Madagascar - Locust situation bulletin D01 - January 2016 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D01 - January 2016 (in FRENCH)
Apr 2016

Diagnostic

Durant la 1ère décade de janvier 2016, selon les relevés du Centre national antiacridien et au regard des besoins du Criquet migrateur malgache solitaire, la pluviosité était faible à moyenne dans l’Aire de multiplication initiale et l’Aire transitoire de multiplication, sauf dans le sud de l'Aire transitoire de multiplication Centre. Dans l’Aire de densation des compartiments Centre et Sud, la pluviosité restait toujours insuffisante et aucune information n’a été enregistrée pour l’Aire de densation Nord. Les conditions pluviométriques restaient favorables pour le développement du Criquet migrateur malgache dans l’Aire de multiplication initiale et l’Aire transitoire de multiplication, sauf dans le sud de celle-ci. Les températures estaient favorables au Criquet migrateur malgache dans toute la Grande-Île.

Dans l’Aire grégarigène. Les Hautes-Terres de l’Aire grégarigène (Aire grégarigène transitoire et Aire de multiplication initiale) semblaient exemptes de populations groupées ; par contre, les Basses-Terres, en particulier le secteur Nord de l’Aire transitoire de multiplication, étaient faiblement infestées par des populations larvaires groupées du Criquet migrateur malgache. Les larves, de stade L1 et L2, étaient morphologiquement hétérogènes, avec un comportement transiti-geste marqué, et formaient des taches.

D’une manière générale, la taille de chaque tache était petite (5 à 20 m²) et leur densité faible (1 à 60 larves/m²). Cela montre que les populations imaginales s’étaient regroupées sur les zones les plus favorables (Aire transitoire de multiplication Nord), où une dynamique de transformation phasaire (grégarisation) semble en train de s'amorcer.

Pour les populations diffuses, majoritairement solitaires, les importantes pluies tombées au niveau des Hautes-Terres (Aire grégarigène transitoire et Aire de multiplication initiale du compartiment Centre) semblaient générer des conditions éco-météorologiques moins favorables pour les populations du Criquet migrateur malgache, incitant les ailés valides à se déplacer. Une forte diminution de la densité a donc été constatée, en particulier dans l’Aire de multiplication initiale. Au niveau des Basses-Terres (Aire transitoire de multiplication et Aire de densation Nord), où les conditions éco-météorologiques devenaient favorables, des populations imaginales en pleine activité génésique, en mélange avec des populations larvaires diffuses, étaient présentes. Le seuil de grégarisation était très souvent atteint. Un phénomène de grégarisation similaire mais de moindre ampleur pouvait aussi s'observer au niveau de l'Aire transitoire de multiplication Centre et du plateau Mahafaly (Aire de densation Centre).

Sur plusieurs stations, les populations diffuses du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec celles du Criquet nomade, composées d’ailés solitaires généralement matures préparant la 2ème ponte. Globalement, la densité était faible à moyenne (10 à 800 ailés/ha), sauf dans quelques stations de l’Aire transitoire de multiplication, où la densité était nettement plus forte (1 000 à 6 000 ailés/ha).

Les populations du Criquet migrateur malgache, surtout composées d’ailés en dispersion reproductive, observées essentiellement dans les secteurs Nord de l’Aire transitoire de multiplication et de l’Aire de densation sur une superficie de 391 ha au niveau des zones d’exclusion (à proximité de cours d’eau et de zones d’habitation) et non traitées au cours de la décade précédente, n’ont pas pu être traitées car elles ne sont plus identifiables.

Le phénomène de solitarisation se poursuivait dans l’ensemble de l’Aire grégarigène, sauf dans l’Aire transitoire de multiplication Nord où le phénomène inverse (grégarisation) était observé. Dans l’Aire grégarigène (ATM-N), 36 000 ha étaient infestés par des taches larvaires du Criquet migrateur malgache. Ces cibles n’ont pas encore été traitées car l’observation a été faite en fin de décade. Elles devront être traitées durant les premiers jours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion. Le peu de signalisations reçues semblait indiquer que l’Aire d’invasion n’était plus contaminée par des populations groupées du Criquet migrateur malgache. Pour les populations diffuses, l’importante pluviosité dans le compartiment Centre de l’Aire d’invasion semblait renforcer le déplacement des ailés valides vers la partie sud-ouest de la Grande-Île. Sur quelques stations prospectées sur la plaine du Betsiriry, des populations imaginales diffuses, d’aspect solitaire, subsistaient en faible effectif bien qu’à des densités moyennes.

La régression de l'invasion se confirme :

  • l’Aire d’invasion Centre est exempte de signalisation de populations groupées ;
  • l’Aire grégarigène est, dans l'ensemble, colonisée par des populations diffuses de faible densité mais un foyer de grégarisation est en train de se mettre en place dans l'Aire transitoire de multiplication Nord et devra être éradiqué durant les prochaines décades.

Durant la décade, 36 000 ha ont été déclarés infestés (dans l’Aire grégarigène uniquement) par des taches larvaires (solitaro-transiens) du Criquet migrateur malgache. Ces cibles n’ont pas encore été traitées car l’observation a été faite en fin de cette décade ; elles devront être traitées durant les premiers jours de la prochaine. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 5.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, suite aux importantes pluies tombées lors des deux dernières décades de décembre 2015, les conditions éco-météorologiques deviennent moins attractives pour les populations du Criquet migrateur malgache au niveau de l’Aire grégarigène transitoire et de l’Aire de multiplication initiale (en particulier les secteurs Centre). Par contre, au niveau des Basses-Terres (Aire transitoire de multiplication et Aire de densation, pro parte), les conditions éco-météorologiques devenaient plus favorables. Il est donc probable que d’autres concentrations d’ailés valides en provenance des Hautes-Terres
soient présentes au niveau des Basses-Terres et que des taches et bandes larvaires continuent à se former.

Au cours de la prochaine décade, les taches larvaires localisées devront être éliminées par des applications en barrières et les prospections devront être renforcées car d’autres populations groupées ou diffuses atteignant le seuil de grégarisation pourraient continuer leur développement sans avoir été localisées. Dans l’Aire d’invasion, l’excès de la pluviosité va entraîner un déplacement des ailés en mesure de voler vers la partie sud-ouest de la Grande-Île. Les densités devraient donc diminuer.