ÉconomieL’augmentation récente des prix des denrées alimentaires a renforcé l’idée que le système alimentaire mondial est lié de façon inextricable au prix du pétrole. Il n’existe aucune raison pour laquelle les prix des denrées alimentaires augmentent, mais on est communément de l’avis que la hausse des prix de l’énergie est un facteur qui y contribue. Les systèmes énergie-aliments sont reliés de deux façons distinctes: le secteur agricole est un consommateur d’énergie mais il est aussi un producteur d’énergie grâce à la bioénergie. L’agriculture repose désormais de façon croissante sur les engrais chimiques dérivés des carburants fossiles, sur le gaz naturel et sur les machines fonctionnant au diesel. L’entreposage, la transformation et la distribution des aliments sont souvent aussi des activités à fort coefficient d’énergie. C’est pourquoi des coûts énergétiques plus élevés ont un impact direct et fort sur les coûts de la production agricole et les prix des denrées alimentaires. Recherche économique sur l’énergie et la sécurité alimentaireLa recherché économique et le travail de la FAO en matière de politiques analysent le développement économique global, la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire en fonction d’un certain nombre de perspectives thématiques, y compris les impacts directs et indirects des marchés de l’énergie. Il est nécessaire de comprendre les répercussions économiques du passage à des systèmes de production alimentaire intelligents face à l’énergie aux niveaux national et mondial pour identifier les mécanismes les plus adaptés qui maximisent les avantages et minimisent les risques.
Un élément clé du travail de la FAO dans ce domaine est la publication, Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO, qui évalue l’influence potentielle des politiques agricoles et commerciales sur les marchés agricoles dans le moyen terme. En lire plus Cette évaluation se réalise dans le cadre du modèle AGLINK-COSIMO, qui couvre l’offre, la demande et les prix annuels mondiaux des principaux produits agricoles consommés et commercialisés dans le monde. Le modèle fournit un cadre analytique logique permettant de réaliser des perspectives agricoles et l’analyse prospective des politiques grâce à la concrétisation de scénarios alternatifs. Le modèle capture les effets de l’énergie dans la production agricole en considérant la contribution de l’énergie aux coûts de production à l’aide d’un indice des prix réels qui utilise un indice du PIB, le prix mondial du pétrole et le taux de change. La production de biocarburants (éthanol et biodiesel) est modélisée de façon endogène et représentée comme une fonction des prix des produits, de variables du PIB et/ou de variables chronologiques des tendances, ainsi que d’importantes variables des politiques comme les subventions, les crédits, les tarifs et les mandats. Cela permet une analyse de scénarios de l’impact de la demande accrue de bioénergie et des changements de politique sur les marchés agricoles.
La FAO, en collaboration avec des experts du Groupe de travail sur l’industrie des engrais, qui s’occupe de la production et du commerce des engrais, fournit des prévisions sur cinq ans des bilans de l’offre et de la demande d’engrais aux niveaux régional et mondial. Les perspectives relatives aux engrais comprennent l’impact éventuel des biocarburants sur la consommation mondiale d’engrais. Perspectives à long termeDans le passé, les projections à long terme de la FAO, présentées dans des rapports comme Agriculture mondiale : horizon 2050, avaient considéré la production de biocarburants de façon relativement limitée. Toutefois, World agriculture towards 2030/2050: the 2012 revision comprend un cas de base sur la production de biocarburants qui suppose l’accomplissement des obligations politiques actuelles dans le monde avec une modeste croissance au-delà de ces politiques. Des systèmes modèles en cours de préparation, à la fois d’équilibre partiel et d’équilibre général, seront utilisés pour examiner d’autres voies pour les biocarburants comprenant, mais pas exclusivement, celles déterminées par les changements dans les prix du pétrole. Économie de la bioénergieLe GBEP, avec la contribution de la FAO, a développé une série d'indicateurs de durabilité pour les bioénergies sous les trois piliers du développement durable (environnemental, social et économique). Les indicateurs développés sous le pilier économique visent á fournir des indications pour la mesure les impacts économiques de la production et l'utilisation de la bioénergie. Le Cadre Analytique BEFS et les outils associés adressent les impacts du développement de bioénergies sur l'économie nationale (par exemple, effets sur le PIB, croissance de l'emploi et réduction de la pauvreté) et l'identification des groupes de ménages vulnérables |