Madagascar - Bulletin de situation acridienne D10 - avril 2015

Madagascar - Bulletin de situation acridienne D10 - avril 2015
Jun 2015

Diagnostic

Durant la 1ère décade d’avril 2015, la pluviosité diminuait dans la majeure partie de la Grande-Île, surtout dans les parties occidentale et méridionale. Cependant, les conditions hydriques restaient globalement favorables au développement du Criquet migrateur malgache, principalement dans les biotopes mésophiles et à la périphérie des bas-fonds en raison de l’importante pluviosité enregistrée au cours de décades antérieures.

Dans l’Aire d’invasion, beaucoup de biotopes semblaient être acceptables au développement du Criquet migrateur malgache.

Sur le plan acridien, durant cette décade :

  • les effectifs des populations larvaires groupées associées à des ailés mous en vol d’entraînement de la R2 du Criquet migrateur malgache restaient important (ATM-C, AD-N et AD-C) ;
  • les groupes d’ailés matures en dispersion reproductive (R2) demeuraient nombreux tant dans l’Aire grégarigène (AGT-C, AMI-N et ATM-N) que dans l’Aire d’invasion (AIC-MS et AIC-MO) ;
  • les populations larvaires groupées (le plus souvent de la R3), sous forme de taches ou bandes, devenaient abondantes dans les secteurs Nord de l’Aire grégarigène (près de 27 000 ha ont été déclarés comme infestés) ;
  • 37 248 ha (AG) de populations groupées n'ont pas pu être traités et ces populations se sont dispersées, ce qui est de très mauvais augure pour la suite de la campagne.

Dans l’Aire grégarigène, les compartiments Centre et Nord restaient moyennement infestés par des populations groupées de la R2 et de la R3 du Criquet migrateur malgache. Dans le compartiment Centre et, pour une moindre part, Nord, des populations groupées de larves de stade avancé de la R2, sous forme de taches et bandes, ont été observées. En général, l’émergence se poursuivait, induisant l’augmentation d’ailés mous en vol d’entraînement. Dans le compartiment Nord (AMI-N et ATM-N), une concentration des populations larvaires de la R3, sous forme de taches et bandes de taille atteignant jusqu’à 1,5 ha, a été constatée.

Les populations diffuses, transiens degregans à solitaires, étaient composées d’ailés mous à vieux et de larves de stade avancé. D’une manière générale, les densités signalées restaient moyennes à fortes. Dans l’Aire grégarigène, une superficie de 37 248 ha infestée par des populations groupées de la R2 ne sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées.

Dans l’Aire grégarigène, 51 886 ha étaient infestés et venaient s’ajouter aux 14 776 ha identifiés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 34 143 ha a été traitée. Les populations des 32 519 ha restants devront être relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre (dans la plaine du Betsiriry et le Bongolava) était faiblement infesté par des populations imaginales de la R2 et larvaires de la R3. Les ailés étaient matures en phase grégaire et formaient des vols clairs en dispersion reproductive dans la plaine de Betsiriry et le Bongolava. Les larves, de stade L1 en phase grégaire, se présentaient sous forme de taches et bandes larvaires de taille petite à moyenne.

Durant cette 1ère décade d’avril 2015, 1 985 ha ont été identifiés comme infestés et venaient s’ajouter aux 662 ha repérés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 971 ha a été traitée. Les populations des 1 676 ha restants seront relocalisées et éventuellement traitées au cours de la prochaine décade. Pour rappel, le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, des vols clairs et des essaims de la R2, plus difficiles à éliminer, continueront à se former car diverses populations groupées de larves de stade avancé n’ont pas été traitées à temps et tous les sites de développement des populations larvaires groupées n’ont pas été forcément détectés. Compte tenu des conditions éco-météorologiques favorables, les populations imaginales groupées qui vont se former atteindront rapidement leur maturité sexuelle, induisant une augmentation des effectifs des ailés en mesure de se reproduire. Les populations larvaires groupées de la R3 risquent de se multiplier. Cela impose une très grande vigilance et une réactivité renforcée, en particulier dans l’Aire de multiplication initiale et l’Aire transitoire de multiplication.

Dans l’Aire d’invasion, les populations larvaires de la R3 détectées devront être éliminées dans les plus brefs délais par des applications en barrières. Par ailleurs, les prospections devront être renforcées car il est fort probable que des populations imaginales matures de la R2 continueront leur reproduction sans avoir été détectées et que des sites de développement larvaire de la R3 restent non localisés, en particulier dans le Bongolava et la plaine du Betsiriry.