Des productions agricoles et pastorales bonnes à très bonnes attendues pour la campagne 2016-2017

Des productions agricoles et pastorales bonnes à très bonnes attendues pour la campagne 2016-2017
Sep 2016

Les participants à la concertation technique régionale sur les perspectives agricoles et alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest, tenue du 19 au 21 septembre 2016 à Lomé au Togo, tirent les conclusions suivantes :

1. Dans le cadre des préparatifs de la campagne agro-pastorale, les Etats et leurs partenaires ont soutenu les producteurs, par des appuis en intrants (semences, engrais, pesticides) et de matériels agricoles, même si ces efforts n’ont pas couverts tous les besoins exprimés.

2. Sur le plan pluviométrique, l’installation des pluies a été précoce dans le Centre et l’Est du Sahel notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Par contre, elle a été tardive à l’Ouest du Sahel (Sénégal, Gambie Cap Vert et Guinée Bissau). Dans l’ensemble, à partir du mois de juillet, les pluies ont été abondantes et bien réparties dans le temps et dans l’espace sauf dans une partie de la zone agropastorale du Niger et du Tchad. Au niveau des pays du Golfe de Guinée, des déficits pluviométriques légers ont été relevés particulièrement en aout, dans la partie littorale allant de la Sierra Léone et au Nigeria. En début septembre, les cumuls saisonniers ont été partout normaux à excédentaires, exceptés par endroits sur le littoral au Liberia, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo et au Nigeria où des déficits légers ont été observés. L’abondance des pluies a causé dans certains pays, des inondations entraînant des dégâts sur les cultures, les infrastructures et des pertes en vies humaines et de bétail notamment au Bénin, au Burkina, au Mali, au Niger, au Nigeria et en Gambie.

3. Concernant la situation hydrologique, à l’image de la pluviométrie, les écoulements, volumes et débits des cours d’eau sont importants cette année et proches, voire supérieurs à ceux des années humides. Le niveau de remplissage des ouvrages et barrages hydro-agricoles est également satisfaisant et favorable aux cultures de contre saison. Toutefois, la forte crue du fleuve Niger a occasionné des pertes de superficies pour les cultures du riz de submersion au Mali.

4. S’agissant de la situation des cultures, les semis ont été précoces dans le Centre et l’Est du Sahel, normaux dans les pays côtiers et tardifs dans l’Ouest du Sahel. Du fait d’un bon approvisionnement en eau des sols à partir du mois de juillet, le niveau de croissance et de développement végétatif des cultures est satisfaisant. Cette situation, combinée à la possible poursuite des pluies jusqu’en octobre, augure des rendements moyens à supérieurs pour les cultures.

5. Quant à la situation phytosanitaire, elle est globalement calme et maîtrisée, sauf au Burkina Faso et au Bénin où des dégâts dus aux infestations de chenilles sur le maïs ont été observés. La situation du criquet pèlerin reste toujours calme dans l’ensemble. Toutefois, la présence d’individus ailés en faibles effectifs est signalée à travers toute l’aire de reproduction estivale du Sahel septentrional d’Afrique de l’Ouest et du Soudan et le long de la frontière indopakistanaise. Cela fait suite à l’amélioration des conditions écologiques dans les zones grégarigènes avec des risques de reproduction à petite échelle notamment dans l’ouest et le nord-ouest de la Mauritanie.

En conséquence de tout ce qui précède, des récoltes bonnes à très bonnes sont attendues cette année dans la région. Ainsi, pour les céréales, les productions pourraient se situer entre 64 et 75 millions de tonnes, soit des hausses comprises entre 0,2% et 28% par rapport à l’année passée et à la moyenne des cinq dernières années. Les productions des racines et tubercules se situeraient entre 151 et 168 millions de tonnes avec des hausses de 3 à 22% comparées à l’année passée et à la moyenne des cinq dernières années.

7. Sur le plan pastoral, la situation est globalement satisfaisante en raison du bon niveau de remplissage des points d’eau, de l’abondance des pâturages et de la maîtrise des épizooties par les services vétérinaires. Toutefois, des poches de faible productivité de biomasse fourragère peuvent être observées par endroits en Mauritanie, au Mali, au Niger et au Tchad.

8. Les marchés ont été globalement bien approvisionnés dans la région grâce au maintien des flux transfrontaliers au cours de la période de soudure 2016 et du bon déroulement de l’hivernage qui a favorisé la mise en marchés des stocks commerçants et paysans. La demande a connu une hausse saisonnière normale. Les prix des céréales locales, des tubercules et des produites de rente sont globalement en hausse par rapport à la moyenne quinquennale. Ces hausses sont plus marquées au Nigeria, au Ghana, en Côte d’Ivoire et sur certains marchés du Benin, du Togo, de la Sierra Léone, du Liberia et du Sénégal. Dans les prochains mois, au regard des bonnes perspectives de récoltes, les prix des produits connaîtront une baisse saisonnière excepté au Nigeria où ils resteront supérieurs à la moyenne quinquennale. Au niveau du bétail, la situation est variable selon les bassins de commercialisation. Les prix sont dans l’ensemble en hausse sauf dans les pays du bassin Est où la dépréciation continue de la monnaie nigériane et la crise autour du bassin du Lac Tchad ont négativement perturbé le fonctionnement des marchés.

9. Sur le plan nutritionnel, la situation demeure préoccupante. Selon l’UNICEF (juillet 2016), 9,4 millions d’enfants de moins de 5 ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë globale dans les pays du Sahel et les onze états du Nord du Nigéria touchés par le conflit, dont 3,5 millions dans sa forme sévère.

10. La situation alimentaire est globalement satisfaisante et a été renforcée par les récoltes précoces à partir du mois d’août dans les pays côtiers et de septembre au Sahel. Toutefois, les conflits dans le Bassin du Lac Tchad et au Nord Mali, constitueraient la principale menace pour la sécurité alimentaire dans la région. Ainsi, au Nord Nigeria près de 5,8 millions de personnes ont besoin d’une assistance alimentaire et humanitaire immédiate dont 4,5 millions de personnes dans les Etats d’Adamawa, Borno et Yobé.