Les pays du Proche-Orient insistent sur l’importance de la paix pour lutter contre la faim

Les pays du Proche-Orient insistent sur l’importance de la paix pour lutter contre la faim

13/05/2016

25 pays du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord ont insisté sur l'importance de la paix pour la sécurité alimentaire tout en réaffirmant leur engagement à lutter contre la faim sous toutes ses formes.

Dans une déclaration adoptée au cours de la Conférence régionale de la FAO pour le Proche-Orient qui s'est achevée aujourd'hui à Rome, les représentants des pays ont insisté sur «l'importance de la stabilité et de la paix pour tout effort de développement destiné à porter ses fruits à court, moyen et long-terme.» Ils ont exprimé leur vive préoccupation face à «la détérioration dramatique de la situation de la sécurité alimentaire et de la nutrition, en particulier chez les enfants dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord, en raison des conflits et de la crise prolongée.»

La Conférence régionale pour le Proche-Orient a offert d'accueillir plusieurs pays et des membres de la société civile pour discuter des problèmes urgents liés à l'alimentation et à l'agriculture dans la région.

Le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, a insisté sur le fait qu'«aider les agriculteurs, à condition qu'ils soient hors de danger en restant sur leurs terres, est essentiel pour prévenir les déplacements massifs. Cela pose aussi les bases de la reconstruction.»

«La FAO est depuis longtemps préoccupée par les répercussions de la guerre sur la sécurité alimentaire,» a-t-il déclaré, ajoutant que les zones rurales et leurs populations continuent d'être les plus affectées par les situations de conflit.

«La destruction des cultures, du bétail et des marchés compromet les moyens d'existence en milieu rural et provoque des déplacements de population,» a-t-il indiqué, soulignant la manière dont les conflits limitent la capacité des communautés à produire, à acheter et à se procurer de la nourriture.

De son côté, la faim peut déstabiliser les communautés et conduire à des situations d'instabilité et de conflit. Dans les situations de post-conflit, «la sécurité alimentaire peut compromettre le processus de paix et relancer le cycle de la violence,» selon M. José Graziano da Silva.

«En revanche, lorsque les sociétés sont en situation de sécurité alimentaire, cela peut aider au développement du secteur agricole, renforcer la cohésion sociale et conférer une légitimité aux gouvernements,» a-t-il précisé.

Les pays ont soutenu ce dernier point dans leur déclaration et réitéré l'importance d'un développement inclusif et durable par le secteur agricole qui fournit des emplois aux groupes vulnérables, tels que les femmes et les jeunes.

Lors de son discours de clôture, M. José Graziano da Silva est revenu sur le rôle majeur des petits agriculteurs familiaux en tant que «piliers de toute stratégie de développement rural, essentiels pour la promotion d'un développement économique inclusif, de l'emploi des jeunes et pour faire face au problème de l'inégalité des genres.»

«Notre Conférence a également été l'occasion de se projeter vers l'avant et de se concentrer sur des défis à long-terme tels que la pénurie d'eau, les effets du changement climatique, la nutrition et la gestion des ressources naturelles,» a- t-il ajouté.