Madagascar - Locust situation bulletin D33 - November 2015 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D33 - November 2015 (in FRENCH)
Jan 2016

Diagnostic

Durant la 3ème décade de novembre 2015, malgré une pluviosité erratique et sporadique dans l’Aire grégarigène selon les relevés du Centre national antiacridien, les conditions écologiques restaient favorables aux besoins du Criquet migrateur malgache solitaire. Dans l’Aire d’invasion, les conditions pluviométriques semblaient favorables pour le développement du Criquet migrateur malgache. Globalement, les températures devenaient favorables au Criquet migrateur malgache dans toute la Grande-Île et ne constituaient plus un facteur limitant pour son développement.

Dans l’Aire grégarigène, au niveau du secteur Centre de l’Aire de multiplication initiale et, pour une moindre part, dans le secteur Centre de l’Aire grégarigène transitoire, des populations larvaires groupées du Criquet migrateur malgache ont été observées. Ces larves transiti-gestes, de presque tous les stades avec une dominance de L2 et L5, formaient des taches de taille relativement petite (inférieure à 20 m²). Dans les autres régions de l’Aire grégarigène, aucune population groupée du Criquet migrateur malgache n’a été ni observée ni signalée, ce qui montre que les populations transiens ou grégaires étaient en voie de disparition et que le phénomène de degrégarisation s’accentuait.

En populations diffuses, les individus étaient hétérogènes aussi bien sur le plan phasaire que phénologique. Dans les Hautes-Terres de l’Aire grégarigène (AGT-C et AMI-C), ces populations étaient composées de larves solitaires généralement en faible densité (inférieure à 1 200 larves/ha) en mélange avec des ailés solitaires en densité faible à moyenne (10 à 200 ailés/ha, atteignant quelquefois 300 ailés/ha). Dans les autres régions de l’Aire grégarigène, les populations diffuses étaient uniquement constituées d’ailés transiens degregans à solitaires ; globalement, la densité était faible à moyenne (10 à 300 ailés/ha), sauf dans quelques stations du bassin de Manja et de la plaine de Befandriana, où elle dépassait rarement les 300 ailés/ha.

Dans plusieurs stations, les populations diffuses du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec celles du Criquet nomade, constituées d’ailés solitaires généralement matures, à une densité relativement faible (inférieure à 1 200 ailés/ha).

Dans l’Aire grégarigène, au cours de cette décade, 494 ha ont été déclarés infestés par des taches larvaires et venaient s’ajouter aux 7 620 ha infestés par des taches larvaires identifiées au cours de la décade précédente et redélimitées au cours de celle-ci. Une superficie de 1 520 ha a été protégée. Les populations acridiennes sur les 6 594 ha restants devront être éliminées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, au niveau du compartiment Centre de la Grande-Île, depuis l’élimination des taches larvaires et des populations larvaires de forte densité du Criquet migrateur malgache dans les secteurs Moyen-Ouest et Hautes-Terres, aucune signalisation de population groupée du Criquet migrateur malgache n’a été reçue bien que les conditions éco-météorologiques soient favorables. Il semblerait donc que l’Aire d’invasion soit exempte de populations groupées du Criquet migrateur malgache.

Dans l’Aire d’invasion, les populations larvaires observées au cours de la décade précédente et redélimitées durant cette décade sur une superficie de 2 900 ha ont été entièrement éliminées. Les populations larvaires diffuses de forte densité du Criquet migrateur malgache observées aux environs de Bemahatazana sur une superficie de 5 ha n’ont pas pu être traitées car les équipes terrestres censées assurer le traitement de cette superficie avaient déjà été redéployées dans l’Aire grégarigène. Ces cibles continueront donc leur développement et formeront de petits vols clairs ou se disperseront.

Durant la décade, 494 ha ont été déclarés infestés par des populations larvaires groupées. Ils venaient s’ajouter aux 10 520 ha infestés de taches larvaires identifiés dans l’Aire grégarigène et dans l’Aire d’invasion au cours de la décade précédente et redélimitées au cours de celle-ci. Une superficie de 4 420 ha a été traitée et protégée. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 5.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, compte tenu des conditions éco-météorologiques favorables, les populations larvaires détectées devront être éliminées dans les plus brefs délais par des applications en barrières sinon les larves vont effectuer leur mue imaginale, induisant la formation de vols clairs difficiles à localiser et éliminer. Par ailleurs, les populations larvaires diffuses observées au niveau des Hautes-Terres de l’Aire grégarigène (AGT-C et AMI-C) vont continuer leur développement et augmenter les effectifs des populations imaginales. La densité des populations imaginales pourrait donc augmenter et le seuil de grégarisation pourrait être quelquefois atteint si des regroupements avaient lieu.

Au cours de la prochaine décade, les prospections devront être renforcées afin de localiser les éventuelles populations larvaires groupées non identifiées et, en parallèle, détecter les populations imaginales atteignant le seuil de grégarisation.

Dans l’Aire d’invasion, les conditions éco-météorologiques étant favorables, les populations transiens degregans à solitaires détectées au cours de la décade précédente continueront leur développement. Comme les effectifs des populations parentales étaient relativement faibles, ceux des larves résultantes devraient l'être aussi. L’évolution de ces populations devra cependant être suivie car le seuil de grégarisation pourrait parfois être atteint.