Madagascar - Locust situation bulletin D03 - January 2016 (in FRENCH)

Madagascar - Locust situation bulletin D03 - January 2016 (in FRENCH)
Jun 2016

Diagnostic

Durant la 3ème décade de janvier 2016, selon les relevés du Centre national antiacridien et les besoins du Criquet migrateur malgache solitaire, la pluviosité favorable se limitait à l’Aire de multiplication initiale Centre et à l’Aire transitoire multiplication des compartiments Nord et Centre. Elle était généralement insuffisante pour les besoins du Locusta migratoria capito solitaire dans l’Aire grégarigène transitoire des compartiments Centre et Est, l’Aire de multiplication initiale des compartiments Nord et Sud, l’Aire transitoire de multiplication Sud et l’Aire de densation.

Globalement, les températures restaient favorables au Criquet migrateur malgache dans toute la Grande-Île. Dans l’Aire grégarigène. Les Hautes-Terres (Aire grégarigène transitoire et Aire de multiplication initiale Centre) semblaient exemptes de populations groupées du Criquet migrateur malgache ; par contre, les Basses et Moyennes-Terres, dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation des compartiments Nord et Centre, étaient faiblement infestées par des populations larvaires groupées du Criquet migrateur malgache. Ces populations, détectées sur quelques stations entre les fleuves Mangoky et Menarandra, rassemblaient des larves transiens de tous les stades (avec dominance de L2 et L3) et se présentaient sous forme de taches et de bandes plus ou moins lâches.

En populations diffuses, aucune information n’a été reçue pour les Hautes-Terres mais suite aux pluies excessives pour le Criquet migrateur malgache tombées au cours des décades antérieures, les conditions éco -météorologiques y semblaient moins favorables pour les populations de l’espèce et les effectifs des ailés valides devraient être faibles. Dans les Basses et Moyennes-Terres, où les conditions éco-météorologiques restaient favorables, les populations diffuses, solitaires, étaient essentiellement composées d’adultes ou de vieux ailés très souvent en mélange avec des larves de tous les stades. Les densités étaient faibles à fortes (10 à 5 000 ailés/ha) et le seuil de grégarisation était souvent atteint, en particulier dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation Centre. Sur quelques sites au niveau de l’Aire transitoire de multiplication Centre, les populations diffuses du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec celles du Criquet nomade. Ces dernières étaient généralement constituées de vieux ailés solitaires en densité faible (50 à 220 ailés/ha) sauf sur quelques stations au niveau du plateau de Vineta, où des populations groupées étaient présentes.

Dans l’Aire grégarigène, au cours de cette décade, 69 017 ha étaient déclarés infestés, essentiellement par des taches et bandes larvaires, dont 59 383 ha ont été traités. Sur les 9 624 ha non traités, 6 285 ha n’ont pas pu l’être car ils correspondaient à des zones d’exclusion (à proximité de cours d’eau et de zones d’habitation) ; 3 094 ha correspondaient aux superficies déclarées infestées par le Centre national antiacridien mais aucune information quant à un éventuel traitement n’a été reçue ; et 255 ha de taches et bandes larvaires devront être éliminées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion. Le peu de signalisations reçues semblait indiquer que les compartiments Nord et Est n’étaient plus contaminés par des populations groupées du Criquet migrateur malgache. Pour le compartiment Centre, aucune information n’est disponible mais rien ne porte à croire que ce compartiment soit contaminé. En populations diffuses, des populations solitaires ou transiens degregans pourraient subsister, surtout sur la plaine du Betsiriry, mais, suite aux conditions éco-météorologiques moins acceptables, les effectifs devraient diminuer. Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 5.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène. Compte tenu de la présence de conditions éco-météorologiques favorables au niveau des Basses et Moyennes-Terres (compartiment Nord), les populations imaginales diffuses vont poursuivre leur reproduction, en particulier dans l’Aire transitoire de multiplication et l’Aire de densation, où des concentrations d’adultes solitaires atteignant ou dépassant le seuil de grégarisation étaient présentes. L’apparition de nouvelles taches et bandes larvaires est donc à redouter si les conditions météorologiques restent favorables. Par ailleurs, les populations larvaires diffuses vont continuer leur développement et engendreront des populations imaginales diffuses qui pourraient avoir une densité atteignant voire dépassant le seuil de grégarisation.

Au cours de la prochaine décade, les populations larvaires détectées devront être éliminées dans les plus brefs délais et, en parallèle, les prospections visant à identifier les nouvelles poches de pullulation larvaire ou d’autres concentrations d’ailés devront être renforcées, surtout dans l’Aire transitoire de multiplication. Dans l’Aire d’invasion, en cette période de l’année, de fortes pluies pourraient tomber, incitant les ailés valides à la recherche de conditions favorables à se déplacer vers la partie sud-ouest de la Grande-Île. Toutefois, sur quelques stations dans le compartiment Centre, des populations solitaires ou transiens degregans pourraient subsister mais en faibles effectifs.