Madagascar - Locust situation bulletin D36 - December 2015 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D36 - December 2015 (in FRENCH)
Mar 2016

Diagnostic

Durant la 3ème décade de décembre 2015, selon les relevés du Centre national antiacridien et les besoins du Criquet migrateur malgache solitaire, une pluviosité très excessive a été enregistrée dans l’Aire grégarigène transitoire. La pluviosité était excessive dans l’Aire de multiplication initiale et elle était légèrement excessive dans l’Aire transitoire de multiplication. Dans l’Aire de densation des compartiments Centre et Sud, la pluviosité restait insuffisante et aucune information n’a été enregistrée pour l’Aire de densation Nord. Les conditions pluviométriques n’étaient favorables pour le développement du Criquet migrateur malgache que dans l’Aire transitoire de multiplication. Globalement, les températures restaient toujours favorables au Criquet migrateur malgache dans toute la Grande-Île.

Dans l’Aire grégarigène. Au niveau de l’Aire de multiplication initiale Centre, plateau de l’Horombe, des populations larvaires groupées du Criquet migrateur malgache subsistaient bien qu’une forte diminution des superficies infestées ait été constatée. Les larves, essentiellement de stade avancé (L4 et L5), étaient phasairement hétérogène avec un comportement transiti-geste marqué et formaient des taches de taille relativement petite (4 à 80 m²). Au niveau du compartiment Nord (ATM-N et AD-N), la forte pluviosité au cours de cette décade a engendré des conditions acceptables et plus attractives pour les populations acridiennes (vols clairs). Ces vols clairs, composés d’ailés essentiellement matures et en accouplement, phasairement hétérogènes (transiens degregans et solitaires), occupaient une superficie relativement modeste (environ 3 400 ha) au niveau du delta du Mangoky et sur la plaine de Befandriana. Dans les autres régions de l’Aire grégarigène, aucune population groupée du Criquet migrateur malgache n’a été ni observée ni signalée.

Les populations diffuses, transiens degregans et solitaires, étaient phénologiquement hétérogènes. Au niveau des Hautes-Terres (AGT-C, AGT-E et AMI-C), elles étaient constituées d’ailés mous et durs immatures, très souvent en mélange avec des larves de stade avancé. Au niveau des Basses- et Moyennes-Terres, elles étaient composées d’ailés généralement matures en accouplement. D’une manière générale, les densités étaient moyennes à fortes (100 à 7 000 ailés/ha) et le seuil de grégarisation était assez souvent atteint, surtout dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation du compartiment Nord.

Très souvent, les populations diffuses du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec celles du Criquet nomade, composées d’ailés solitaires généralement matures. Leur densité était moyenne à forte (260 à 2 600 ailés/ha) sauf sur quelques stations au niveau de l’Aire transitoire de multiplication où la densité pouvait être très forte (1 000 à 20 000 ailés/ha).

Des déplacements de populations imaginales en mesure de voler étaient assez clairement perceptibles, les imagos qui le pouvaient quittant les Hautes-Terres à forte pluviosité pour rejoindre les Aires de transitoire de multiplication, voire l'Aire de densation Nord. Dans l’Aire grégarigène, au cours de cette décade, 3 682 ha étaient infestés, essentiellement par des vols clairs, et venaient s’ajouter aux 35 ha (infestés par des taches larvaires en mélange avec des ailés mous) repérés et non traités au cours de la décade précédente. Une superficie de 3 326 ha a été traitée. Les 391 ha restants n’ont pas pu l’être car ils correspondaient à des zones d’exclusion (cours d’eau et zone d’habitation).

Dans l’Aire d’invasion. Le peu de signalisations reçues semblait indiquer que l’Aire d’invasion n’était plus contaminée par des populations groupées du Criquet migrateur malgache. Pour les populations diffuses, les importantes pluies reçues dans l’Aire d’invasion semblaient renforcer le déplacement des ailés en mesure de voler vers la partie sud-ouest de la Grande-Île. Des populations solitaires ou transiens degregans pourraient subsister dans de rares stations au niveau des secteurs Moyen-Sud et Moyen-Ouest mais les effectifs devraient être faibles.

Durant la décade, 3 682 ha ont été déclarés infestés, essentiellement par des vols clairs (Aire transitoire de multiplication et Aire de densation Nord). Ils venaient s’ajouter aux 35 ha, infestés de taches larvaires en mélange avec des ailés mous, identifiés dans l’Aire grégarigène au cours de la décade précédente. Une superficie de 3 326 ha a été traitée. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 5.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène. En cette période de l'année, il est probable que de fortes pluies continuent à arroser les Hautes-Terres (Aire grégarigène transitoire et Aire de multiplication initiale). Les imagos en mesure de voler vont donc se regrouper dans les Aires transitoire de multiplication, voire les Aires de densation, en fonction de la répartition des pluies durant le mois de janvier. Dans les stations les plus favorables, on pourrait donc assister à des concentrations d'ailés pouvant atteindre ou dépasser le seuil de grégarisation et l'apparition de taches et bandes larvaires est à redouter à partir de la mi-janvier 2016 dans l'Aire transitoire de multiplication et éventuellement l'Aire de densation si la pluviosité y est suffisante. Les populations larvaires diffuses, observées dans les Hautes-Terres de l’Aire grégarigène (AGT-C, AGT-E et AMIC), vont effectuer leur mue imaginale et renforcer les effectifs des populations imaginales en place. Au cours de la prochaine décade, les prospections devront être renforcées et les populations groupées ou diffuses ayant une densité voisine du seuil de grégarisation devront être éliminées sans tergiverser.

Dans l’Aire d’invasion, le renforcement probable des pluies devrait contraindre les imagos valides à rejoindre des contrées plus clémentes et les effectifs comme les densités devraient continuer à baisser.