Aux Philippines, des drones aident les agriculteurs à se préparer aux catastrophes climatiques

Aux Philippines, des drones aident les agriculteurs à se préparer aux catastrophes climatiques

25/04/2016

Afin d'anticiper les effets négatifs du changement climatique, des inondations et des typhons sur la sécurité alimentaire, le Gouvernement des Philippines et la FAO utilisent depuis peu des drones sans pilote en vue d'identifier les terres agricoles les plus exposées aux risques de catastrophes naturelles et d'en évaluer rapidement les dégâts par la suite.

Dans le cadre de la phase pilote du tout nouveau projet financé par le Ministère de l'agriculture des Philippines et la FAO, deux drones ont déjà été envoyés pour survoler les provinces du pays affectées par l'actuel phénomène El Niño.

Quelque 25 experts techniques gouvernementaux et de la FAO sont prêts à être déployés à travers l'archipel pour renforcer les opérations menées par les drones. Pendant trois semaines, ils ont été formés à faire voler les drones et ont appris différentes méthodes d'évaluation aérienne à distance.

Les drones sont dotés d'un équipement de photogrammétrie et de navigation capable de générer des cartes détaillées, avec un certain nombre de données, à partir de photos aériennes comprenant l'indice différentiel normalisé de végétation, aussi appelé NDVI, une formule utilisée pour évaluer la santé des végétaux.

Les données collectées peuvent être utilisées pour localiser les systèmes agricoles particulièrement exposés aux risques de catastrophes naturelles et pour identifier les différentes manières de contrer ces risques, par exemple, en délimitant les terrains en question, en construisant des murs de soutènement, ou encore en plantant de la végétation protectrice.

Capable de parcourir jusqu' à 600 hectares par jour, les drones devraient accélérer le processus d'analyse des risques de manière significative, selon Christopher Morales, Directeur des opérations sur le terrain pour le Département de l'agriculture des Philippines.

«C'est une méthode efficace, cela nous fait gagner du temps et nous utiliserons une source fiable de données qui nous permettra de planifier et d'organiser des opérations d'intervention et de réponse appropriées pour nos agriculteurs en cas de catastrophe et de désastre,» a-t-il indiqué.

«De plus, les images produites par les vols de drones peuvent nous révéler les endroits où les projets d'infrastructure agricole et les installations, telles que les systèmes d'irrigation et les aires de stockages, pourraient être mis en place afin de servir au mieux les agriculteurs locaux. La technologie pourrait également favoriser l'évaluation des zones côtières et forestières,» a déclaré José Luiz Fernandez, Représentant de la FAO aux Philippines.

Un nouvel outil pour les pays exposés aux risques de catastrophes naturelles

Les Philippines font partie des pays les plus exposés aux risques de tempêtes tropicales et autres catastrophes.

Ces dix dernières années, des séismes, des typhons et des inondations ont causé la mort de milliers de personnes, anéantissant complètement les infrastructures et l'économie de l'archipel.

De telles catastrophes ont d'importantes répercussions sur les fermes et les systèmes alimentaires, privant les populations de nourriture et compromettant la capacité de production agricole pendant des années.

Environ 20 typhons violents frappent chaque année la zone de responsabilité des Philippines. En 2013, le Typhon Haiyan a détruit à lui seul 600 000 hectares de terres cultivables et causé plus de 700 millions de dollars de dégâts dans le secteur agricole. En outre, le pays est également très vulnérable à d'autres aléas naturels tels que la sécheresse, les inondations ou encore les éruptions volcaniques.

La vulnérabilité du secteur agricole aux aléas naturels est également perceptible ailleurs dans le monde.

Le secteur agricole concentre près d'un quart des dégâts causés par les catastrophes naturelles dans les pays en développement telles que la sécheresse, les inondations, les tempêtes ou les tsunamis, selon les études de la FAO.

Se préparer face à de tels évènements et prendre des mesures visant à réduire les risques pour les agriculteurs et les systèmes agricoles peut considérablement contenir les dégâts et éviter de devoir reconstruire entièrement le secteur agricole à la suite d'une catastrophe.