Un nouveau paradigme pour renforcer l'impact des interventions humanitaires lors des crises alimentaires

Un nouveau paradigme pour renforcer l'impact des interventions humanitaires lors des crises alimentaires

23/05/2016

Un nouveau réseau pour effectuer des évaluations conjointes sur la sécurité alimentaire à l'échelle mondiale et pour apporter des réponses aux crises alimentaires, notamment celles liées à des phénomènes climatiques comme El Niño, a été lancé aujourd'hui à Istanbul par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Union européenne.

Le Réseau mondial sur l'insécurité alimentaire, la réduction des risques et les réponses face aux crises alimentaires permettra d'améliorer l'impact des interventions lors de crises alimentaires mondiales en produisant régulièrement et en temps réel des rapports conjoints, étayés par des analyses clés et proposant des interventions rapides.

Cette initiative vise à renforcer la coordination entre les parties prenantes afin de promouvoir une  planification et des interventions conjointes face aux crises alimentaires. En outre, elle permettra de tirer les enseignements des crises précédentes, d'améliorer le niveau de transparence et de disponibilité des analyses de besoins sur le plan mondial.

Le «Réseau mondial» et ses travaux seront des biens publics accessibles à tous. La participation à ce réseau sera élargie à toutes les parties prenantes susceptibles de contribuer à l'analyse et/ou aux réponses à apporter aux crises alimentaires. Le rapport 2016 du Réseau intitulé «Analyse mondiale de la situation en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans des zones en proie aux crises alimentaires en 2016» montre bien qu'une analyse commune est possible. Il couvre 70 pays touchés par des crises alimentaires en 2015, notamment les pays en situation de vulnérabilité chronique et classés en phase 2 ou plus du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

Selon le rapport, près de 240 millions de personnes dans 70 pays sont actuellement en situation de stress alimentaire, dont 80 millions en situation de crise alimentaire (chiffres de janvier 2016). Près de la moitié de ces personnes vivent dans des pays touchés par le phénomène El Niño.

S'exprimant  lors du Sommet mondial sur l'action humanitaire d'Istanbul, Mme Ertharin Cousin, Directrice exécutive du PAM, a souligné que cette initiative fournira aux parties prenantes les meilleures informations en matière de sécurité alimentaire.

« Rassembler, analyser et partager les bonnes informations est essentiel pour que nos efforts collectifs répondent aux besoins des populations les plus marginalisées et qui sont  les plus vulnérables aux chocs climatiques tout en renforçant leur résilience » a fait valoir Mme Cousin.

De son côté M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, a souligné : «Afin de promouvoir efficacement des changements dans la manière de gérer les crises alimentaires, les parties prenantes nationales et régionales des zones touchées par ces crises doivent maitriser les analyses relatives à la sécurité alimentaire». Et M. Graziano da Silva d'ajouter : «Ce que nous voulons créer aujourd'hui est un réseau de réseaux que maitriseront toutes les parties prenantes pour guider les gouvernements, les autres organismes internationaux et les partenaires de la société civile, tout en renforçant la coordination entre les organisations des Nations unies».

Pour sa part, M. Neven Mimica, Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement, a déclaré: «Les besoins des populations vulnérables en matière d'aide humanitaire et de développement pour faire face à des événements extrêmes sont de plus en plus élevés. Les chocs économiques, la fragilité, l'instabilité, l'insécurité et le changement climatique aggravent la situation. Les ressources de la communauté internationale ne progressent pas au même rythme en raison de la crise économique mondiale. Pour pallier à cela, la Commission européenne s'est engagée à hauteur de 539 millions d'euros pour faire face aux crises alimentaires récentes, notamment celles liées à El Niño.

Nous devons faire davantage pour améliorer l'efficacité et l'impact de ces réponses à la fois à court et à long terme, et cela devrait être la priorité de la communauté internationale. Le Réseau mondial contribuera à cette fin par l'amélioration de la coordination et de l'analyse conjointe, tout en favorisant la planification et les interventions conjointes».

M. Mimica a appelé à «une plus grande participation des partenaires intéressés par le Réseau mondial afin de renforcer son caractère public à l'échelle mondiale. Le Réseau est un outil mis à la disposition de la communauté internationale pour renforcer la coordination et la collaboration, élaborer de meilleures analyses et apporter une réponse mondiale plus éclairée et efficace face aux crises alimentaires futures ».

«Je salue cette initiative importante», a déclaré M. Christos Stylianides, Commissaire européen en charge de l'aide humanitaire et de la gestion des crises, ajoutant : «C'est un grand pas en avant pour l'amélioration de nos évaluations en matière d'insécurité alimentaire, cela nous permettra de prendre de meilleures décisions sur la façon de répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels des personnes touchées par les crises et les catastrophes. Une meilleure évaluation rend notre assistance plus ciblée et donc plus efficace ».