Réponse à l'invasion acridienne à Madagascar: Programme de la campagne No.2 (2014/15) - Version actualisée janvier 2015

Réponse à l'invasion acridienne à Madagascar: Programme de la campagne No.2 (2014/15) - Version actualisée janvier 2015
Jan 2015

Madagascar est exposé aux catastrophes naturelles, notamment la sécheresse, les inondations, les cyclones et les crises acridiennes. L'invasion acridienne, qui a démarré en avril 2012 suite à deux années d’une recrudescence non enrayée faute de moyens suffisants, est survenue dans un contexte où l'insécurité alimentaire et le taux de malnutrition étaient déjà élevés.

Compte tenu de l'ampleur de l’invasion, il était estimé que la sécurité alimentaire de 13 millions de personnes (60 pour cent de la population) pouvait être affectée en l’absence d’interventions antiacridiennes massives. Pour faire face à cette situation catastrophique, le Ministère de l’agriculture et du développement rural et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont préparé un Programme triennal (2013-2016) de réponse à l’invasion acridienne en décembre 2012.

Considérant l’importance et l’étendue géographique des superficies contaminées et infestées, il a été estimé qu’au moins trois campagnes successives de lutte antiacridienne étaient nécessaires pour revenir à une situation de rémission, comme suit :

  • Campagne antiacridienne n˚ 1: lutte contre l’invasion, de septembre 2013 à août 2014).
  • Campagne antiacridienne n˚ 2: mesures d’accompagnement du déclin escompté, de septembre 2014 à août 2015.
  • Campagne antiacridienne n˚ 3: vers la rémission acridienne et renforcement des capacités du Centre national antiacridien, de septembre 2015 à juin 2016.

Le Programme triennal, dont l’objectif est de contribuer à la préservation de la sécurité alimentaire des populations rurales les plus vulnérables de Madagascar, repose sur cinq composantes :

  1. Renforcement des capacités nationales de suivi et d'analyse des situations acridiennes.
  2. Renforcement des capacités nationales de lutte antiacridienne.
  3. Préservation de la santé humaine et protection de l’environnement.
  4. Mise en oeuvre et coordination du Programme.
  5. Évaluation de l’efficacité des campagnes antiacridiennes et de l'impact de la crise acridienne sur les cultures et les pâturages.

En décembre 2012, le budget du Programme triennal avait été estimé à 41,5 millions d’USD. Ce budget était appelé à être révisé annuellement en fonction de l’évolution de la situation acridienne, des besoins de chaque campagne antiacridienne et du coût exact des intrants. Ajusté une première fois au début de Programme, en septembre 2013, le budget estimatif avait été revu à la hausse en juin 2014, soit à 42,9 millions d’USD. Le budget total du Programme triennal a ensuite été mis à jour en décembre 2014 en tenant compte du coût réel de la première Campagne et du coût prévisionnel de la deuxième. Il s’élève désormais à 39,39 millions d’USD, incluant le budget (coût réel) de 20,21 millions d’USD pour la première Campagne (2013/2014) et un budget (coût prévisionnel) de 15,28 millions d’USD pour la deuxième (2014/2015).

L’ensemble des fonds requis pour la première Campagne antiacridienne ont été réunis et ont permis de la mettre en oeuvre avec succès : avec plus de 30 millions d’hectares prospectés et des populations acridiennes maîtrisées sur plus de 1,2 million d’hectares dans le respect de la santé humaine et de l’environnement et sans que les bassins rizicoles aient subi de dégâts majeurs, l’objectif spécifique de la Campagne, qui visait à enrayer les moteurs de l’invasion tout en protégeant, les cultures et les pâturages, a été atteint.

Il est essentiel que tous les fonds requis pour la deuxième Campagne et, au-delà, pour l’ensemble du Programme soient réunis afin de ne pas perdre le bénéfice des efforts déjà consentis et revenir effectivement à une situation de rémission acridienne en 2016. Il est également crucial que tous les fonds nécessaires soient disponibles à temps pour que la mise en oeuvre des campagnes antiacridiennes ne soit pas retardée. Si les deuxième et troisième campagnes de lutte ne pouvaient être menées dans leur intégralité et en temps opportun, le retour à une situation de rémission ne pourrait être garanti en 2016 ; une situation de recrudescence chronique risquerait alors de s’installer (comme cela a été le cas de 2010 à 2012), évoluant, à plus ou moins brève échéance, en une nouvelle invasion.

Le présent document s’inscrit parfaitement dans la stratégie définie par le Programme triennal, la respecte point par point et en découle directement ; de plus et comme il se doit, il intègre les indispensables ajustements tactiques pour tenir compte des résultats et avancées obtenus au cours de la première campagne ainsi que des recommandations faites durant celles-ci et des
leçons apprises. Il s’attache à décrire la deuxième Campagne antiacridienne qui doit être menée en 2014/2015 et dont l’objectif spécifique est d’accompagner le déclin de l’invasion grâce à des opérations de lutte aérienne de grande envergure dans l’ensemble des zones infestées. Sont notamment décrits les résultats attendus, les indicateurs et les activités, par composante du Programme. Les modalités de gestion par la FAO en étroite collaboration avec le Ministère de l’agriculture et du développement rural, l’appui technique et opérationnel pour la mise en oeuvre du Programme, les intrants nécessaires ainsi que le système de suivi et évaluation et la nature et la périodicité des rapports sont également présentés.