Madagascar - Bulletin de situation acridienne D11 - avril 2015

Madagascar - Bulletin de situation acridienne D11 - avril 2015
Jun 2015

Diagnostic

Durant la 2ème décade d’avril 2015, la pluviosité diminuait par rapport à la décade précédente. Dans l’Aire grégarigène, les compartiments Nord et Centre restaient globalement favorables au développement du Criquet migrateur malgache. Dans le compartiment Sud, seuls les biotopes xérophiles n’offraient plus de conditions favorables au développement du Criquet migrateur malgache.

Dans l’Aire d’invasion, beaucoup de biotopes semblaient être acceptables au développement du Criquet migrateur malgache.
Sur le plan acridien, cette décade était caractérisée par :

  • la présence d’importantes populations larvaires groupées de la R2 accompagnées d’ailés mous dans le secteur Centre de l’Aire transitoire de multiplication ;
  • le passage assez fréquent de populations imaginales groupées de la R2 dans le secteur Centre de l’Aire grégarigène transitoire ;
  • le début de l’émergence des populations groupées de la R3, induisant la présence d’ailés mous au sein des taches et bandes larvaires dans le secteur Nord de l’Aire de multiplication initiale et de l’Aire transitoire de multiplication.

Dans l’Aire grégarigène, les compartiments Nord et Centre restaient moyennement infestés par des populations groupées des R2 et R3 du Criquet migrateur malgache. En populations groupées, les populations de la R2 étaient composées d’ailés grégaires en dispersion reproductive et localisées généralement dans le secteur Centre de l’Aire grégarigène transitoire. Sauf pour certaines populations larvaires groupées de la R2 observées dans le secteur Centre de l’Aire transitoire de multiplication, les émergences ont semble-t'il eu lieu alors que le développement larvaire de la R3 se poursuivait dans les secteurs Nord de l’Aire de multiplication initiale et de l’Aire transitoire de multiplication de la Grande Île. Ces populations de la R3 étaient constituées de taches et bandes de larves transiens congregans essentiellement de stade avancé. Dans certaines localités, les émergences commençaient, entraînant l’apparition d’ailés mous en vol d’entraînement.

Les populations diffuses étaient très hétérogènes sur les plans tant phasaire que phénologique. Dans les compartiments Nord et Centre de l’Aire grégarigène (AGT-C, AMI-N, ATM-N, ATM-C et AD-C), les densités restaient moyennes à fortes (100 à 20 000 individus/ha).

Dans l’Aire grégarigène, une superficie de 2 115 ha, identifiée comme infestée par des populations groupées de la R2 au cours de la 3ème décade de mars 2015 et de la 1ère décade d’avril, ne sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées.

Une superficie de 27 970 ha était infestée et venait s’ajouter aux 30 404 ha identifiés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 21 035 ha a été traitée. Les populations des 37 339 ha restants devront être relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade. Dans l’Aire d’invasion, aucune signalisation de populations imaginales groupées ou diffuses n’a été reçue. Par contre, le compartiment Centre était faiblement infesté par des populations larvaires de la R3. Ces larves, d’aspect grégaire et de stade L1 à L3, formaient des taches de taille relativement petite dans la plaine du Betsiriry et le Bongolava.

Durant cette 2ème décade d’avril 2015, 125 ha ont été déclarés comme infestés et venaient s’ajouter aux 1 676 ha repérés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 216 ha a été traitée. Les populations des 1 585 ha restants seront relocalisées et éventuellement traitées au cours de la prochaine décade. Pour rappel, le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, compte tenu des conditions éco-météorologiques favorables au développement du Criquet migrateur malgache, des vols clairs constitués des dernières cohortes de la R2 continueront à se former car tous les sites de développement larvaire n’ont pas forcément été repérés et que certaines populations larvaires de la R2 détectées n’ont pas été traitées à temps. Par ailleurs, vu la présence de populations imaginales groupées de la R2 en accouplement et ponte, les populations larvaires de la R3 vont augmenter. Il faut souligner aussi que, si les traitements contre les taches et bandes larvaires de la R3 ne sont pas réalisés à temps, les vols clairs et essaims de la R2 en place vont être renforcés par ceux de la R3, formés des premières cohortes. Il convient donc de renforcer la surveillance et la vigilance, particulièrement dans les secteurs Nord de l’Aire de multiplication initiale et de l’Aire transitoire de multiplication ainsi que dans le secteur Centre de l’Aire grégarigène transitoire.

Dans l’Aire d’invasion, les populations larvaires de la R3 détectées devront être éliminées dans les plus brefs délais par des applications en barrières et les prospections devront être renforcées afin de localiser d’éventuels autres sites de développement larvaire. En parallèle, le passage d’essaims ou de vols clairs devra être surveillé car il est possible qu’avec la diminution progressive de la pluviosité et le dessèchement du tapis végétal, de telles populations imaginales groupées arrivent en provenance l’Aire grégarigène, surtout dans les secteurs Moyen-Sud et Moyen-Ouest de l’Aire d’invasion Centre.