Madagascar - Locust situation bulletin D04 - February 2015 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D04 - February 2015 (in FRENCH)
Apr 2015

Diagnostic

Durant la 1ère décade, de fortes pluies engendrées par la zone de convergence intertropicale et la tempête tropicale Fundi ont concerné les compartiments Nord et, pour une moindre part, Centre de l’Aire grégarigène du Criquet migrateur malgache. Ces fortes pluies, associées à des rafales de vent, ont induit une redistribution des ailés en mesure de se déplacer et une mortalité embryonnaire probablement importante. Dans les secteurs Centre et Sud de l’Aire transitoire de multiplication (ATM-C, ATM-S) ainsi que dans le secteur Sud de l’Aire de densation (AD-S), les importantes précipitations des deux dernières décades ont résulté en une extension vers le sud des zones favorables au développement des acridiens.

Dans l’Aire d’invasion, au niveau du compartiment Centre, les biotopes xérophiles semblaient être favorables au développement, en particulier à la reproduction, des acridiens alors que les biotopes hygrophiles voire mésophiles restaient beaucoup trop humides.

Dans l’Aire grégarigène, les compartiments Nord et Centre restaient faiblement contaminés par des populations de la R2 du Criquet migrateur malgache. Aucune population imaginale groupée n’a été observée ni signalée ; par contre, des larves, de stade L1 à L5 en phase transiens congregans, formaient des taches de taille relativement modeste au niveau des secteurs Nord et Centre de l’Aire de multiplication initiale et de l’Aire transitoire de multiplication.

Les populations diffuses étaient hétérogènes tant sur le plan phénologique que phasaire. Les populations imaginales étaient constituées d’ailés matures de la R1 souvent associés à des ailés mous de la R2. Dans les compartiments Nord et Centre, en particulier dans l’Aire transitoire de multiplication, il faut souligner que les ailés ont été observés dans plusieurs localités et que leur densité était élevée. Les larves étaient essentiellement de stade avancé (L4 et L5).

Dans l’Aire grégarigène, 23 750 ha ont été identifiés comme infestés et venaient s’ajouter aux 17 708 ha repérés mais non traités au cours de la précédente décade. Une superficie de 4 455 ha a été traitée. Les 37 003 ha restants seront traités au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre restait faiblement infesté par des populations groupées de larves et d’ailés de la R2. Ces populations ont été localisées dans la plaine du Betsiriry et dans le Bongolava. Les populations larvaires étaient composées de larves de stade L1 à L5 en phase grégaire qui formaient des taches et bandes. Généralement, ces larves cohabitaient avec des imagos grégaires mous en vol d’entraînement. Aucune information concernant des populations diffuses n’a été reçue.

Dans l’Aire d’invasion, 3 410 ha étaient infestés et venaient s’ajouter aux 32 160 ha repérés mais non traités au cours de la décade précédente. Une superficie de 10 073 ha a été traitée. Les 25 167 ha restants seront traités au cours de la prochaine décade. Pour rappel, le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, les conditions favorables (pluviosité et végétation verte) vont permettre une augmentation du taux de fécondité des ailés solitaires à solitaro-transiens des R1 et R2. Dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation, les ailés en mesure de se reproduire, souvent en forte densité, vont engendrer des populations larvaires groupées à moins que des pluies excédentaires n’entraînent une mortalité importante (réduisant considérablement la viabilité des oeufs). Pour maîtriser les populations de la R2 et limiter les effectifs de la R3, les taches larvaires identifiées devront être éliminées dans les plus brefs délais. En parallèle, les prospections visant à localiser les autres sites de développement larvaire devront être renforcées. En outre, vu la présence de populations larvaires diffuses souvent composées de larves de stade avancé et l’arrivée progressive de populations allochtones, les effectifs des ailés aptes à se reproduire risquent d’augmenter et le niveau de grégarité d’être renforcé. Cela impose une très grande vigilance, en particulier dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation.

Dans l’Aire d’invasion, il faut s’attendre à trouver des vols clairs, voire des essaims de la R2, car, en plus des taches et bandes larvaires repérées et non traitées à temps, il est possible que des populations groupées non localisées continuent leur développement. Pour minimiser les effectifs de la R3, les populations larvaires groupées identifiées, souvent associées à des vols clairs, devront être éliminées dans les plus brefs délais.