Madagascar - Locust situation bulletin D07 - March 2015 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D07 - March 2015 (in FRENCH)
May 2015

Diagnostic

Durant la 1ème décade de mars 2015, la pluviosité était moyenne à forte. Dans l’Aire grégarigène, les conditions éco-météorologiques étaient globalement acceptables pour le développement du Criquet migrateur malgache, sauf dans certains biotopes méso-hygrophiles à hygrophiles où le sol restait trop humide. Dans l’Aire d’invasion, le Criquet migrateur malgache continuait à occuper les biotopes xérophiles et mésophiles dans lesquels les conditions restaient favorables à sa reproduction.

Dans l’Aire grégarigène, les compartiments Nord et Centre (AGT-O, AMI-N, ATM-N, ATM-C et AD-C) restaient faiblement, voire moyennement, infestés par des populations larvaires et imaginales groupées de la R2 du Criquet migrateur malgache. Les populations larvaires se présentaient sous formes de taches et bandes de stade avancé (L5). Dans plusieurs localités, l’émergence se poursuivait, induisant l’apparition de vols clairs ou d’essaims d’ailés immatures de taille relativement modeste. Dans certains secteurs (AMI-N), les vols clairs, constitués d’ailés des premières cohortes de la R2, commençaient à pondre.

Les populations diffuses étaient hétérogènes aussi bien sur le plan phénologique que phasaire. Ces populations ont été observées à des densités faibles à fortes, particulièrement dans les secteurs Nord et Centre des Aires transitoire de multiplication et de densation de la Grande Île. Dans certaines stations, les populations du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec des populations groupées ou diffuses du Criquet nomade, composées de larves de stade L3 à L5 de phase solitaires à transiens congregans.

Dans l’Aire grégarigène, 24 669 ha étaient infestés et venaient s’ajouter aux 7 613 ha identifiés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 9 383 ha a été traitée. Les populations des 22 899 ha restants devront être relocalisées et éventuellement traitées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre (Bongolava et plaine de Betsiriry) restait faiblement infesté par des populations grégaires de la R2 du Criquet migrateur malgache. Le développement larvaire de la R2 touchait à sa fin, induisant une multiplication du nombre de vols clairs et d’essaims de taille souvent petite. Dans l’Aire d’invasion, 3 683 ha ont été identifiés comme infestés et venaient s’ajouter aux 14 206 ha repérés mais non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 3 560 ha a été traitée. Les populations des 14 329 ha restants seront relocalisées et éventuellement traitées au cours de la prochaine décade.

Pour rappel, le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4. D'une manière générale, le développement larvaire de la R2 touche à sa fin, en premier lieu dans l'Aire d’invasion Centre ; on soulignera que :

  • des populations grégaires, localement importantes, subsistent dans l'Aire d’invasion Centre (un essaim de près de 1 000 ha y a été observé) ;
  • dans l'Aire grégarigène, les densités sont souvent assez élevées et la grégarité de nombreuses populations a augmenté au cours de la R2 puisque des vols clairs et des essaims sont en cours de formation.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, les conditions éco-météorologiques étant globalement assez favorables, les populations larvaires groupées de stade avancé qui n’ont pas été traitées effectueront leur mue imaginale, entraînant une augmentation des effectifs des populations ailées. On peut donc s’attendre à une augmentation du nombre de vol clairs et d’essaims. En outre, des vols ou essaims, qui n’ont été ni localisés ni traités, pourraient encore être présents et atteindre leur maturité sexuelle. Les pontes vont s'intensifier et les premières éclosions sont attendues à très court terme. Pour limiter les effectifs de la R3, les vols clairs et essaims de la R2 devront être repérés et éliminés dans les plus brefs délais. En parallèle, les prospections visant à détecter les sites de ponte devront être renforcées.

Dans l’Aire d’invasion, toutes les populations groupées identifiées au cours de cette décade ont été entièrement traitées. Cependant, il est fort probable que d’autres populations grégaires, qui n’ont été ni identifiées ni traitées, persistent et continuent leur développement. Il importe donc de renforcer la surveillance, en particulier dans le Bongolava (AIC-MO) et dans la plaine de Betsiriry (AIC-MS).