« Je voudrais rendre hommage à la collaboration fructueuse entre le Centre d’Urgence pour les maladies animales transfrontalières de la FAO et le Service de l'Inspection de la Santé des Animaux et des Plantesdu Département américain de l’agriculture et les nombreux autres contributeurs au réseau de surveillance et de diagnostic régional (RESOLAB) ». M. Zumwalt a ainsi félicité les acteurs présents pour la remise de cette distinction, tout en saluant l’esprit de participation, de coopération et de partenariat qui les anime.

Susciter le dialogue pour une meilleure riposte

Cette consultation régionale doit permettre aux parties prenantes de s’accorder sur les interventions à mener au niveau des points de contrôle critiques le long de la chaine de valeurs, et ainsi mieux gérer les risques liés à l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) dans la sous-région. Pour la FAO et ses partenaires, il apparait nécessaire de renforcer la coordination et le dialogue entre les différents acteurs pour faciliter la mise en œuvre de mesures de prévention au niveau national et régional.

« L’aviculture fait partie des cinq filières prioritaires de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) et porte un espoir pour la résilience des populations défavorisées par rapport à la malnutrition en général et le déficit en protéines animales en particulier », a déclaré Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre de l’Elevage et des Productions animales du Sénégal, en ouvrant la rencontre.

Vincent Martin, Représentant de la FAO au Sénégal, a insisté sur la contribution de la filière avicole dans les économies nationales et locales. « L’importance de la filière n’est plus à démontrer. Elle favorise la création d’emplois dans un domaine porteur et en expansion. En milieu rural, l’aviculture familiale contribue au renforcement des moyens d’existence des populations et participe aussi à l’autonomisation des femmes », a-t-il ajouté.

Dans un contexte de forte croissance du secteur, en réponse à une demande accrue, tous deux ont appelé à la vigilance dans la sous-région, pour mieux protéger la filière. En Afrique de l’Ouest et centrale, la difficulté de la lutte contre l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (HPAI) réside d’abord dans la mise en œuvre des mesures de prévention et de contrôle efficaces dans des conditions qui soient socialement et économiquement acceptables par toutes les parties prenantes (publiques et privées, notamment).

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), dans ses rapports de Performances des Services Vétérinaires, et la FAO, lors des missions de préparation de la lutte contre l’IAHP, ont en outre souligné le risque de non-coordination des efforts mis en place pour la gestion des risques, entre les secteurs publics et privés, d’une part, et entre les pays de la sous-région, d’autre part.

En organisant cette rencontre, l’objectif de la FAO est donc de faciliter l’élaboration des plans nationaux de gestion de risque économiquement et socialement acceptables par les parties prenantes, à savoir le secteur privé et les pouvoirs publics. Ces plans contribueront à la finalisation du programme d’urgence régional pour la prévention et le contrôle de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène, dont les grandes lignes ont déjà été discutées lors de la consultation d’urgence pour la prévention et le contrôle de l’IAHP organisée par la FAO et la CEDEAO les 15 et 16 juin 2015 à Abuja au Nigéria. Pour Madame Mbengue Ndiaye, cette rencontre vient à son heure. Elle a ainsi appelé les participants à formuler des recommandations qui contribueront à protéger d’avantage la chaine de valeurs de la filière avicole et des menaces qui pèsent sur elle.

A propos de l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP)

Depuis la première incursion du virus H5N1 de l'IAHP dans la région en 2006, la filière avicole a connu des changements importants en Afrique de l’Ouest et centrale. Ces changements concernent l’augmentation de la production (avec une moyenne de croissance annuelle de 10% au cours de la dernière décennie), les volumes, la structure et la diversité des produits avicoles échangés. Ces changements sont également à l’origine de l’arrivée de nouveaux intervenants, qu’il est nécessaire de prendre en compte lors de la conception et la mise en œuvre des mesures de prévention et de contrôle de l'IAHP.

Le programme Emerging Pandemic Threats EPT-2 est un programme de lutte contre les maladies émergentes et réémergences soutenu par l’USAID. Il a fait l’objet d’un accord de financement signé le 20 octobre 2015 à Rome entre la FAO, représentée son Directeur général, José Graziano da Silva, et l’Ambassadeur des Etats Unis en Italie. Ce programme mondial, d’un montant de 87 millions de Dollars, financera les études épidémiologiques, les mesures de réduction de risque liés à ces maladies et le renforcement des liens entre les experts de la santé animale et les experts de santé humaine. En Afrique de l’Ouest et centrale, le financement de l’USAID permettra à la FAO de renforcer les capacités des pays en matière de prévention et d'intervention d'urgence pour endiguer la propagation du virus de l'Influenza Aviaire Hautement Pathogène H5N1, d’identifier les réservoirs potentiels de vecteurs d'Ebola et de maladies à virus similaires, et de mieux comprendre le rôle possible de l'élevage dans la transmission de cette maladie.  Les modalités opérationnelles de la mise en œuvre de ce programme ont fait l’objet d’une discussion préliminaire le 30 novembre 2015 à Lomé (Togo) en marge de la rencontre des Représentants de la FAO sur la protection sociale.