Madagascar - Locust situation bulletin D05 - February 2016 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D05 - February 2016 (in FRENCH)
Jul 2016

Diagnostic

Durant la 2ème décade de février 2016, selon les relevés du Centre national antiacridien et les besoins du Criquet migrateur malgache solitaire, les conditions pluviométriques favorables se limitaient à l’Aire grégarigène transitoire Centre et Est et à l’Aire de multiplication initiale Nord. La pluviosité était souvent excédentaire dans l’Aire de multiplication initiale Centre et déficitaire dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation du compartiment Sud. Globalement, les températures ne constituaient pas un facteur limitant au développement du Criquet migrateur malgache dans l’ensemble de la Grande-Île.

Dans l’Aire grégarigène. À l’exception de quelques pullulations larvaires signalées sur le Centre Horombe, les Hautes-Terres de l’Aire grégarigène (Aire grégarigène transitoire et Aire de multiplication initiale) semblaient exemptes de populations groupées ; par contre, les Basses et Moyennes-Terres, en particulier l’Aire transitoire de multiplication Nord et, pour une bien moindre part, l'Aire transitoire de multiplication Centre, restaient colonisées par des populations groupées. Au niveau du compartiment Nord, les populations, transiens, étaient composées de jeunes ailés parfois associés à des adultes en accouplement et formaient des vols clairs ou des essaims de taille petite à grande (80 à 4 500 ha). Sur quelques stations, ces ailés cohabitaient avec des larves transiens généralement de stade avancé (L5). Au niveau du compartiment Centre, les populations, faiblement transiens et localisées sur quelques stations, étaient constituées de larves essentiellement de stade avancé associées à des ailés jeunes en pleine activité génésique. Le compartiment Nord de l’Aire grégarigène était moyennement infesté suite à une reprise de la grégarisation et le compartiment Centre, où des transformations phasaires ont ponctuellement été observées, restait faiblement infesté (plateau de Belomatra et haut-bassin de la Menarandra pour l'essentiel).

Les populations diffuses, majoritairement solitaires, semblaient confrontées à une pluviosité excessive sur les Hautes-Terres si bien que les effectifs y étaient faibles. Sur les Basses et Moyennes-Terres où les conditions étaient favorables, des populations imaginales généralement en pleine activité génésique, parfois associées à des populations larvaires de stade avancé (L5), étaient présentes. Les densités étaient faibles à très fortes (20 à 20 000 ailés/ha) et le seuil de grégarisation était très souvent atteint, surtout dans l’Aire transitoire de multiplication Centre.

Sur certaines stations, les populations diffuses du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec celles du Criquet nomade, constituées de larves de tous les stades ou de vieux ailés en faible effectif sauf sur une station où elles étaient composées de larves transiti-gestes à une densité relativement élevée (10 à 200 larves/m²). Parmi les populations larvaires et imaginales groupées observées et non traitées sur une superficie de 11 768 ha (généralement dans des zones d’exclusion) au cours de la décade précédente, seuls 357 ha ont été retrouvés et traités. Les populations sur les 11 411 ha restants vont donc continuer leur développement.

Dans l’Aire grégarigène, au cours de cette décade, 22 075 ha étaient infestés, essentiellement par des vols clairs et des essaims, et 13 875 ha ont été traités. Sur les 8 182 ha non traités, 7 182 ha n’ont pas pu l’être car ils correspondaient à des zones d’exclusion (à proximité de cours d’eau et de zones d’habitation) et 1 000 ha de populations larvaires et imaginales groupées qui devront être éliminés au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion. Aucune information n’est disponible et rien ne porte à croire que l’Aire d’invasion soit contaminée par des populations groupées. Pour les populations diffuses, les fortes pluies tombées au cours de la décade précédente semblaient générer des conditions moins acceptables pour les populations du Criquet migrateur malgache, incitant les ailés aptes à voler à se déplacer vers le sud-ouest de la Grande-Île. Au niveau du compartiment Centre, en particulier sur la plaine du Betsiriry, des populations pourraient subsister mais en faibles effectifs. Durant la décade, un total de 22 075 ha a été identifié comme infesté, essentiellement par des populations imaginales goupées (entièrement dans l’Aire grégarigène), et 13 875 ha ont été traités. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 5.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, les importantes pluies tombées lors de la décade précédente sur les Hautes-Terres semblent avoir généré des conditions moins acceptables pour les populations du Criquet migrateur malgache, incitant les ailés valides à se déplacer vers les Basses et Moyennes-Terres où les conditions écométéorologiques restaient favorables. Sur les Hautes-Terres, les effectifs imaginaux devraient donc rester faibles ; par contre, sur les Basses et Moyennes-Terres, les effectifs des populations imaginales vont augmenter et les populations diffuses vont se reproduire. L’apparition de nouvelles populations larvaires groupées ou diffuses atteignant le seuil de grégarisation est donc à redouter, surtout dans l’Aire transitoire de multiplication. Par ailleurs, les populations larvaires de stade avancé vont effectuer leur mue imaginale et renforcer les effectifs de populations imaginales en place, en particulier dans les secteurs Nord et Centre de l’Aire transitoire de multiplication.

Au cours de la prochaine décade, les populations larvaires et imaginales groupées identifiées devront être éliminées dans les plus brefs délais. En parallèle, une vigilance devra être maintenue car il est possible que d’autres foyers de pullulation restent non identifiés, surtout au niveau de l’Aire transitoire de multiplication. Dans l’Aire d’invasion, en cette période de l’année, de fortes pluies pourraient encore tomber, incitant les ailés valides à la recherche de conditions favorables à se déplacer vers la partie sud-ouest de la Grande-Île. Sur quelques stations dans le compartiment Centre (plaine du Betsiriry), des populations solitaires (ou transiens degregans) pourraient subsister mais en faibles effectifs.