Madagascar – Locust Situation bulletin N. 29 – July 2016 (in FRENCH)

Madagascar – Locust Situation bulletin N. 29 – July 2016 (in FRENCH)
Sep 2016

En juillet 2016, dans l’Aire grégarigène, la pluviosité était très faible et inférieure aux besoins du Criquet migrateur malgache, sauf dans l’Aire transitoire de multiplication Sud de la Grande-Île qui bénéficiait d’une pluviosité moyenne. Dans les Hautes- et Moyennes-Terres, le Criquet migrateur malgache ralentissait son métabolisme avec les basses températures enregistrées en juillet et ce d’autant plus qu’elles étaient légèrement inférieures aux normales saisonnières. Des conditions thermiques favorables au développement du Locusta migratoria capito ne se rencontraient que dans les Basses-Terres.

Dans l’Aire grégarigène, en raison des intenses traitements effectués, une forte diminution du nombre et des surfaces occupées par des populations groupées a été constatée. Le compartiment Centre semblait à l’abri des populations groupées ; par contre, le compartiment Nord restait faiblement infesté. Ces populations formaient des vols clairs ou des essaims d’une taille généralement petite (moyenne de 90 ha et médiane de 60 ha) ; elles étaient constituées d’ailés d’aspect grégaire qui, sous l’effet des basses températures et des faibles précipitations, passaient en activité ralentie. Dans le compartiment Sud, aucune information n’était disponible mais rien ne permet de penser que ce compartiment soit contaminé.

Des populations diffuses du Criquet migrateur malgache, transiens degregans ou solitaires, ont été rencontrées au niveau des compartiments Nord et Centre. Elles étaient composées d’ailés durs immatures. Les densités étaient ordinairement faibles à moyennes (10 à 300 ailés/ha, 70 ailés/ha en moyenne), sauf sur quelques stations au niveau des Hautes-Terres (Aire grégarigène transitoire et Aire de multiplication initiale du compartiment Centre) où elles étaient fortes à très fortes (500 à 1 500 ailés/ha). Sur quelques stations au niveau des plateaux de Belomatra et de Vineta, les populations du Criquet migrateur malgache cohabitaient avec celles du Criquet nomade, d’une densité moyenne à assez forte (350 à 700 ailés/ha).

Dans l’Aire grégarigène, durant ce mois, 3 370 ha étaient infestés par des vols clairs et des essaims, dont 2 515 ha ont été traités. Les 855 ha restants n’ont pas pu être traités car les populations acridiennes n’ont pas été retrouvées. Dans l’Aire d’invasion, les compartiments Nord et Est semblaient exempts de populations groupées du Criquet migrateur malgache. Le compartiment Centre restait faiblement infesté bien qu’on ait observé une forte diminution du nombre de groupes. Ces populations, sous forme de vols clairs ou d’essaims de taille relativement modeste (moyenne de 110 ha et médiane de 90 ha), ont été localisées dans le Bongolava et la région de Belo-sur-Tsiribihina.

En populations diffuses, des populations imaginales, transiens degregans ou solitaires, subsistaient dans le Bongolava, le Betsiriry et la région de Belo-sur-Tsiribihina. Les densités étaient faibles (20 à 80 ailés/ha), sauf sur quelques stations du Bongolava où elles étaient moyennes (100 à 200 ailés/ha). Dans l’Aire d’invasion, durant ce mois, 4 475 ha étaient infestés par des populations imaginales dont 2 540 ha ont été traités. Les 1 935 ha restants n’ont pas pu être traités car les populations acridiennes n’ont pas été retrouvées. Elles vont donc continuer leur déambulation.

À l'issue de cette campagne 2015/16 du Programme triennal, il semble qu'il subsiste près de 3 000 ha de populations imaginales groupées dont les deux-tiers dans le sud de l'Aire d’invasion Centre. Ces populations sont d'aspect grégaire (transiens et grégaires) mais les groupes sont de petite taille et il leur reste plus de deux mois d'hiver austral à affronter ; dans l'Aire grégarigène, les densités des populations diffuses (solitaires et transiens degregans) sont ordinairement faibles à moyennes en cette fin de juillet 2016 : on peut donc admettre qu'une situation de quasi-rémission est acquise et qu'un retour à une lutte préventive performante devient possible et doit être conduite avec détermination dès la fin du mois de septembre 2016.