Avis sur les résultats préliminaires de la campagne agricole 2014-2015 au Sahel et en Afrique de l’Ouest

Avis sur les résultats préliminaires de la campagne agricole 2014-2015 au Sahel et en Afrique de l’Ouest
Nov 2014

La campagne agricole 2014-2015 a été caractérisée par une installation tardive. Malgré une meilleure répartition spatio-temporelle de la pluviométrie en août et Septembre, des déficits prononcés ont persisté dans la partie Ouest du Sahel (Cap vert, Mauritanie, Sénégal, Gambie et Guinée Bissau) et par endroits au Mali, au Niger et au Tchad. Dans ces zones, de nombreux cas de ressemis ont été signalés, et des cas d’abandons de parcelles notamment en Gambie et Guinée Bissau. Sur le plan hydrologique, les écoulements, faibles en mai et juin, se sont normalisés en juillet, août et septembre à l’image de la pluviométrie.

Cependant, les niveaux des crues sont inférieurs à la moyenne dans les zones rizicoles de submersion sur les fleuves Niger et Sénégal. Ce qui pourrait avoir des incidences sur les cultures de saison sèche. La situation phytosanitaire est globalement calme. Cependant, les oiseaux granivores ont causé des dégâts importants sur les céréales dans les provinces de Soum et de Sourou au Burkina Faso.

Concernant la situation pastorale, après une soudure prolongée, le rétablissement des pluies en juillet a permis une amélioration des pâturages et des niveaux de remplissage des points d’eau en fin de saison des pluies. Toutefois, une transhumance précoce a été signalée en Mauritanie, au Sénégal, au Bénin et au Tchad. En perspective, l’insécurité dans le Nord Mali, le Nord Est du Nigeria et la République Centrafricaine risque de perturber les circuits habituels de transhumance.

Concernant la production agricole régionale, les chiffres prévisionnels n’incluent pas le Mali et le Niger. La production céréalière prévisionnelle totale est estimée à 48 510 000 tonnes. Elle est en hausse de 4% par rapport à celle de l’année dernière et de 8% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Ce niveau de production cache, néanmoins, des disparités d’un pays à l’autre. Des baisses importantes de plus de 32 % sont enregistrées dans les pays du Sahel Ouest, et des hausses de plus de 9% dans les pays côtiers. Comparées à la moyenne des cinq dernières années, les productions de riz (14 809 000 tonnes), et de maïs (18 094 000 tonnes) ont connu respectivement des hausses de 25% et 12%. Par contre, la production de mil (3 891 806 tonnes) connait une baisse de 29%. Les productions d’arachide (5 818 620 tonnes), de manioc (84 086 000 tonnes), d’igname (63 463 000 tonnes) et de taro (4 840 000 tonnes) connaissent respectivement une hausse de 5%, 7%, 20% et de 92%. La production de niébé (3 652 584 tonnes) demeure stable (-1%).