Congo, République démocratique du

Congo, République démocratique du

En République démocratique du Congo, les communautés rurales doivent faire face aux sérieux obstacles que représentent les conflits armés les conflits armés, l’insécurité liée à ces conflits, la pauvreté, la malnutrition aigüe et chronique, l’accès limité aux ressources naturelles et l’insuffisance des services publics de base. Du fait de violences continues, principalement dans l’Est du pays, 2.9 millions de personnes sont actuellement déplacées internes et plus de 440 000 congolais ont fui vers les pays voisins. En outre la récente escalade des violences armées en République centrafricaine et les troubles sociopolitiques au Burundi ont eu pour effet une augmentation du nombre de réfugiés en provenance de ces pays. Dans le but de participer aux efforts de paix et de réconciliation, ainsi que de soutenir la capacité de résilience des communautés de base, la FAO travaille à renforcer la capacité des personnes à produire et à vivre de l’agriculture et de ses produits dérivés, en améliorant l’accès aux ressources et aux programmes de formation ainsi que les capacités de production et de diversification alimentaire. L’Organisation aide également les personnes démobilisées et les personnes retournées à trouver des emplois rémunérateurs dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

Assurer la sécurité alimentaire des ménages

Malgré un fort potentiel et des ressources naturelles abondantes, la production agricole et halieutique de la République démocratique du Congo stagne, voire diminue. Arrachés à leurs foyers par les combats et l’insécurité, et dans l’impossibilité d’acquérir des semences et des petits outils manuels, des paysans ratent la saison des semis, pourtant vitale ; en parallèle l’impact des déplacements, maladies végétales (striure brune du manioc, flétrissement bactérien du bananier, etc.), animales (peste des petits ruminants, Syndrome ulcératif épizootique des poissons, etc.) et pillages réduisent la taille des troupeaux et l’impact des efforts de production. Compte tenu de l’augmentation des importations des produits alimentaires afin de répondre aux demandes croissantes des villes, la population doit aussi faire face aux prix élevés des denrées de base et donc à une baisse de son pouvoir d’achat. Dans le secteur de la pêche artisanale, outre la faible production réalisée, les producteurs, les transformateurs et les mareyeuses connaissent des pertes post-capture importantes de l’ordre de 25 à 45 pour cent en bout de chaîne. En offrant des semences de base de qualité, des formations techniques et organisationnelles et en favorisant l’introduction des technologies à valeurs ajoutées de réduction des pertes post-capture et post-récolte, la FAO travaille à la reconstruction et au développement de l’économie rurale du pays. Ceci permet d’aider  les déplacés, les retournés, les réfugiés et les familles d’accueil, notamment les plus vulnérables (les femmes et les jeunes) à produire et à vendre plus de denrées alimentaires, et encourage aussi les personnes démobilisées à se construire une vie nouvelle et productive.

Identifier les besoins alimentaires

De par la taille du pays, la diversité et la complexité des crises humanitaires, les actions prises doivent être menées de façon stratégique, coordonnée et centrée sur les besoins. La FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM) codirigent le Cluster Sécurité Alimentaire, dans le but d’améliorer la coordination des actions et de garantir des informations sur la nutrition et l’alimentation précises, factuelles et régulièrement mises à jour. Suivant la même logique, la FAO appuie les actions visant à déterminer les niveaux d’insécurité alimentaire à travers tout le pays au travers du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC). Il ressort du 12ème cycle d’analyse IPC (mené de décembre 2014 à juin 2015) que 6.5 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aigüe et nécessitent une assistance alimentaire et de moyens d’existence d’urgence (IPC phases 3 et 4). Ces chiffres stagnent depuis quelques années, du fait de la persistance des violences armées qui continuent à pousser les populations à abandonner leurs foyers et leurs terres, principalement à l’Est. Une autre raison de cette stagnation est la nécessité d’un appui à l’accès à des moyens de productions pour les petites exploitations familiales dans les zones à fort enclavement.

Restaurer les liens entre les marchés

Le mauvais état des routes, des voies ferroviaires et fluviales rend l’accès aux marchés difficile pour les agriculteurs souhaitant y vendre leurs produits. La FAO aide à la construction de moyens de stockage (c.a.d. de greniers communautaires et de petits dépôts) ainsi qu’à rendre le transport des produits bruts et/ou transformés accessible. En plus de fournir des semences à haut rendement et d’accompagner les agriculteurs à produire des semences de qualité, la FAO encourage les associations d’agriculteurs à organiser la transformation et la commercialisation de leurs produits. Une des possibilités offertes est le programme de l’Initiative Achats au service du progrès du PAM, qui propose aux agriculteurs pauvres un débouché stable et rémunérateur pour les denrées de base qu’ils produisent. Une autre possibilité consiste à améliorer la desserte locale pour relier zones de production et de commercialisation.

Offrir des possibilités de revenus aux femmes

Il y a deux fois plus de femmes pauvres que d’hommes pauvres en République démocratique du Congo. L’accès restreint aux intrants, à la terre et aux services fait qu’il est plus difficile encore pour une femme de gagner sa vie. Nombreuses sont les victimes de violences sexuelles, et elles sont souvent rejetées par leur famille et leur communauté. La FAO et ses partenaires travaillent à la création de nouvelles opportunités pour les femmes dans le domaine de l’agriculture, y compris la transformation et la commercialisation, et cherchent aussi à leur faciliter l’accès à la terre et aux ressources productives, ainsi qu’à leur fournir un accompagnement technique et financier (par exemple via des microcrédits). Les écoles pratiques d’agriculture et d’apprentissage de la vie, qui enseignent les techniques agricoles, les bonnes pratiques nutritionnelles et les bons comportements face au VIH, se révèlent être un excellent moyen d’aider les femmes victimes de violences à réintégrer leurs communautés.

 

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