Madagascar - Bulletin de situation acridienne D15 - mai 2015

Madagascar - Bulletin de situation acridienne D15 - mai 2015
Jul 2015

Diagnostic

Durant la 3ème décade de mai, la totalité de la Grande-Île était sèche. Le dessèchement des tapis végétaux se poursuivait, surtout dans les biotopes xérophiles et mésophiles, où le point de flétrissement permanent était atteint. Dans l’Aire grégarigène, les populations imaginales diffuses continuaient à coloniser les biotopes méso-hygrophiles et hygrophiles (bas-fonds). Sous l’effet des vents dominants de secteur ouest à sud-ouest, les essaims et vols clairs se déplaçaient vers le nord et l'est et augmentaient ainsi le nombre d’essaims et de vols clairs observés dans l’Aire d’invasion, où il semble que les surfaces offrant des conditions acceptables pour le Criquet migrateur malgache restaient importantes.

En ce qui concerne les conditions thermiques, les températures continuaient à diminuer, entraînant un ralentissement du développement des acridiens.

Dans l’Aire grégarigène, les Hautes-terres des compartiments Centre et Nord restaient moyennement infestées par des populations groupées du Criquet migrateur malgache. Il semble que le développement larvaire de la R3 touche à sa fin ; par contre, les passages d’essaims devenaient très fréquents, plus particulièrement dans les secteurs Ouest et Centre de l’Aire grégarigène transitoire ainsi que dans le secteur Nord de l’Aire de multiplication initiale et de l’Aire transitoire de multiplication. Ces essaims de jeunes ailés grégaires étaient de taille petite à moyenne. Le plus souvent, ils prenaient la direction du nord-est. À ces essaims s’ajoutaient des vols clairs issus de concentration de populations imaginales diffuses dans des biotopes hygrophiles offrant encore des conditions acceptables pour leur développement. Ces vols clairs, composés d’ailés transiens degregans au comportement transitigeste, phénologiquement hétérogènes, ont été détectés dans des bas-fonds de l’Aire de multiplication initiale.

Des populations diffuses, transiens degregans à solitaires, ont également été observées dans les compartiments Centre et Nord. Les densités étaient moyennes à fortes (40 à 10 000 ailés/ha).

Dans l’Aire grégarigène, une superficie de 3 254 ha infestée par des taches larvaires (L5) et des essaims ne sera pas traitée car ces populations se sont déplacées et n’ont pas pu être relocalisées.

Dans l’Aire grégarigène, 10 888 ha étaient infestés et venaient s’ajouter aux 40 249 ha identifiés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 35 075 ha a été traitée. Les populations des 16 062 ha restants (taches et bandes larvaires ainsi que essaims et vols clairs) devront, si possible, être relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade.

Dans l’Aire d’invasion, les secteurs Moyen-Sud, Moyen-Ouest et, pour une moindre part, Ouest de l’Aire d’invasion Centre étaient moyennement infestés par des essaims du Criquet migrateur malgache. Ces essaims, composés de jeunes ailés grégaires, ont été observés dans le Bongolava, la plaine du Betsiriry et dans le sud du Bemaraha. Dans le Bongolava, quelques populations larvaires groupées sous forme de taches de larves de stade avancé et d’aspect grégaire, ont également été repérées.

Durant cette 3ème décade de mai 2015, 1 630 ha ont été identifiés comme infestés et venaient s’ajouter aux 9 006 ha (taches et bandes larvaires ainsi qu'essaims et vols clairs) repérés et non traités lors de la décade précédente. Une superficie de 1 733 ha a été traitée. Les populations des 8 903 ha restants seront éventuellement relocalisées et traitées au cours de la prochaine décade.

Le détail des superficies infestées, traitées et protégées par acrido-région se trouve en annexe 4.

Pronostic

Dans l’Aire grégarigène, les populations groupées détectées devront, si possible, être relocalisées et traitées dans les plus brefs délais. Par ailleurs, vu l’importance des populations groupées de larves grégaires de stade avancé (L5) qui n’ont pas pu être traitées au niveau des compartiments Centre et Nord, des essaims, similaires à ceux qui ont déjà été localisés, pourraient encore se former. La vigilance doit donc être maintenue pour empêcher que des essaims ou vols clairs échappent aux traitements et se déplacent vers le nord. En parallèle, pour éviter tout éventuel phénomène de regrégarisation, les populations diffuses de forte densité et les vols clairs en cours de formation au niveau des bas-fonds devront être détectés et éliminés.

Dans l’Aire d’invasion, le compartiment Centre, et plus particulièrement le plateau du Bongolava et la plaine du Betsiriry, devront être surveillés de près car il est fort probable que le peu de prospections effectuées n’aient pas permis de détecter tous les essaims. En outre, des essaims quittant l’Aire grégarigène à la recherche de conditions moins défavorables risquent de rejoindre l’Aire d’invasion.