Semer l’avenir de l’agriculture familiale au Paraguay

Asunción, 27 janvier 2014 – Le Comité national pour l’Année internationale de l’agriculture familiale 2014 a été officiellement établi le 18 décembre 2013 à Asunción, la capitale du Paraguay. Sa principale mission est de reconnaître, d’évaluer et de renforcer l’agriculture familiale, et de lui donner des moyens d’action, à travers les politiques publiques et dans la société paraguayenne, en reconnaissant son importance stratégique et ses contributions au développement politique, économique, social, environnemental, culturel, spirituel et psychologique du pays.

Le Comité national  est une alliance qui englobe de nombreuses organisations de la société civile – associations d’agriculteurs, d’autochtones, de ruraux et de pêcheurs; ONG; fondations; universités; institutions publiques, privées et internationales. Ces organisations, membres du Comité, travaillent avec des exploitants familiaux pour organiser et promouvoir l’Année internationale de l’agriculture familiale 2014 (AIAF).

Le Paraguay envisage la création, par le Comité national, de comités de département ou de district pour l’agriculture familiale, dans le cadre du Plan stratégique de l’Année internationale 2014 (récemment approuvé en janvier 2014).

Le Plan stratégique national de l’Année internationale de l’agriculture familiale prévoit entre autres l’élaboration de plusieurs projets de lois, notamment sur la défense, la promotion, le renforcement et la création des exploitations familiales,  ainsi qu’un Plan national en faveur de l’agro-écologie et de l’agriculture familiale.

Le Comité national coordonne des actions, des marchés, des forums, des auditions publiques et des manifestations de plaidoyer en faveur de l’agriculture familiale et de la souveraineté alimentaire, de la souveraineté technologique, de la réforme agraire et d’autres questions connexes.

En 2014, le Comité organisera une série d’activités afin que l’agriculture familiale devienne  synonyme de culture, de territorialité, de développement durable, d’agro-écologie et d’économie solidaire pour les populations rurales, les peuples autochtones, les communautés de pêcheurs et les ramasseurs-cueilleurs.

Des représentants des organisations membres du Comité national ont déclaré que le Paraguay devait se doter de politiques pour promouvoir le  développement rural et l’agriculture familiale, ainsi que d’outils pour réduire les inégalités socio-économiques. Ils ont souligné la nécessité d’intégrer des politiques sectorielles du gouvernement favorisant la participation dans les secteur public, privé et social.

L’Année internationale de l’agriculture familiale 2014 (AIAF) vise à rehausser l’image de l’agriculture familiale et de la petite agriculture en focalisant l’attention du monde entier sur leur contribution significative à l'éradication de la faim et de la pauvreté, à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et des moyens d’existence, à la gestion des ressources naturelles, à la protection de l’environnement et au développement durable, en particulier dans les zones rurales.

Coup d’œil sur les chiffres

Selon la FAO, plus de 80 % des exploitations de la région sont des fermes familiales qui produisent l’essentiel des denrées destinées à la consommation des habitants d’Amérique latine, et fournissent environ 70 % des emplois agricoles du pays.

Selon le Recensement agricole national du Paraguay (2008), le secteur primaire (agriculture, foresterie, pêches et chasse) emploie 26,9 % de la population active (PEA): il crée des emplois pour environ 785 000 personnes.

L’agriculture familiale joue un rôle stratégique dans les approvisionnements alimentaires et fournit l’essentiel du «panier de consommation» des ménages du pays. Sur les 19 articles d’épicerie couverts par le rapport, 11 (soit 58 %) sont produits par des exploitations familiales, aussi bien pour la consommation intérieure que pour l’exportation. «La manière la plus efficace de vaincre la faim et la malnutrition est de produire les aliments plus près des consommateurs, ce qui est la mission exclusive de l'agriculture familiale et non des investisseurs étrangers», a déclaré José Antonio Osama, Coordinateur du Programme de l'AIAF-2014 pour la société civile. Selon lui, pour renforcer le travail de millions de familles d'agriculteurs dans le monde – près de 2,5 milliards de personnes des zones rurales vivent de l'agriculture dans les pays en voie de développement – il est nécessaire que les pays garantissent «un accès protégé à la terre, à l'eau, à la mer et aux autres ressources naturelles». On doit également reconnaître «le droit des peuples à produire eux-mêmes leurs aliments».

Institutions concernées  Groupes et entités faisant partie de ce Comité: Organisation nationale des agriculteurs(ONAC), Union agricole nationale (UAN), Central Nacional de Organizaciones Campesinas Indígenas y Populares (CENOCIP), Coordinadora de Organizaciones Campesinas e Indígenas del Paraguay (COCIP); Central de Organizaciones de Productores Ecológicos del Paraguay (COPEP) Coordinadora Distrital de Mujeres de Caazapá; Coordinadora Departamental de Mujeres de San Pedro; ONG SER; CGDSA;Mouvement agraire populaire (MAP), Coordinadora de Organizaciones Campesinas Interdistritales - Coordinadora de Organizaciones Campesinas Independiente de San Pedro (COCI); Coopérative des familles rurales du Paraguay; Association de producteurs biologiques de San Pedro del Paraná; BIOEXPORT; AXIAL; Secrétariat technique de la planification (STP), Ministère de l’agriculture et de l’élevage (MAG), Unión Nacional de Agricultura Familiar (UNAF); Pastoral Social Nacional y Pastoral Social de la Diócesis de Misiones y Ñeembucú; Liga Nacional de Carperos (LNC); Mouvement des travailleurs ruraux (MTR), Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA), Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et Agence allemande de coopération internationale (GIZ).

03/02/2014