Réponse à l'invasion acridienne à Madagascar: Rapport final de la campagne No.1 (septembre 2013 - août 2014)

Réponse à l'invasion acridienne à Madagascar: Rapport final de la campagne No.1 (septembre 2013 - août 2014)
Jan 2015

L’invasion acridienne du Criquet migrateur malgache a commencé en avril 2012 à Madagascar dans un contexte où l’insécurité alimentaire et le taux de malnutrition étaient déjà élevés. Compte tenu de l'ampleur de cette invasion, il était estimé que la sécurité alimentaire de 13 millions de personnes (60 pour cent de la population) pouvait être affectée en l’absence d’interventions antiacridiennes massives. Pour faire face à cette situation catastrophique, le Ministère de l’agriculture et du développement rural et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont préparé un Programme triennal (2013–2016) de réponse à l’invasion acridienne en décembre 2012.

La réponse des bailleurs a été rapide et positive. Tous les fonds requis pour la première Campagne antiacridienne (2013/14) ont été réunis et ont permis à la FAO de la conduire avec succès. L’objectif spécifique de la Campagne, qui visait à enrayer les moteurs de l’invasion tout en protégeant les cultures et les pâturages, a été atteint – suite aux prospections réalisées sur plus de 30 millions d’hectares, les populations acridiennes ont été maîtrisées sur plus de 1,2 million d’hectares dans le respect de la santé humaine et de l’environnement, sans incident signalé sur la santé humaine et l’environnement et sans que les bassins rizicoles subissent de dégâts majeurs.

Ces résultats ont été obtenus grâce à la mise en oeuvre d’opérations aériennes de prospection et de lutte de grande envergure dans l’ensemble des zones infestées à partir de trois bases aériennes dont la localisation a changé en fonction de l’évolution de la situation acridienne. Au total, durant la première Campagne, 1 025 heures de vol de prospection et 1 017 heures de lutte ont été effectuées par les trois hélicoptères et l’avion de traitement venu renforcer le dispositif de lutte aérienne pour une période de trois mois.

La stratégie adoptée pour lutter contre l’invasion acridienne comprend : l’utilisation de pesticides chimiques conventionnels pour les traitements en couverture totale contre les ailés et les larves âgées ; d’inhibiteurs de croissance pour les traitements en barrières permettant de protéger rapidement de vastes surfaces contaminées par des taches et des bandes larvaires ; et des biopesticides pour traiter à proximité ou dans les zones écologiquement sensibles. Au total, durant la Campagne, plus de 600 000 litres de pesticides et 83 kg de biopesticides ont été utilisés permettant le traitement des deux-tiers des superficies selon la technique des traitements en barrières avec des inhibiteurs de croissance.

La Campagne 2013/14 a aussi considérablement contribué au renforcement des capacités nationales à travers les formations spécifiques prévues et dispensées dans différents domaines techniques, complétées par des formations pratiques in situ réalisées en continu par les différents experts présents sur le terrain.

Pour ne pas compromettre les résultats obtenus au cours de la première Campagne, il est essentiel d’accompagner le déclin de l’invasion acridienne lors de la Campagne 2014/15 puis de revenir, en 2016, à une situation de rémission (objectif du Programme triennal) mettant ainsi fin à un cycle de crises acridiennes et permettant d’éviter l’aggravation d’une insécurité alimentaire déjà prononcée.