L’approche CASH+ au Sahel un outil d’autonomisation pour les femmes en Mauritanie

L’approche CASH+ au Sahel un outil d’autonomisation pour les femmes en Mauritanie

10/02/2017

Il est treize heures dans le village de Monguél, au sud de la Mauritanie, lorsque Nejiha, rentre du marché. Sa fille aînée s’affaire sous la khaïma pour le déjeuner, tandis que ses frères jouent aux cartes à quelques mètres, sans être distraits par l’odeur de friture qui imbibe la cour. À 55 ans, Nejiha est à la tête d’une famille de neuf enfants et quatre petits-enfants depuis que son ex-mari l’a quittée. Elle est l’une des femmes bénéficiaires du projet de « Transferts Productifs/CASH+ » mis en œuvre par la FAO dans la wilaya du Gorgol. Ce projet, financé par la Finlande, a pour objectif de renforcer la résilience des populations vulnérables en Mauritanie et au Mali.

Great benefits

Les transferts productifs combinent, de manière flexible, des transferts monétaires inconditionnels et des transferts d’actifs productifs en nature, au bénéfice de ménages vulnérables affectés par l’insécurité alimentaire. Dans la région du Gorgol, les effets de deux kits d’une valeur équivalente sont comparés sur le court et le moyen-terme. Le premier kit, dont Nejiha a bénéficié, comprend uniquement trois transferts monétaires d’une valeur totale de 96 000 MRO (soit USD 270), l’autre kit combinant des actifs productifs (trois chèvres) avec un transfert monétaire unique de 20 000 MR0 (soit USD 56).

Nejiha prend en charge la plus grande partie des dépenses de la famille, son nouveau mari Abdou, dépeceur de bétail, ayant des revenus irréguliers. Dès que l’occasion se présente, elle investit dans des activités génératrices de revenus, ce qu’elle a fait ici. «Avec le premier transfert d’argent, j’ai tout de suite investi dans un petit commerce. J’approvisionne mon étalage au marché qui me permet d’amasser chaque mois entre 6 000 et 7 000 MRO, Dieu merci ! » confie Nejiha. «Savoir à l’avance quand j’allais recevoir les transferts m’a permis de m’organiser avec mes créanciers, et d’utiliser les bénéfices réalisés à bon escient». Le deuxième transfert lui a permis de rembourser ses créanciers et d’assurer les dépenses alimentaires et de santé de la famille, tandis que la dernière distribution a été utilisée en grande partie pour augmenter le capital de son commerce, rembourser des dettes de la famille et payer l’éducation des enfants.

En effet malgré la lourdeur des tâches à accomplir par jour, Nejiha fait tout pour que ses enfants continuent d’être scolarisés. Dans la région du Gorgol, où sont mis en œuvre les transferts productifs, les trois quarts des femmes sont chefs de ménage. Plus de la moitié d’entre elles sont analphabètes, opèrent des activités peu lucratives et sont dépendantes des aides externes, les rendant plus vulnérables et exposées à l’insécurité alimentaire.

Les transferts monétaires garantissent un meilleur accès à l’alimentation, et la génération d’activités permettant aux ménages vulnérables de faire face aux chocs. Comme Nejiha, une partie non négligeable des bénéficiaires saisissent cette occasion pour investir dans un projet utile pas seulement à court-terme, mais dans une optique durable. Selon Nejiha, ce support est arrivé au moment opportun et lui a servi indéniablement de tremplin, lui permettant d’envisager l’avenir avec confiance.

Save

Save