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Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire en République Centrafricaine, 7 avril 2014

Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire en République Centrafricaine, 7 avril 2014
Apr 2014

Faits saillants

  • La République Centrafricaine est en proie à des troubles civils et à une insécurité sans précédent, qui perturbent gravement l’activité économique et ont des effets dévastateurs sur les moyens de subsistance.
  • En 2013, le produit intérieur brut était en baisse de 28,3 pour cent par rapport à 2012, tandis que le secteur agricole accusait une contraction de 36,9 pour cent.
  • Les importations en provenance des pays voisins ont reculé de 25,7 pour cent en 2013 et la circulation des denrées alimentaires produites localement des zones excédentaires aux zones déficitaires a été très limitée.
  • Le départ des entrepreneurs musulmans qui géraient la plupart des activités de commerce et de transport a eu une incidence très négative sur les disponibilités de produits alimentaires. L’activité dans les secteurs du commerce et du transport est actuellement infime par rapport aux niveaux d’avant la crise.
  • Les prix de la plupart des produits agricoles sont actuellement inférieurs aux niveaux d’avant la crise en raison de l’atonie de la demande locale, qui neutralise plus que largement la forte diminution des disponibilités. En revanche, les prix de la viande et du poisson sont bien supérieurs aux niveaux enregistrés début 2013.
  • La période de soudure de 2014 a démarré avec au moins deux mois d’avance, mettant encore plus à mal les mécanismes de survie des groupes vulnérables. On observe de graves difficultés d’accès à la nourriture, avec une bien moindre diversité du régime alimentaire et un apport en protéines animales en très nette baisse. De ce fait, la situation nutritionnelle et sanitaire est très préoccupante et pourrait avoir des conséquences à long terme, en particulier pour les enfants.
  • En ce qui concerne la campagne agricole 2014, qui débute en mars/avril, les perspectives sont sombres en raison du degré d’insécurité et de la pénurie d’intrants agricoles.
  • Une intervention humanitaire d’urgence de niveau 3 a été lancée à l’échelle du système le 11 décembre 2013, avec pour objectif immédiat de sauver des vies et de préserver les moyens de subsistance.
  • Environ 1,25 million de personnes, directement touchées par le conflit, reçoivent une aide alimentaire de huit mois (janvier-août 2014). Toutefois, en mars 2014, un tiers seulement des fonds nécessaires avaient été mobilisés, d’où des paniers alimentaires incomplets et des distributions de demi-rations. Globalement, on estime à 1,6 million les personnes nécessitant une aide alimentaire d’urgence.
  • Le démarrage de la saison des pluies devrait perturber le réseau de transport routier déjà inadapté, ce qui limite les possibilités d’interventions humanitaires. Le pré-positionnement des intrants agricoles et des stocks de vivres devient par ailleurs très difficile.
  • Tout indique que l’intervention humanitaire sera longue et coûteuse et devra couvrir les 18 prochains mois au moins, en particulier si la campagne agricole en cours est infructueuse.
  • Une intervention multisectorielle est nécessaire pour rétablir les moyens de subsistance en créant une demande effective grâce à des liquidités (transferts en espèces) tout en investissant dans le capital humain, en particulier les femmes, afin d’améliorer la production agricole, l’accès au commerce et aux marchés, la nutrition infantile, la santé et l’éducation. La revitalisation de l’épargne et des emprunts communautaires (tontines) par le biais de transferts en espèces, par exemple pour la multiplication de semences de qualité, contribuerait considérablement à reconstruire les économies locales.