Suivi du marché du riz, septembre 2009
Le Suivi du marché du riz analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français.
RÉSUMÉ
Les prévisions de la FAO du mois de juin concernant la production mondiale de riz paddy en 2009 ont été réduites de 21,3 millions de tonnes, ce qui la porterait à 668 millions de tonnes, c’est-à-dire 3 pour cent de moins qu’en 2008. La révision à la baisse reflète principalement des conditions climatiques défavorables dans les pays d’Asie de l’hémisphère nord, qui ne vont pas tarder à effectuer leur principale récolte de paddy pour 2009. Malgré la baisse prévue, la production de paddy en 2009 restera d’un niveau élevé, deuxième seulement après le record de 2008.
Des pluies de moussons en retard et des régimes de précipitation très variables expliquent le recul de la production prévue en Asie, actuellement estimée à 601 millions de tonnes de paddy, soit 22 millions de tonnes ou 4 pour cent de moins qu’en 2008. Outre l’Inde, où la chute pourrait être particulièrement marquée, la Province chinoise de Taiwan, l’Irak, le Japon, la République de Corée, le Népal, le Pakistan, le Sri Lanka et la Thaïlande devraient également faire face à des baisses. Par contre, les prévisions sont positives en Afghanistan, au Bangladesh, au Cambodge, en Chine continentale, en Indonésie, en République islamique d’Iran, en Malaisie, au Laos, au Myanmar, aux Philippines et au Vietnam.
Malgré des conditions de culture moins favorables cette saison, la production de paddy en Afrique devrait rester proche de la remarquable récolte de 25,4 millions de tonnes en 2008, grâce aux efforts accrus de la part des gouvernements et à l’intérêt renouvelé pour le secteur des investisseurs institutionnels et privés. Des récoltes particulièrement bonnes sont prévues à Madagascar et au Mozambique, ainsi qu’au Mali et au Nigéria. Par contre, la sécheresse a affecté les cultures dans la partie orientale du continent, et des restrictions concernant l’utilisation de l’eau ont entraîné une baisse des plantations et de la production en Égypte.
En Amérique latine et dans les Caraïbes, les prévisions sont excellentes, en effet, la production devrait augmenter de 4 pour cent pour atteindre 27,5 millions de tonnes. En Amérique centrale et dans les Caraïbes, des récoltes plus importantes sont prévues à Cuba et en République dominicaine. En Amérique du Sud, où la campagne 2009 approche de la fin, de fortes augmentations en Bolivie, au Brésil, au Chili, en Colombie, au Pérou et au Venezuela, devraient largement compenser un recul de la production en Argentine, en Guyana et en Uruguay. Dans les autres régions, la production de paddy devrait augmenter dans l’UE-27 et aux Etats-Unis. Bien qu’elle soit supérieure à la très mauvaise récolte de 2008, en Australie, la production de 2009 reste bien en deçà des niveaux de 2000.
Le commerce mondial de riz en 2009 devrait rebondir de 2 pour cent à 30,7 millions de tonnes. La reprise devrait être majoritairement mise sur le compte des importations des Philippines, de l’UE-27 et des pays du Proche-Orient (la République islamique d’Iran, l’Iraq et les Émirats Arabes Unis). Par contre, les livraisons au Bangladesh, en Indonésie, en Malaisie, au Sri Lanka et en Turquie, mais aussi dans les pays d’Afrique de l’Ouest, devraient diminuer, parfois de manière brutale. Pour ce qui concerne les exportations mondiales en 2009, elles devraient être stimulées par des livraisons plus importantes en provenance d’Argentine, du Brésil, d’Égypte, du Myanmar et, surtout, du Vietnam, où elles devraient atteindre un niveau record. Ces augmentations devraient plus que compenser des ventes moins élevées de la Chine, de l’Inde, du Pakistan, des Etats-Unis et de la Thaïlande.
À partir des attentes actuelles, les premières prévisions de la FAO concernant le commerce mondial de riz en 2010 s’établissent à 30,3 millions de tonnes, 1 pour cent de moins que les prévisions pour 2009. La baisse de quelque 400 000 tonnes proviendrait de demandes d’importations plus faibles des principaux pays importateurs de riz, notamment le Brésil, l’Indonésie et les Philippines, tandis que les prévisions de production sont favorables. Du côté des exportations, une contraction prévue des réserves et des cours mondiaux moins attractifs pourraient engendrer une réduction des livraisons en provenance d’Inde, du Pakistan, mais également du Vietnam, d’Égypte, et des Etats-Unis. Cependant, la Chine continentale, la Thaïlande, le Cambodge et le Myanmar pourraient augmenter leurs exportations.
Étant donné les excellents résultats de production de la campagne 2008 qui vient de se conclure, les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de riz reportés en 2009 ont augmenté pour atteindre 121,4 millions de tonnes, pratiquement 12 millions de tonnes, soit 11 pour cent, de plus que l’année précédente et le niveau le plus haut depuis 2002. Des stocks devraient être constitués dans plusieurs des principaux pays importateurs, en particulier le Bangladesh, la République de Corée, les Philippines et l’Indonésie, mais également dans des pays exportateurs de riz, comme la Chine continentale, l’Inde, le Pakistan, la Thaïlande et les Etats-Unis. À un niveau prévisionnel, les réserves mondiales de riz couvriraient approximativement 3,2 mois d’utilisation mondiale de riz, le rapport stock-utilisation mondiale serait alors estimé à 27 pour cent. D’autre part, les premières prévisions des stocks de clôture en 2010 indiquent une baisse de 3 pour cent passant à 117,4 millions de tonnes, étant donné que des réserves devront être utilisées pour couvrir le déficit de production prévu en 2009.
Les cours mondiaux du riz sont restés dans l’ensemble stables en juillet et août, mais ils ont chuté nettement dans tous les secteurs du marché en septembre 2009, alors que l’indice FAO des prix du riz (2002-2004 = 100) clôturait à 232 points, 20 points de moins qu’en juin. Depuis le début de l’année 2009, l’indice était en moyenne de 257 points, 45 points en dessous de la valeur pour la période janvier à septembre 2008. Même si des prévisions de culture en dessous de la moyenne dans les principaux pays exportateurs et l’affaiblissement du dollar américain apportent un soutien aux cours mondiaux du riz, l’arrivée de nouvelles réserves dans les mois qui viennent pourrait entraîner une chute ultérieure des cours. Toutefois, les mesures prises par les gouvernements resteront de la plus grande importance. Par exemple, il est probable que les acteurs du marché surveilleront de près la manière dont les importants stocks nationaux seront gérés en Thaïlande, et également les effets du nouveau système de prix garantis qui va bientôt être mis en place dans le pays, qui pourrait faire baisser les cours à l’exportation. Enfin, et surtout, la chute persistante des cours des céréales, qui en septembre avaient déjà perdu 30 pour cent de leur valeur par rapport à l’année précédente, pourraient exercer une pression à la baisse supplémentaire sur les cours mondiaux du riz.