Madagascar - Locust situation bulletin D04 - February 2016 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D04 - February 2016 (in FRENCH)
Jun 2016

Diagnostic

Durant la 1ère décade de février 2016, selon les relevés du Centre national antiacridien et les besoins du Criquet migrateur malgache solitaire, la pluviosité favorable se limitait à l’Aire transitoire de multiplication Sud et l’Aire de densation Centre et Sud. Elle était souvent excédentaire à hyper-excédentaire dans l’Aire de multiplication initiale et l’Aire transitoire de multiplication des compartiments Nord et Centre ainsi que dans l’Aire grégarigène transitoire des compartiments Centre et Est. Globalement, les températures restaient toujours favorables au Criquet migrateur malgache dans toute la Grande-Île. Dans l’Aire grégarigène. Les Hautes-Terres de l’Aire grégarigène (Aire grégarigène transitoire et Aire de multiplication initiale) semblaient exemptes de populations groupées du Criquet migrateur malgache mais les Moyennes et Basses-Terres (Aire transitoire de multiplication et Aire de densation Nord), où des pullulations larvaires en transformation phasaire subsistaient, restaient faiblement infestées.

Les larves, faiblement transiens, de stade essentiellement L5, formaient des taches et des bandes de taille petite à moyenne (5 à 5 000 m²) au niveau du delta du Mangoky, sur la plaine de Befandriana-Sud et, pour une moindre part, sur la pénéplaine de Bekily-Fotadrevo. D’une manière générale, les mues imaginales étaient en cours et des vols clairs commençaient à se constituer. Pour les populations diffuses, solitaires, au niveau des Hautes-Terres, la pluviosité nettement excessive a généré des conditions peu acceptables pour les populations du Criquet migrateur malgache, incitant les ailés valides à se déplacer et entraînant une forte diminution des effectifs imaginaux. Au niveau des Moyennes et Basses-Terres, où les conditions éco-météorologiques étaient favorables, des populations diffuses phénologiquement très hétérogènes étaient présentes. Ces populations étaient généralement composées de jeunes ailés en mélange avec des larves de stade avancé (L4 et L5) ayant assez souvent des densités proches du seuil de grégarisation.

Sur plusieurs stations au niveau de l’Aire transitoire de multiplication et de l’Aire de densation, les populations du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec celles du Criquet nomade. En général, ces dernières étaient constituées de petites larves (L1 à L4) solitaires à transiens en densité moyenne à forte (1 500 à 30 000 larves/ha).

Les taches et bandes larvaires du Criquet migrateur malgache, observées essentiellement dans l’Aire transitoire de multiplication Centre sur une superficie de 6 285 ha au niveau de zones d’exclusion (à proximité de zones d’habitation et de cours d’eau) et non traitées au cours de la décade précédente, n’ont pas pu l’être car elles ne sont plus identifiables. Dans l’Aire grégarigène, au cours de cette décade, 38 035 ha étaient infestés par des taches et bandes larvaires, parfois en mélange avec des populations imaginales groupées, qui venaient s’ajouter aux 255 ha déjà infestés par des taches et bandes larvaires identifiées et non traitées au cours de la décade précédente. Une superficie de 25 922 ha a été traitée. Sur les 12 368 ha non traités, 7 770 ha n’ont pas pu l’être car ils correspondaient à des zones d’exclusion (à proximité de cours d’eau, zones d’habitation et forêts) ; 600 ha correspondaient aux superficies déclarées infestées par le Centre national antiacridien sans qu’aucune information sur un éventuel traitement n’ait été reçue ; et 3 998 ha de populations larvaires (taches et bandes) devront être éliminées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion. Le peu de signalisations reçues semblait indiquer que les compartiments Nord et Est n’étaient plus contaminés par des populations groupées du Criquet migrateur malgache. Pour le compartiment Centre, aucune information n’est disponible mais rien ne porte à croire que ce compartiment soit contaminé. S’il subsiste des populations diffuses, elles deviennent solitaires et sont surtout présentes sur la plaine du Betsiriry mais, suite aux fortes pluies tombées, les effectifs devraient être faibles. Durant cette décade, 38 035 ha, entièrement dans l’Aire grégarigène, étaient infestés par des taches et bandes larvaires, parfois en mélange avec des populations imaginales groupées. Une superficie de 25 922 ha a été traitée. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 5.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, les conditions éco-météorologiques moins acceptables au niveau des Hautes-Terres incitaient les ailés en mesure de voler à se déplacer vers les Moyennes et Basses-Terres où les conditions étaient favorables. Les effectifs des populations imaginales devraient donc rester faibles au niveau des Hautes-Terres. Par contre, au niveau des Moyennes et Basses-Terres, les effectifs imaginaux vont augmenter et le niveau de grégarité risque d’être renforcé et/ou de nouvelles superficies d’être colonisées. Par ailleurs, les populations larvaires diffuses, essentiellement composées de larves de stade avancé, vont continuer leur développement et engendrer des concentrations d’ailés ayant une densité approchant du seuil de grégarisation ; l'apparition de solitaro-transiens devient donc probable.

Au cours de la prochaine décade, les populations larvaires et imaginales groupées devront être éliminées dans les plus brefs délais sinon elles continueront leur développement et commenceront un nouveau cycle de reproduction, tout en accroissant leur grégarité. En parallèle, la vigilance devra être maintenue car il est possible que d’autres populations larvaires groupées continuent leur développement sans avoir été détectées et que des populations imaginales de forte densité restent non identifiées, surtout dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation du compartiment Nord.

Dans l’Aire d’invasion, les fortes précipitations enregistrées génèrent des conditions défavorables pour les populations du Criquet migrateur malgache, entraînant une forte mortalité embryonnaire et incitant les ailés valides à la recherche de conditions favorables à se déplacer vers la partie sud-ouest de la Grande-Île. Toutefois, sur quelques stations dans le compartiment Centre, des populations solitaires ou transiens degregans pourraient subsister mais en faibles effectifs.