Des potagers pour la nutrition


Le combat des femmes mozambicaines contre la malnutrition chronique

Des femmes s'informent sur les bonnes pratiques de nutrition, au cours d’un stage de formation parrainé par la FAO. ©FAO/Telcínia dos Santos

06/03/2018

Les femmes et les enfants, en particulier les femmes enceintes et les enfants âgés de 0 à 2 ans, sont parmi les groupes les plus vulnérables à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition chronique. C’est notamment le cas au Mozambique où, selon le Secrétariat technique de la FAO pour la sécurité alimentaire et la nutrition, 35% de la population est en situation d'insécurité alimentaire et 43% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique.

Les niveaux de dénutrition chronique sont particulièrement critiques dans le nord du Mozambique, c'est pourquoi des femmes de la province de Zambézie se mobilisent pour combattre ce problème.

Rosita Francisco Mocole est ce que le programme appelle une « mère attentionnée ». Elle a été choisie pour participer à une formation de la FAO, puis chargée de partager ce qu'elle a appris avec sa communauté. Elle fait partie d’un groupe de 12 agricultrices provenant de la localité de Namite; deux fois par semaine, ces femmes partagent leurs connaissances sur la nutrition et la culture de jardins potagers.

« Nous apprenons les bonnes pratiques de nutrition et la culture de jardins potagers. Nous avons des fermes ou nous produisons des aliments pour nos enfants. Grâce à ces cours, nous savons déjà que tout le monde -- mais surtout les femmes et les enfants -- a besoin d'au moins trois repas différents par jour » déclare-t-elle.

A propos de la composante du programme sur la culture de jardins potagers, Rosita explique que les femmes de son groupe cultivent des choux, des haricots jaunes, des tomates, des patates douces, des oignons et de l'ail. Elle a aussi appris à utiliser du fumier comme fertilisant.

À gauche: Rosita (en t-shirt orange) partage avec les autres femmes de sa communauté ce qu'elle a appris à une session de formation de la FAO. ©FAO/Telcínia dos Santos; À droite: des mères participant au programme apprennent à préparer du fumier organique pour fertiliser les potagers . ©FAO/Telcínia dos Santos

Dans les communautés rurales, il est courant qu’au moins deux enfants se partagent la même assiette de nourriture. Rosita, qui a trois enfants, explique que le programme lui a appris à changer ce comportement.

Au cours d'un entretien, elle explique comment le programme de la FAO a changé ses habitudes alimentaires et celles de sa famille:

« J'avais l'habitude de faire de la bouillie pour mes enfants avec uniquement de la farine et du sucre, mais je sais maintenant que je peux l’enrichir avec d'autres produits achetés ou issus de nos jardins potagers, car c’est de nos jardins que part la nutrition ».

Des femmes de la province de Zambézia promeuvent l'éducation nutritionnelle pour améliorer leur santé et celle de leurs enfants ©FAO/Telcínia dos Santos

Le combat des femmes contre la malnutrition

Dans la ville de Machilone, située dans la province de Zambézie, Arminda Nipewe participe au programme de la FAO depuis Mars 2017.

Arminda s'occupe de ses petits enfants, notamment de deux jumeaux dont la mère est morte en couches. Elle aide d'autres mères bénéficiaires du programme à acquérir de meilleures habitudes nutritionnelles et à mieux prendre soin des enfants de 0 à 5 ans.

« Le programme nous apprend à prendre soin des enfants en bas âge. Ils doivent manger des bouillies enrichies. ».

Arminda pense que ses amis et ses voisins devraient aussi adhérer au programme ou au moins chercher à s'informer pour mieux s'occuper de leurs enfants.

Des communautés entières changent leurs comportements

Comme l'explique Ruth Butao Ayoade, responsable des composantes d’éducation nutritionnelle et de culture potagère familiale du programme, « Les communautés ont réagi de façon positive au programme et davantage de femmes, ainsi que leurs maris, avaient vraiment très envie de participer à ces sessions, mais le plus important, c'est que les comportements changent dans les communautés et que les enseignements sont mis en pratique dans les foyers ».

« Le plus important, c'est que les comportements changent dans les communautés. » - Ruth Butao Ayoade

C'est à travers ces actions que le programme de la FAO au Mozambique a contribué, avec un appui financier de l'Union européenne, au développement de communautés dont les membres se battent quotidiennement pour acquérir des aliments de base et améliorer leur sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le programme intègre une éducation nutritionnelle avec la culture de potagers familiaux, pour permettre aux membres des communautés de produire chez eux ce dont ils ont besoin pour avoir une alimentation saine.

Cette intervention devrait porter le nombre total de bénéficiaires à environ 30 000 mères vivant dans 7 districts situés dans 3 provinces – Zambézie, Manica et Sofala -- où les taux de malnutrition chronique sont élevés. 


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Vidéos:

 

 

2. Zero hunger, 5. Gender equality