Mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire à Madagascar, 27 octobre 2015

Mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire à Madagascar, 27 octobre 2015
Jan 2016

Faits Saillants:

  • La production rizicole nationale est estimée à environ 3,7 millions de tonnes (équivalent paddy) en 2015, soit une baisse de 6 pour cent par rapport à l'année précédente. Les estimations pour le maïs et le manioc sont respectivement évaluées à environ 330 000 tonnes et 2,7 millions de tonnes, soit des baisses d'environ 10 pour cent par rapport à 2014 pour ces deux cultures.
  • Ces chutes de production tiennent essentiellement à l’abondance des précipitations et aux cyclones qui se sont abattus sur Madagascar entre janvier et février 2015, causant des dégâts considérables: destruction des cultures et des ouvrages hydroagricoles, et ensablement des terres arables.
  • Dans la majorité des régions, ces phénomènes ont été précédés et suivis par un déficit de précipitations, qui a nui au développement des cultures, et limité la pratique des cultures de contre-saison.
  • Les dégâts causés par les criquets sur les cultures et les pâturages en 2015 sont négligeables à l'échelle nationale, l'invasion étant largement contenue grâce au Programme triennal (2013-2016) de réponse à l’invasion acridienne, dont la troisième année devra être réalisée dans son intégralité pour assurer un retour à une situation de rémission du fléau en 2016.
  • Les besoins d'importations de céréales pour l’année commerciale 2015/16 (avril/mars) sont estimés à 551 000 tonnes, contre 437 000 tonnes estimées l’année dernière, y compris 331 000 tonnes de riz usiné, 75 000 tonnes de maïs et 145 000 tonnes de blé.
  • La période de soudure 2015/16 est particulièrement précoce, notamment dans les régions du Grand Sud où les denrées de base sont le maïs et le manioc, des cultures dont les productions au niveau régional ont fortement diminué, de 60 à 80 pour cent.
  • Les ménages défavorisés, dont le faible pouvoir d'achat est fortement diminué par l'inflation, adoptent de multiples stratégies de survie, y compris la réduction de la consommation de riz pour atténuer l’impact de la diminution des disponibilités céréalières.
  • La Mission a estimé à près de 1,9 million le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire en 2015, dont environ 1,4 million en insécurité alimentaire modérée et près de 450,000 en insécurité alimentaire sévère.
  • Dans les régions d’Anosy et d’Androy, au sud du pays, on estime que respectivement 90 et 76 pour cent des ménages qui ont répondu à l’enquête souffrent d'insécurité alimentaire. Dans ces régions, la malnutrition sévère concerne respectivement 49 et 32 pour cent de la population. Par conséquent, on estime à 50,000 le nombre de personnes ayant besoin d'une assistance d'urgence en termes de sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi que de moyens de subsistance.