Suivi du marché du riz, décembre 2009
Le Suivi du marché du riz analyse l'évolution récente du marché mondial du riz, ainsi que les perspectives à court terme. La version intégrale document n'est disponible actuellement qu'en anglais mais les faits saillants sont traduits en espagnol et en français.
RÉSUMÉN
Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de riz paddy au cours de la saison 2009 ont été revues à la hausse de près de 10 millions de tonnes à 678 millions de tonnes, 2 pour cent de moins que la récolte de 2008, mais encore la deuxième production plus élevée jamais enregistrée. La révision des perspectives de production mondiale reflète principalement les résultats meilleurs que ceux initialement prévus dans de nombreux pays asiatiques , où la production globale de paddy est désormais estimée à 612 millions de tonnes, quelque 12 millions de tonnes de moins qu'en 2008. La contraction a été principalement causée par des conditions météorologiques défavorables, en particulier la sécheresse, qui ont particulièrement affecté les cultures au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Népal. En revanche, des augmentations très fortes sont attendues en Chine continentale, en Indonésie et au Myanmar. Les perspectives de production sont négatives en Afrique, où 24,5 millions de tonnes devraient être récoltées, 3 pour cent de moins que l'année précédente. La baisse serait entraînée par une réduction des superficies ensemencées en Egypte, mais reflète aussi un déficit pluviométrique au Tchad, en Mauritanie, au Niger et en République-Unie de Tanzanie. En revanche, des conditions de croissance satisfaisantes, associées à un soutien continu envers le secteur, souvent grâce à des programmes gouvernementaux d’autosuffisance, devraient stimuler la production dans le reste de la région, avec des augmentations prévues en particulier à Madagascar, au Mali, au Nigeria et au Sénégal. Les perspectives en 2009 restent positives en Amérique latine et dans les Caraïbes, où la production devrait augmenter de 4 pour cent et atteindre 27,4 millions de tonnes. Une saison des ouragans moins violente en Amérique centrale et dans les Caraïbes pourrait faciliter des accroissements de la production à Cuba, en République dominicaine et au Panama. En Amérique du Sud, en 2009, des productions plus importantes ont déjà été récoltées en Argentine, en Bolivie, au Brésil, en Colombie et au Pérou, faisant plus que compenser les réductions en Guyane, en Uruguay et au Venezuela. Dans les autres régions, la production devrait croître dans l'Union européenne (UE), dans la Fédération de Russie et aux États-Unis. Malgré une reprise en 2009, la production de paddy en Australie reste limitée par le manque d'eau pour l'irrigation.
Les semis des cultures de paddy de 2010 sont déjà bien avancés dans les pays de l'hémisphère sud. La saison commence de manière négative en Amérique du Sud, où la sécheresse ou des pluies excessives ont retardé les semis des principales cultures. De même, il est à craindre que la sécheresse associée à El Niño n’entraîne une réduction des récoltes en Indonésie. Malgré les prévisions d'augmentation, la production en Australie restera en deçà des niveaux records du début des années 2000. Les perspectives de production sont incertaines dans les pays d'Afrique australe, où la période des cyclones qui s'étend de janvier à mars vient de débuter.
Les estimations de la FAO concernant le commerce mondial de riz pour l'année civile 2009 ont été revues à la baisse, elles pointent désormais à un volume de 30,0 millions de tonnes, soit légèrement en dessous des niveaux négociés en 2008. Des quantités relativement abondantes de disponibilités de la saison 2008 sont à l'origine d'une réduction des importations des pays asiatiques, en particulier du Bangladesh, de l'Indonésie, de la Malaisie et des Philippines, tandis que les expéditions vers les pays d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes ont augmenté. La baisse des exportations mondiales de riz a été principalement entraînée par la Chine, le Pakistan, la Thaïlande et les États-Unis, tandis que les restrictions imposées par les gouvernements de l'Inde et de l'Egypte ont également restreint la disponibilité de riz pour le commerce. Malgré la stagnation mondiale, les exportations du Viet Nam ont atteint un nouveau record en 2009. L'Argentine, le Brésil, le Cambodge et le Myanmar ont également été en mesure d'augmenter le volume de leurs expéditions.
Le commerce mondial de riz en 2010 devrait se redresser légèrement à 30,5 millions de tonnes. L'augmentation serait soutenue par une forte demande d'importations en provenance des pays asiatiques, en particulier des Philippines. Les achats effectués par le Brésil et les Etats-Unis pourraient aussi augmenter, tandis que les livraisons vers les pays africains pourraient diminuer. La reprise du commerce en 2010 serait soutenue par les exportations en augmentation de la Thaïlande, qui semble prête à rebondir, mais aussi de la Chine, du Myanmar et du Viet Nam, pour compenser la réduction des expéditions en provenance du Cambodge, des États-Unis et de l'Uruguay.
L'utilisation mondiale de riz en 2010 devrait s'accroître de 8 millions de tonnes et atteindre 454 millions de tonnes, l'essentiel de ce volume, environ 389 millions de tonnes, devrait être consommé comme aliment, 1,5 pour cent de plus qu'en 2009. En conséquence, la consommation alimentaire par habitant devrait rester inchangée, à 57,3 kilos, soutenue par les programmes gouvernementaux qui ont contribué à amortir les effets des prix qui restent élevés dans toutes les régions.
À la suite de l'amélioration des estimations de production pour 2009, les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux à la fin des campagnes de commercialisation se terminant en 2010 ont été augmentées de 6 millions de tonnes, pour atteindre 123 millions de tonnes, ce qui représente une baisse de 1 pour cent par rapport à leurs niveaux d'ouverture. Une grande partie de la contraction devrait provenir des cinq principaux pays exportateurs, qui, en tant que groupe, devraient terminer l'année avec une diminution de 24 pour cent à 24,5 millions de tonnes. Inversement, les pays importateurs de riz, comme l'Indonésie et la République de Corée, devraient consolider leurs stocks. Par rapport à la consommation mondiale, les réserves mondiales de riz semblent importantes et suffisantes pour couvrir environ 27 pour cent de l'utilisation en 2010.
Malgré l'arrivée sur le marché de disponibilités provenant des récoltes qui viennent de s'achever, les cours mondiaux du riz ont augmenté au cours du dernier trimestre de 2009, inversant une tendance à la baisse qui avait été soutenue depuis le mois de mai. Cela s'est reflété dans l'indice FAO des prix du riz, en hausse de 15 points à 247 points de septembre à décembre. Le redressement des cours internationaux a principalement concerné le marché du riz Indica, avec des gains particulièrement évident dans les variétés de qualités inférieures, qui ont gagné 49 points sur la période. Les prix pour le riz Indica de qualité supérieure ont également augmenté, tandis que les cours pour les variétés de riz aromatisé et Japonica ont perdu du terrain. En moyenne, les cours du riz en 2009 ont chuté de 42 points en dessous de leur valeur en 2008, ils restent cependant supérieurs de 92 points à la moyenne de 2007. Les perspectives de prix dans les mois à venir sont incertaines, mais les principaux pays exportateurs détenant moins de disponibilités ou imposant des restrictions à l'exportation, les prix sont peu susceptibles de retomber avant que de nouvelles récoltes n'arrivent sur le marché en mars / avril.