Crise du bassin du lac Tchad - Stratégie d’intervention (2017–2019) - Version longue

Crise du bassin du lac Tchad - Stratégie d’intervention (2017–2019) - Version longue
Mar 2017

Les violences liées au groupe armé Boko Haram dans le Nord-Est du Nigéria se sont étendues à certaines régions des pays voisins situés dans le bassin du lac Tchad – à savoir le Cameroun, le Tchad et le Niger – avec des répercussions dévastatrices sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence. Les violences ont déplacé des millions de personnes et ont entravé l’accès aux terres et aux actifs agricoles, provoquant des besoins humanitaires immenses dans une région déjà confrontée à l’insécurité alimentaire, à la pauvreté et à la dégradation environnementale.

Approche stratégique de la FAO

L’approche de la FAO consiste à utiliser la réponse aux besoins immédiats comme point de départ pour la mise en oeuvre d’activités à plus long terme qui contribuent au renforcement de la résilience de la population. Limiter les causes de la crise uniquement au conflit et à l’insécurité serait réducteur par rapport à l’ensemble des problèmes socio-environnementaux et écologiques complexes et inter-reliés qui affectent les moyens d’existence ruraux et urbains dans le bassin du lac Tchad.

La croissance démographique, la rude concurrence autour des ressources naturelles et économiques, le manque d’opportunités de revenus, la marginalisation des groupes vulnérables (rapatriés, jeunes et femmes), les stratégies d’adaptation négatives et les divisions sociales fondées sur les moyens d’existence, les appartenances ethniques ou religieuses, ainsi que les questions de gouvernance, ont été identifiés comme les principaux facteurs sous-jacents de la crise. Assurer un accès durable et équitable aux ressources et aux services ainsi qu’une croissance durable des moyens d’existence sont donc des priorités essentielles. Renforcer la résilience en reliant les interventions d’urgence à un relèvement durable facilitera les efforts immédiats pour lutter contre l’insécurité alimentaire et réduire les stratégies d’adaptation négatives tout en atténuant l’impact des causes profondes du conflit et de l’instabilité dans la région.

Un soutien d’urgence aux moyens d’existence pendant la période de soudure est essentiel pour éviter de perdre la quatrième récolte consécutive. Les interventions d’assistance alimentaire et de soutien aux moyens d’existence devraient être menées en parallèle. Les rapatriés qui retournent dans les zones anciennement contrôlées par Boko Haram doivent bénéficier d’un soutien approprié pour redémarrer les activités agricoles tout en ayant un accès adéquat aux services et à la protection. L’intervention la plus critique est l’approvisionnement en semences et intrants agricoles avant la période des semis (mai – juillet). Il s’agit d’une priorité pour assurer les récoltes des cultures vivrières, qui auront le plus d’impact sur la sécurité alimentaire dans la région. Néanmoins, d’autres activités visant à assurer une production alimentaire rapide dans d’autres secteurs, comme la pêche et l’élevage pendant la période de soudure, sont tout aussi importantes.