Réponse à l'invasion acridienne à Madagascar: Programme de la campagne No.3 (septembre 2015 à juin 2016)

Réponse à l'invasion acridienne à Madagascar: Programme de la campagne No.3 (septembre 2015 à juin 2016)
Nov 2015

Madagascar est exposé aux catastrophes naturelles, notamment la sécheresse, les inondations, les cyclones et les crises acridiennes. L'invasion acridienne, qui a démarré en avril 2012 suite à deux années d’une recrudescence non enrayée faute de moyens suffisants, est survenue dans un contexte où l'insécurité alimentaire et le taux de malnutrition étaient déjà élevés.

Compte tenu de l'ampleur de l’invasion, il était estimé que la sécurité alimentaire de 13 millions de personnes (60 pour cent de la population) pouvait être affectée en l’absence d’interventions antiacridiennes massives. Pour faire face à cette situation catastrophique, le Ministère de l’agriculture et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont préparé un Programme triennal (2013‒2016) de réponse à l’invasion acridienne en décembre 2012.

Considérant l’importance et l’étendue géographique des superficies contaminées et infestées, il a été estimé qu’au moins trois campagnes successives de lutte antiacridienne étaient nécessaires pour revenir à une situation de rémission, comme suit:

  • Campagne antiacridienne n˚ 1: lutte contre l’invasion, de septembre 2013 à août 2014.
  • Campagne antiacridienne n˚ 2: mesures d’accompagnement du déclin escompté, de septembre 2014 à août 2015.
  • Campagne antiacridienne n˚ 3: vers la rémission acridienne et renforcement des capacités du Centre national antiacridien, de septembre 2015 à juin 2016.

Le Programme triennal, dont l’objectif est de contribuer à la préservation de la sécurité alimentaire des populations rurales les plus vulnérables de Madagascar, repose sur cinq composantes:

  1. Renforcement des capacités nationales de suivi et d'analyse des situations acridiennes.
  2. Renforcement des capacités nationales de lutte antiacridienne.
  3. Préservation de la santé humaine et protection de l’environnement.
  4. Mise en œuvre et coordination du Programme.
  5. Évaluation de l’efficacité des campagnes antiacridiennes et de l'impact de la crise acridienne sur les cultures et les pâturages.

En décembre 2012, le budget du Programme triennal avait été estimé à 41,5 millions d’USD. Ce budget était appelé à être révisé annuellement en fonction de l’évolution de la situation acridienne, des besoins de chaque campagne antiacridienne et du coût exact des intrants. Déjà ajusté en début de première campagne, en septembre 2013, puis en juin et en décembre 2014 (en tenant compte du coût estimé puis réel de la première campagne et du coût prévisionnel de la deuxième), le budget a été mis à jour en juin 2015, sur la base du coût estimé de la deuxième campagne et du coût prévisionnel de la troisième. En juin 2015, ce budget estimatif s’élevait à un total de 37 millions d’USD  pour l’ensemble du Programme.

L’ensemble des fonds requis pour les première et deuxième campagnes antiacridiennes a été réuni (malgré quelques difficultés, lors de la deuxième campagne, pour avoir les fonds requis à temps) et ont permis de les mettre en œuvre avec succès. Les opérations de prospection et de lutte, principalement aériennes, menées de septembre 2013 à août 2015 (arrêt des opérations de la Campagne 2 au 15 août) ont permis de maîtriser les populations acridiennes sur plus de 1,8 million d’hectares (1,2 million d’hectares pendant la campagne 2013/14 et 640 000 hectares  pendant la campagne 2014/15) dans le respect de la santé humaine et de l’environnement. Grâce à la mise en œuvre de ces opérations, les objectifs spécifiques des première et deuxième campagnes antiacridiennes, à savoir la lutte contre l’invasion acridienne puis l’accompagnement du déclin escompté de cette invasion, ont été atteints et les cultures et les pâturages ont été protégés, contribuant ainsi à préserver la sécurité alimentaire des populations rurales vivant à Madagascar, objectif du Programme triennal.

Dès avant le lancement du Programme triennal de réponse à l’invasion acridienne, il a été souligné à quel point il était essentiel de réunir à temps tous les fonds requis afin, d’une part, de revenir effectivement à une situation de rémission acridienne en 2016 et, d’autre part, de ne pas retarder la mise en œuvre de chacune des trois campagnes antiacridiennes ni de perdre, d’une campagne à l’autre, le bénéfice des efforts déjà consentis. Si la troisième campagne antiacridienne ne pouvait être menée dans son intégralité et en temps opportun, le retour à une situation de rémission ne pourrait être garanti en juin 2016; une situation de recrudescence chronique risquerait alors de s’installer (comme cela fut le cas de 2010 à 2012), évoluant, à plus ou moins brève échéance, en une nouvelle invasion.

Le présent document s’inscrit dans la stratégie définie par le Programme triennal, la respecte point par point et en découle directement; de plus et comme il se doit, il intègre les indispensables ajustements tactiques pour tenir compte des résultats et avancées obtenus au cours de la deuxième campagne ainsi que des recommandations faites durant les deux précédentes campagnes et des leçons apprises. Il s’attache à décrire la troisième campagne antiacridienne qui doit être menée en 2015/16 et dont l’objectif spécifique est le retour à une situation de rémission acridienne grâce à des opérations de lutte aérienne dans l’ensemble des zones infestées, mais de moindre envergure qu’au cours des deux campagnes précédentes. Sont notamment décrits les résultats attendus, les indicateurs et les activités, par composante du Programme triennal. Les modalités de gestion par la FAO en étroite collaboration avec le Ministère de l’agriculture, l’appui technique et opérationnel pour la mise en œuvre du Programme, les intrants nécessaires ainsi que le système de suivi et évaluation et la nature et la périodicité des rapports sont également présentés.