Mission conjointe d’évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire au Niger, 4 février 2013

Mission conjointe d’évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire au Niger, 4 février 2013
Feb 2013

La mission conjointe CILSS/FAO/FEWSNET/PAM a visité le Niger du 22 octobre au 9 novembre 2012.

Faits saillants

  • Malgré les inondations survenues en certains endroits entre juillet et septembre, les précipitations ont été adéquates dans l'ensemble et ont permis le déroulement normal du cycle des cultures dans la plupart des départements. Les distributions d’intrants effectuées ont également amélioré les disponibilités auprès des ménages et permis un bon démarrage de la campagne agricole.
  • La production céréalière brute est estimée à plus de 5,1 millions de tonnes (y compris les prévisions de récolte pour les cultures de contre-saison), ce qui représente un accroissement de 42 pour cent par rapport à la campagne 2011, et dépasse la moyenne des 5 dernières années. Sur cette base, le pays disposera en 2012/13 d’un surplus céréalier appréciable qui lui permettra de reconstituer les stocks, épuisés suite à la crise de 2011/12.
  • Hormis quelques cas isolés, les pâturages ont bien récupéré suite à un bon développement phénologique des différentes espèces fourragères, et les points d’eau sont remplis.
  • La bonne production céréalière, combinée aux perspectives favorables de récolte dans les pays voisins, notamment au Nigeria, au Burkina-Faso, au Benin et au Tchad laisse présager une situation satisfaisante du disponible alimentaire pendant la campagne de commercialisation 2012/13.
  • Cette situation globalement favorable survient cependant après nouvelle année de crise alimentaire. En 2011 (comme en 2009), des pluies tardives et des épisodes prolongés de sécheresse ont sérieusement compromis la production agricole et entrainé une forte dégradation des pâturages dans les zones pastorales et agro-pastorales du pays. La production de céréales avait baissé de 31 pour cent par rapport à l’année précédente tandis que la production de biomasse était inférieure de 50 pour cent aux besoins nationaux.
  • La mission conjointe a établi que, comme en 2004/05 et 2009/10, la crise alimentaire de 2011/12 a eu un impact grave sur les populations pastorales, agro-pastorales et celles des zones agricoles à haute intensité de population. Elle s’est traduite à des degrés divers par une chute des revenus, un niveau élevé d’endettement des ménages, et une détérioration de la situation nutritionnelle.
  • La mission estime qu’il est urgent de renforcer le pouvoir d’achat des ménages et leur accès au disponible céréalier national à travers un appui aux activités agricoles de contre-saison et d’autres activités génératrices de revenu. Un soutien doit être apporté à la commercialisation des produits agricoles à travers la reconstitution du stock national de sécurité et des achats humanitaires si possible. Il est également essentiel de continuer l’appui aux centres de récupération nutritionnelle.