Suivi du marché du riz, juillet 2008
Le Suivi du marché du riz analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français.
Résumé
Malgré un démarrage poussif, la campagne rizicole de 2007 devrait enregistrer une production record de 658 millions de tonnes, en hausse de 2,5 pour cent par rapport à l’année précédente. L’essentiel de cet accroissement est imputable aux cultures de la campagne secondaire dont les semis ont coïncidé avec la flambée des prix.
Si les récoltes de 2008 ont été excellentes dans l’hémisphère Sud, les cultures de riz de la campagne principale de 2008 sont parvenues désormais à un stade décisif de développement dans l’hémisphère Nord. Si aucun choc notable ne survient au cours des prochains mois, la production mondiale de riz en 2008 devrait progresser de 1,5 pour cent, atteignant 668 millions de tonnes. Une grande part de cet accroissement est le fait des pays d’ Asie qui devraient rentrer quelque 605 millions de tonnes, soit 1,1 pour cent de plus que les excellents résultats de 2007. Des augmentations tangibles sont prévues au Bangladesh, en Inde, en Indonésie, aux Philippines et au Vietnam, tandis que la République islamique d’Iran, le Japon, la Turquie et, tout particulièrement, le Myanmar, pourraient subir une contraction. Grâce à des conditions de croissance qui ont été jusqu’à présent favorables en Afrique, la production dans la région devrait s’élever à 23,7 millions de tonnes, soit 5 pour cent de plus qu’en 2007. Diverses initiatives de soutien de la production ont été lancées au niveau national et international, dont l’Initiative d’urgence sur le riz pour l’Afrique, en juin 2008. La production en Amérique latine et aux Caraïbes (LAC) devrait enregistrer une progression exceptionnelle d’environ 8 pour cent, pour la plupart concentrée en Argentine, au Brésil, en Colombie et en Uruguay. Dans le reste du monde, les perspectives de production laissent entrevoir des gains aux Etats-Unis, tandis qu’un repli est attendu en Australie et dans l’Union européenne (UE).
Les prévisions de la FAO concernant le commerce mondial du riz en 2008 s’établissent désormais à 30,2 millions de tonnes, c’est-à-dire 1,4 million de tonnes de plus que les prévisions d’avril dernier, mais 4 pour cent de moins que les 31,3 millions de tonnes échangés en 2007. Ce chiffre traduit les restrictions d’exportations de plusieurs pays exportateurs et les cours mondiaux élevés en vigueur depuis janvier, qui ont déprimé la demande d’importations. La chute annoncée des importations mondiales de riz serait en grande partie due à la contraction des achats des pays asiatiques, en particulier du Bangladesh, de l’Indonésie, de l’Arabie Saoudite, des Émirats Arabes Unis et du Yémen, neutralisant la hausse des expéditions à destination de l’Irak, de la RPD de Corée, de la Malaisie, des Philippines et du Sri Lanka. Les importations vers l’Afrique devraient également diminuer, alors qu’elles devraient rester plus ou moins au même niveau pour la région Amérique latine et Caraïbes. En revanche, on estime que l’Australie, l’UE et les Etats-Unis achèteront davantage. La baisse des exportations mondiales en 2008 est en grande partie attribuable aux politiques de restriction des exportations mises en oeuvre par plusieurs pays, notamment l’Inde, l’Égypte et, dans une moindre mesure, le Vietnam. Une partie seulement des déficits de ces pays sera compensée par une augmentation des achats au Cambodge, au Pakistan, en Thaïlande et aux Etats-Unis.
D’après les prévisions encore tout à fait provisoires de la FAO, le commerce mondial de riz en 2009, estimé à 30,0 millions de tonnes, ne devrait guère subir de variations significatives par rapport à 2008. Les importations des pays d’Asie seront en recul, surtout au Bangladesh, en Malaisie et aux Philippines. En revanche, les importations de pays d’Afrique et du Proche-Orient, de l’UE et des États-Unis devraient croître, sous l’effet d’une demande soutenue et d’une chute possible des cours mondiaux. Quant aux exportations, elles devraient rebondir en Égypte, en Inde, au Pakistan et au Vietnam, grâce à l’assouplissement des mesures d’exportation. A l’inverse, elles pourraient reculer en Thaïlande, où le programme d’achats du gouvernement soutient les prix, de même qu’en Argentine, au Brésil, au Cambodge, en Chine et aux États-Unis. Contrairement à 2008, le commerce en 2009 reflètera essentiellement les besoins des importateurs et sera moins conditionné par les politiques des pays exportateurs.
Les prévisions de la FAO des stocks mondiaux de riz à la clôture des campagnes de commercialisation se terminant en 2008 ont été relevées d’environ 4,0 millions de tonnes. Elles s’élèvent à 110 millions de tonnes, soit 1,7 pour cent de plus que leur niveau d’ouverture de 108 millions de tonnes, sous l’effet des perspectives favorables de production en 2008. Pour ce qui est de la constitution de stocks, elle devrait être essentiellement concentrée dans les principaux pays exportateurs, avec des accroissements sensibles prévus en Chine, en Inde, en Thaïlande et au Vietnam. Parmi les grands pays importateurs, le Bangladesh, les Philippines et le Japon pourraient voir leurs stocks diminuer en clôture de campagne, tandis que l’Indonésie pourrait enregistrer une forte augmentation, compte tenu de deux excellentes campagnes rizicoles.
Après avoir culminé en mai 2008, les cours mondiaux du riz ont montré des signes de repli en juin et en juillet avec l’arrivée des nouvelles récoltes de paddy. Cela s’est reflété dans l’indice des prix du riz de la FAO, qui, en juillet, avait perdu 9 pour cent par rapport à son record de mai 2008. Malgré tout, les prix en juillet demeuraient supérieurs de plus de 80 pour cent à ceux de janvier 2008. Dans les mois à venir, la contraction des cours internationaux du riz devrait se poursuivre, surtout si les prix du blé continuent à chuter. Le recul pourrait être limité, toutefois, par les politiques en vigueur en Thaïlande et au Vietnam, qui les empêcheront de chuter en-deçà du prix plancher. Par ailleurs, plusieurs pays importateurs en Afrique et au Proche-Orient devraient procéder à de nouveaux achats qui dynamiseraient le marché. Le régime de la mousson dans les pays asiatiques de l’hémisphère Nord, ainsi que les faits nouveaux concernant les politiques des pouvoirs publics, en particulier les restrictions à l’exportation imposées en Égypte et en Inde, se répercuteront aussi fortement sur les cours mondiaux du riz.