Parité hommes-femmes Les activités de la FAO produisent des données et informations servant à combler les lacunes dans les connaissances liées à l’énergie et à la parité, en particulier dans les pays en développement. Ces données alimenteront le travail sur l’économie et la parité entrepris par la FAO pour renforcer l’évaluation du rôle que peuvent jouer la consommation et la production d’énergie provenant de la bioénergie dans l’agriculture, la sécurité alimentaire, le travail décent, la parité hommes-femmes et la réduction de la pauvreté.
Plus Collecte du bois de feu Des femmes transportent du bois de feu au Burkina Faso. (FAO/Alessandra Benedetti) Dans de nombreux pays en développement, les femmes sont chargées en général du ramassage du bois de feu. Ces femmes sont particulièrement touchées par le manque de services énergétiques accessibles et abordables pour la cuisson des aliments et le chauffage. Dans des zones dotées de ressources limitées en biomasse, les femmes parcourent de longues distances pour trouver du bois de feu. Une étude sur le Malawi a montré que, en raison de la déforestation, des femmes âgées devaient couvrir à pied plus de 10 km par jour pour ramasser le bois de feu nécessaire. En Tanzanie, les femmes passent 300 heures environ par an à collecter du bois de feu ; en Zambie la moyenne est de 800 heures. En Afrique de l’Est, la pénurie de bois de feu a réduit le nombre de repas cuisinés chez les ménages pauvres. Au-delà de la fatigue physique que la collecte de bois de feu impose aux femmes, le temps passé à collecter le bois limite les opportunités pour ces femmes de s’engager dans d’autres activités productives et rémunératrices. Lorsque les jeunes filles sont retirées de l’école pour aider leurs mères à ramasser le bois de feu, le cycle de l’analphabétisme et de la pauvreté se renforce.
• D’après l’Organisation mondiale de la santé, en 2002, l’emploi de combustibles solides pour la cuisson a causé la mort de près de 800 000 enfants et celle de plus de 500 000 femmes. Les différentes responsabilités qui incombent aux hommes et aux femmes signifient aussi que les femmes souffrent davantage des impacts sur la santé de l’utilisation et de la production de bois-énergie. Les combustibles solides, comme le bois et les déjections, sont utilisés dans des feux en plein air ou dans des fourneaux traditionnels à l’intérieur des maisons, qui sont souvent mal ventilées. La fumée produit des niveaux élevés de pollution intérieure qui menacent gravement la santé des femmes qui préparent les repas et des petits enfants.
L’impact de la bioénergieCes dernières années, des questions ont été soulevées quant aux différentes façons dont la production de bioénergie moderne, notamment des carburants liquides, affectent les hommes et les femmes. Le secteur peut offrir de nouvelles opportunités économiques et d’emploi aux populations rurales, mais il peut aussi provoquer des risques en termes de conditions injustes d’emploi, de santé et de sécurité, de travail des enfants et de travail forcé. Ces opportunités et risques tendent à affecter de manière différente les hommes et les femmes. Cela est dû principalement à l’accès différencié des hommes et des femmes aux biens physiques et économiques, comme la terre, les ressources naturelles, les matériels et les intrants agricoles et le crédit. C’est ainsi qu’une option suggérée pour la production de cultures bioénergétiques consiste à les cultiver dans des terres marginales. Cependant, les terres marginales revêtent une grande importance pour les femmes en particulier, qui les utilisent traditionnellement pour y cultiver des produits alimentaires servant à la consommation familiale.
Plus Bien que les ménages dont le chef est une femme constituent normalement une part plus limitée de la population, ils représentent un segment vulnérable qui est durement frappé par la hausse des prix des produits alimentaires de base. En augmentant la demande de produits agricoles, la production de biocarburants peut entraîner une augmentation des prix, rendant plus difficile l’accès aux aliments pour les ménages dont le chef est une femme. Toutefois, en soutenant un système de développement inclusif, dans des conditions justes, les femmes peuvent bénéficier du développement de cette nouvelle industrie. Collecte de données sur l’énergie ventilée par sexeLe travail de la FAO vise à intégrer le concept de parité hommes-femmes dans le développement rural, y compris la planification et la prise de décisions relatives à l’énergie. Cela exige, comme première étape, la collecte de données pertinentes pour mieux qualifier et quantifier les relations entre l’énergie et les sexes dans des situations différentes. Par exemple, des informations sont nécessaires sur la façon dont les hommes et les femmes évaluent leurs besoins énergétiques et quelles actions selon eux sont les plus favorables. Le travail de la FAO fournit une base pour assurer que les questions de parité sont incorporées dans les évaluations de la manière dont les impacts de la production et de l’utilisation de l’énergie peuvent influencer les hommes et les femmes de façons différentes. Plus Un aspect particulièrement intéressant consiste dans la production et l’utilisation de données ventilées par sexe et d’indicateurs qui tiennent compte des disparités entre les sexes pour aider à promouvoir une parité hommes-femmes majeure et l’autonomisation des femmes, et à renforcer l’efficacité des interventions liées à l’énergie et à l’agriculture. En outre, la qualité des emplois générés par le biais de ces interventions devrait être évaluée et surveillée soigneusement pour les femmes et les hommes aussi bien que pour les adultes et les jeunes, afin de s’assurer que les emplois verts créés satisfont les exigences de travail décent de l’Organisation internationale du travail (OIT). |