Madagascar - Locust situation bulletin D16 - June 2015 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D16 - June 2015 (in FRENCH)
Aug 2015

Diagnostic 

Durant la 1ère décade de juin 2015, des pluies faibles ont concerné l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation Sud et vraisemblablement le Sud-Est de l'Aire d’invasion Centre. Toutefois, le dessèchement du tapis végétal se généralisait et était plus prononcé au niveau des biotopes xérophiles et mésophiles. Les populations imaginales diffuses en mesure de voler se sont regroupées dans les zones dépressionnaires, où les conditions hydriques semblaient moins défavorables à leur développement. Sous l’effet des vents dominants de secteur sud à sud-est, les essaims présents dans l’Aire grégarigène se sont progressivement déplacés vers le nord et le nord-ouest, induisant une augmentation du nombre d’essaims observés dans le sud du compartiment central de l’Aire d’invasion. Les populations acridiennes étaient en activité ralentie malgré des augmentations localisées de la température (Basses-Terres). 

Dans l’Aire grégarigène, les compartiments Nord et, pour une moindre part, Centre restaient moyennement infestés. Plusieurs essaims de jeunes ailés grégaires ont été localisés dans les secteurs Ouest de l’Aire grégarigène transitoire et Nord de l’Aire de multiplication initiale. En général, ces essaims se dirigeaient vers l’ouest. Dans le secteur Centre de l’Aire grégarigène, au niveau des plaines du Zomandao et de Tsitondroina, quelques taches de larves d’aspect grégaire, issues des dernières cohortes de la R3, ont également été observées. Ces larves étaient de stade avancé et accompagnées d’ailés mous. 

Les populations diffuses, essentiellement imaginales, ont été confrontées à une faible pluviosité et au desséchement généralisé des biotopes xérophiles et mésophiles si bien qu’elles se sont concentrées au niveau des biotopes hygrophiles (bas-fonds), où les conditions hydriques demeuraient moins défavorables à leur développement. Ces populations restaient hétérogènes aussi bien sur les plans phénologique que phasaire. Les densités étaient moyennes (80 à 210 ailés/ha) dans le compartiment Nord alors qu’elles étaient moyennes à fortes (300 à 1 200 ailés/ha) au niveau des Hautes-Terres (AMI-C). 

Dans l’Aire grégarigène, une superficie de 16 062 ha infestée par des taches et bandes larvaires (L1 à L4) ainsi que par des essaims ne sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées. Dans l’Aire grégarigène, 3 619 ha étaient infestés dont 2 720 ha ont été traités. Les populations (taches larvaires et essaims) sur les 2 754 ha restants devront être, si possible, relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade. 

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre était moyennement infesté, essentiellement par des essaims du Criquet migrateur malgache. Plus d'une quarantaine d'essaims de jeunes ailés, de taille petite à moyenne (20 à 770 ha), ont été observés dans les secteurs Moyen-Ouest et, pour une moindre part, Moyen-Sud et Hautes-Terres. Dans la région d’Amborompotsy (AIC-HT), quelques taches de larves de stade L1 à L5, d’aspect grégaire, étaient également présentes sur une superficie relativement modeste (1 000 ha). La partie occidentale du Bemaraha abritait d’importantes populations diffuses transiens degregans. 

Durant cette 1ère décade de juin 2015, 6 386 ha ont été identifiés comme infestés par des taches larvaires (L1 à L5) et essaims, qui venaient s’ajouter aux 8 903 ha (taches larvaires L1 à L5) repérés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 3 888 ha a été traitée. Les populations (taches larvaires et essaims) sur les 11 401 ha restants devront être relocalisées et éventuellement traitées au cours de la prochaine décade. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic 

Dans l’Aire grégarigène, la diminution des températures va maintenir le Criquet migrateur malgache en activité restreinte et contribuer à diminuer la distance parcourue par les populations imaginales en mesure de voler. Les éventuelles populations imaginales groupées qui n’ont pas encore été localisées ou ont échappé aux traitements devraient être localisées plus facilement (bas-fonds) et traitées. Par ailleurs, la faible pluviosité va mettre les populations diffuses, transiens degregans à solitaires, en difficulté. Compte tenu de la réduction des surfaces favorables au développement, ces populations diffuses vont subir une densation en se regroupant dans les bas-fonds. Il importe donc de détecter ces regroupements et d’éliminer chaque population qui risquerait d’avoisiner le seuil de grégarisation. 

Dans l’Aire d’invasion, la prochaine décade devrait permettre d’éliminer toutes les populations imaginales groupées identifiées. En outre, la vigilance devra être maintenue, surtout dans le Bongolava et la plaine du Betsiriry, car des populations groupées similaires à celles qui ont été traitées pourraient encore subsister, d’autant que l’arrivée de populations en provenance de l’Aire grégarigène, à la recherche de conditions moins défavorables, reste probable.