Madagascar - Locust situation bulletin D06 - February 2015 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D06 - February 2015 (in FRENCH)
May 2015

Diagnostic

Durant la 3ème décade de février 2015, les pluies faibles à modérées mais surtout erratiques ont permis une évacuation progressive de l’eau de saturation et une extension des zones favorables à la ponte. Dans l’Aire grégarigène, les conditions éco-météorologiques étaient globalement favorables au développement du Criquet migrateur malgache, sauf dans les bas-fonds et les dépressions où le sol restait saturé. Dans l’Aire d’invasion, le Criquet migrateur malgache continuait à occuper les biotopes xérophiles et mésophiles dans lesquels les conditions restaient favorables à sa reproduction.

Dans l’Aire grégarigène, des populations imaginales groupées transiens congregans à grégaires de la R2 ont été localisées dans le compartiment Nord mais leurs effectifs restaient peu importants. Par contre, les populations larvaires groupées sous forme de taches ou bandes restaient abondantes dans les compartiments Nord et Centre (près de 40 000 ha restaient infestés).

En populations diffuses, les effectifs des ailés de la R1 diminuaient (mortalité) alors que ceux de la R2, solitaires à solitaro-transiens, devenaient de plus en plus importants surtout dans les compartiments Nord et Centre de la Grande Île (Aire transitoire de multiplication). Le développement larvaire de la R2 se poursuivait (nombreuses populations larvaires de stade avancé, L4 et L5), les densités étaient souvent assez élevées pour déclencher la transformation phasaire.

Dans plusieurs stations, les populations du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec des populations larvaires groupées ou diffuses du Criquet nomade, composées de larves de stade L1 à L5 de phase solitaire à transiens congregans.

Dans l’Aire grégarigène, une superficie de 26 125 ha infestée par des populations larvaires de la R2 se sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées. Dans l’Aire grégarigène, 8 850 ha étaient infestés et venaient s’ajouter aux 4 150 ha identifiés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 5 387 ha a été traitée. Les populations des 7 613 ha restants devront être relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre restait faiblement infesté par des populations grégaires de la R2 du Criquet migrateur malgache. En populations groupées, les larves de stade L4 ou L5 formaient des taches et bandes dans la plaine du Betsiriry et dans le Bemaraha. Les ailés, plus ou moins mous ou durs immatures, se présentaient sous forme de vols clairs ou d’essaims de taille relativement petite. Dans certaines régions (cas du Bongolava), des populations imaginales groupées, en vol d’entraînement, étaient associées à des populations larvaires diffuses constituées de larves grégaricolores de stade avancé (L4 ou L5). Dans l’Aire d’invasion, une superficie de 3 700 ha infestée par des populations larvaires et imaginales de la R2 ne sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées.

Durant cette 3ème décade de février 2015, 7 590 ha ont été identifiés comme infestés et venaient s’ajouter aux 16 753 ha repérés mais non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 10 137 ha a été traitée. Les populations des 14 206 ha restants seront relocalisées et éventuellement traitées au cours de la prochaine décade. Pour rappel, le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, des vols clairs et des essaims continueront à se former car certaines populations groupées de larves de stade avancé n’ont pas été traitées à temps et tous les sites de développement des populations larvaires groupées n’ont pas été forcément détectés. Par ailleurs, les conditions écométéorologiques étant favorables, la formation de groupes larvaires risquent de se poursuivre, surtout dans les secteurs Nord et Centre de l’Aire transitoire de multiplication et de l’Aire de densation, où des populations imaginales de forte densité ont été localisées. Il faut également souligner que les larves de stade avancé des populations diffuses vont effectuer leur mue imaginale, ce qui entraînera une augmentation des effectifs des populations imaginales.

Dans l’Aire d’invasion, les populations larvaires et imaginales grégaires de la R2 détectées n’ont pas été éliminées à temps ; il faut donc s’attendre à voir une multiplication du nombre de vols clairs et d’essaims. En conséquence, les superficies qui ont été déclarées infestées par des populations larvaires groupées ne sont plus valides et les cibles mobiles (vols clairs et essaims) qui en résulteront devront être identifiées lors de nouvelles prospections. Les conditions éco-météorologiques restant favorables, les ailés qui ne seront pas éliminés atteindront la maturité sexuelle et un nouveau cycle de reproduction pourra commencer. La prochaine décade devrait permettre d’anéantir toutes les populations larvaires de la R2 et, en parallèle, de repérer les imagos grégaires en déambulation, en particulier dans la plaine du Betsiriry.