Madagascar - Bulletin de situation acridienne D13 - mai 2015

Madagascar - Bulletin de situation acridienne D13 - mai 2015
Jul 2015

Diagnostic

Durant la 1ère décade de mai 2015, la pluviosité diminuait dans la majeure partie de la Grande-Île. Dans l’Aire grégarigène, en particulier dans le compartiment Sud, la pluviosité devenait déficitaire à nulle par rapport aux besoins du Criquet migrateur malgache induisant, sous l’effet des vents de secteur sud, un déplacement des ailés en mesure de voler vers les Hautes-Terres de l’Aire grégarigène (AMI) et vers l’Aire d’invasion. Dans l'Aire d'invasion, la plupart des biotopes restaient acceptables pour le développement du Criquet migrateur malgache.

Les températures, quant à elles, continuaient à diminuer, en particulier sur les Hautes-Terres. Cette diminution contribuait à ralentir le développement des populations acridiennes. Sur le plan acridien, cette décade a été caractérisée par :

  • le passage assez fréquent d’essaims et de vols clairs d’ailés matures dans les secteurs Centre de l’Aire grégarigène transitoire ainsi que Moyen-Sud et Moyen-Ouest de l’Aire d’invasion Centre ;
  • une forte concentration de populations larvaires de la R3 du Criquet migrateur malgache dans les secteurs Nord et Centre de l’Aire grégarigène (AGT-C, AMI-N et ATM-N) ainsi que Moyen-Sud et Moyen- Ouest de l’Aire d’invasion Centre ; environ 51 760 ha étaient concernés ;
  • le déplacement de populations groupées occupant précédemment 14 740 ha et qui n'ont pu être ni retrouvées ni traitées.

Dans l’Aire grégarigène, les compartiments Centre et Nord restaient moyennement infestés par des populations groupées des R2 et R3 du Criquet migrateur malgache. En populations groupées, les populations de la R2, composées d’ailés grégaires immatures à vieux (dominance d’ailés matures en dispersion reproductive), formaient des essaims et vols clairs dans le secteur Centre de l’Aire grégarigène transitoire. Celles de la R3 formaient des taches et bandes de larves transiens congregans à grégaires, d’une taille atteignant jusqu’à 1,5 ha. Dans les secteurs Nord de l’Aire de multiplication initiale et de l’Aire transitoire de multiplication de la Grande Île, les émergences se poursuivaient si bien que des groupes d’ailés mous en vol d’entraînement commençaient à se former. Les populations diffuses demeuraient hétérogènes sur les plans phasaire et phénologique. Les densités étaient moyennes à très fortes, surtout dans l’Aire grégarigène transitoire et l’Aire de multiplication initiale.

Dans l’Aire grégarigène, une superficie de 14 740 ha infestée par des populations groupées ne sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées.

Dans l’Aire grégarigène, 24 682 ha étaient infestés et venaient s’ajouter aux 9 309 ha identifiés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 4 172 ha a été traitée. Les populations des 29 819 ha restants devront être relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre était moyennement infesté par des populations des R2 et R3 du Criquet migrateur malgache. Dans la plaine du Betsiriry et le Bongolava, des essaims et vols clairs d’ailés grégaires immatures à vieux, d’une taille comprise entre 50 et 300 ha, ont été identifiés. À ces ailés s’ajoutaient des taches et bandes larvaires de la R3, d’une taille pouvant atteindre jusqu’à 5 ha. Durant cette 1ère décade de mai 2015, 29 752 ha ont été identifiés comme infestés et venaient s’ajouter aux 4 718 ha repérés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 19 540 ha a été traitée. Les populations des 14 930 ha restants seront relocalisées et éventuellement traitées au cours de la prochaine décade. Pour rappel, le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, vu la présence de populations imaginales groupées de la R2 en accouplement et ponte dans l’Aire grégarigène transitoire Centre, des éclosions vont avoir lieu à partir de la prochaine décade. Les populations larvaires, transiens congregans à grégaires, risquent d’augmenter mais, suite à la baisse des températures, la vitesse de développement va diminuer. Par ailleurs, des populations larvaires groupées formées par les premières cohortes de la R3 n’ayant pas été traitées, il faut donc s’attendre à voir d’autres vols clairs ou essaims apparaître. La prochaine décade devra se concentrer sur l’élimination des populations imaginales et larvaires groupées identifiées et la poursuite des prospections visant à détecter les autres foyers de développement larvaire et les éventuelles populations imaginales groupées en déambulation.

Dans l’Aire d’invasion, les populations larvaires observées devront être éliminées dans les plus brefs délais par des applications en barrières. En outre, il est fort probable que d’autres foyers de pullulation larvaire n’aient pas été identifiés et que d’autres essaims ou vols clairs continuent à se déplacer. La vigilance devra donc être maintenue, plus particulièrement dans le Bongolava et la plaine du Betsiriry.