Améliorer l’autonomisation des réfugiés sud-soudanais et des communautés d’accueil

Améliorer l’autonomisation des réfugiés sud-soudanais et des communautés d’accueil

25/05/2017

En République démocratique du Congo, près de 8 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire et de protection (Plan de réponse humanitaire, OCHA, janvier 2017) et 6 millions se trouvent en situation d’insécurité alimentaire. La problématique des mouvements des populations représente plus de la moitié des besoins humanitaires. À la fin 2016, le pays comptait plus de 2,1 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et près d’1,5 million de réfugiés.   

L’UNHCR dénombre près de 75 000 réfugiés sud-soudanais enregistrés dans les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé. Depuis octobre 2016, la FAO apporte une assistance humanitaire aux réfugiés sud-soudanais dans la localité de Doruma, territoire de Dungu situé dans la province du Haut-Uélé. Les communautés d’accueil reçoivent également un appui afin de réduire le risque de tensions et de renforcer leurs capacités de résilience. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Plan de réponse humanitaire de la République démocratique du Congo visant à améliorer immédiatement les conditions de vie des personnes affectées par la crise. La stratégie globale d’intervention est basée sur la politique d’intégration des réfugiés dans les communautés d’accueil, en se concentrant sur une stratégie de protection intégrée combinant l’aide d’urgence et l’autonomisation.

Maintenir l’harmonie dans la communauté d’accueil

C’est dans la localité de Doruma que la FAO renforce les moyens d’existence de 3 000 ménages (15 000 personnes) dont 2 000 de réfugiés sud-soudanais et 1 000 d’accueils. 

Mme Kaime Djeti, 38 ans, chef de ménage vivant avec ses huit enfants à Doruma, nous explique son quotidien avant le projet: «Je suis arrivée environ il y a deux ans en République démocratique du Congo et je ne vivais que grâce à l’appui des membres de la communauté locale qui me donnaient souvent du riz, des haricots, du manioc et des feuilles de manioc. Ce projet m’a beaucoup aidée car j’ai appris à cultiver les légumes. J’ai même commencé à manger des amarantes de mon champ».

Afin de soutenir l’autonomisation des réfugiés sud-soudanais, la FAO a mis l’accent sur l’appui aux activités génératrices de revenus et agricoles; 7 000 outils aratoires (arrosoirs, brouettes, houes, pulvérisateurs et râteaux) et 80 kg de semences maraîchères (amarante, aubergine, choux, gombo et tomate) ont été distribués. En outre, 545 ménages de réfugiés ont reçu des chèvres pour favoriser l’accès aux protéines animales. 

«J’ai pu obtenir une chèvre et je garde le bouc de notre groupe, cela me permettra de relancer encore mon élevage des chèvres», a expliqué Kaime Djeti, bénéficiaire de l’appui de la FAO en chèvres.

De plus, afin de maintenir l’harmonie dans les communautés d’accueil et faciliter l’accès à la terre, 1 000 familles d’accueil ont reçu 1 000 houes et 15 tonnes de semences vivrières de qualité composées d’arachide, haricot et de maïs. Toutes ces activités sont soutenues par un accompagnement technique de proximité à travers le déploiement de champs en couloir, et l’apprentissage des bonnes pratiques agricoles. Des séances de sensibilisation nutritionnelles et de cohabitation pacifique sont également organisées en faveur des bénéficiaires et autres membres de la communauté.

Mise en œuvre d’activités liées aux transferts monétaires

Le projet a utilisé des transferts monétaires afin de faciliter l’accès aux biens et aux moyens d’existence. À travers la distribution directe d’argent et de coupons (en échange de biens ou services), les bénéficiaires ont pu investir dans la scolarité des enfants, les soins de santé et même le financement de petit commerce.  

«L’argent que j’ai reçu, m’a permis d’acheter des souliers et de la nourriture pour mes enfants. J’ai également pu démarrer un petit commerce de vente de savon et de sucre. Depuis le début de mon commerce, j’ai déjà vendu un équivalent de 6 USD en l’espace de deux semaines», souligne Kaime (77 pour cent de la population vit avec moins de 1,90 USD par jour). 

En route vers l’autonomisation

Il s’agit de permettre aux réfugiés sud-soudanais d’être autonomes à la prochaine saison culturale, soit à la mi-juillet 2017. Kaime arrive progressivement à se projeter vers un avenir meilleur. «Si tout va bien, je compte devenir productrice d’amarante, de tomate et d’aubergine. J’aimerais aussi démarrer le commerce de riz et de farine de manioc avec l’argent que le projet me donnera pour mes travaux des champs».

Le programme de transfert (argent contre travail et transfert monétaire conditionnel) sont une réponse aux besoins immédiats en matière de nourriture et d’eau, en attendant les récoltes, et permettent aux populations agricoles concernées de renforcer et de diversifier leurs moyens d’existence en développant des activités alternatives, génératrices de revenu. Cette initiative a pu être réalisée grâce au financement d’un montant de 800 000 USD du Fonds central d’interventions pour les urgences humanitaires.