L’autonomisation des femmes rurales est essentielle pour assurer la sécurité alimentaire


Histoires de Hanen Talbi, de Sonia Mhamdi et d’Imen Chelbi

70% des migrants internes tunisiens sont des jeunes. Grâce au financement de la Coopération italienne au développement, la FAO s'attaque aux principaux facteurs de l’exode rurale des jeunes. © Nikos Economopoulos / Magnum Photo

Lorsqu’on se rapproche de la petite maison, on peut apercevoir Hanen qui rit avec sa famille dans la cour. Hanen est une biologiste, âgée de 25 ans qui vit à Ouled Taleb dans le gouvernorat de Siliana, une des nombreuses zones du Nord-Ouest tunisien qui sont particulièrement touchées par le chômage, par la faiblesse des revenus et par des taux de migration élevés. Hanen vient d'une famille rurale défavorisée et ses parents ont investi dans l'éducation de leurs enfants pour leur permettre de sortir de la pauvreté.

Lorsque le Projet de Mobilité des jeunes ruraux financé par la FAO a débuté dans la région, Hanen a pu envisager une autre alternative: mettre en pratique ses connaissances universitaires dans l’agriculture, dans son pays natal.

Avec l'appui du Projet de Mobilité des jeunes ruraux, Hanen a lancé sa propre entreprise d’élevage de volailles en plein air. Grâce au projet, elle a reçu un kit avicole, une couveuse d’une capacité de 500 œufs et elle a également bénéficié d’un appui technique nécessaire au lancement de son entreprise.

La FAO a joué un rôle de premier plan dans mon projet. Elle m’a permis à partir d’un rêve, d’une idée de parvenir à quelque chose de concret et de réel.» a déclaré Hanen. Elle entend réinvestir ses bénéfices actuels pour développer progressivement son entreprise. Cela lui permettra d’embaucher plus de personnes dans son exploitation et de subvenir aux besoins de sa famille.

En travaillant en étroite collaboration avec des parties prenantes nationales, dans le cadre du projet RYM sur la Mobilité des jeunes, sécurité alimentaire et réduction de la pauvreté, la FAO a promu la création de pistes innovantes pour l’emploi décent et l’entrepreneuriat agricole pour les jeunes dans des régions dont les habitants ont tendance à migrer. Plus précisément, le projet a permis de dispenser des formations auprès de jeunes chômeurs, de leur procurer des équipements en vue de les aider à lancer leur propre petite entreprise agricole, mais également en investissant de façon productive les transferts de fonds reçus de la diaspora.

Gauche: Avec l'appui du Projet de Mobilité des jeunes ruraux, Hanen a lancé sa propre entreprise d’élevage de volailles en plein air. ©Nikos Economopoulos/Magnum Photo. Droite: Grâce au projet de Mobilité des Jeunes Ruraux, Sonia a pu bénéficier de l’expertise de techniciens et a pu acquérir des compétences en gestion d'entreprise pour lancer son entreprise d'épices traditionnelles. ©Nikos Economopoulos/Magnum Photo

Tout comme Hanen et d’autres jeunes femmes tunisiennes, Sonia Mhamdi et Imen Chelbi envisageaient de quitter leur famille et de migrer à l’étranger à la recherche d’un travail, mais elles ont repris espoir grâce au projet RYM.

Là où elles voyaient auparavant un manque d’opportunités, elles y voient désormais un immense potentiel.

Sonia et sa famille touchaient de faibles revenus et rencontraient des difficultés à subvenir aux besoins de leurs trois enfants. Dans le cadre du projet RYM, Sonia s’est trouvée une nouvelle source de revenu dans la fabrication de produits alimentaires et d’épices locales pour la cuisine traditionnelle tunisienne. Sa petite boutique à Amdoun, dans le nord-ouest de la Tunisie, ressemble à un laboratoire alchimique magique, où les parfums des épices et des fines herbes ont la part belle. «La FAO m'a fourni un moulin à épice et à piment pour la transformation et la commercialisation de produits locaux. Je travaille désormais avec mon mari, ma sœur et ma belle-sœur.»

Le projet RYM a permis à Sonia d’acquérir des compétences techniques et en gestion des affaires. Le projet repose sur la compréhension que les femmes et les filles constituent des agents essentiels de la lutte contre la pauvreté rurale et qu’elles ont non seulement besoin d’acquérir des compétences et de suivre des formations mais aussi de trouver des débouchés qui leur permettent de devenir indépendantes sur le plan économique.

 «Avec mon projet, j'ai réussi à offrir des possibilités d'emploi aux femmes» a dit Sonia. «  Quand je parle ici de femmes, je ne parle pas de femmes diplômées, mais plutôt de femmes pauvres qui sont vraiment dans le besoin et qui ne sont pas diplômées. Leurs seuls atouts sont leurs bras et leurs mains.»

Avant mon rêve était d’aller vivre en Europe. Mais aujourd’hui, grâce à la FAO, mon projet dans mon village est un rêve devenu réalité» - Imen Chelbi

En 2010, Imen et sa famille ont migré vers la France à la recherche de possibilités d'emploi. Ils y ont vécu pendant sept ans, avant de retourner dans leur ville natale. Dans le village de Hassi Jerbi, dans le Sud-Est tunisien, une autre région du pays où les habitants ont tendance à migrer, Imen garde désormais la tête haute devant son champ d’un hectare d’aloe vera, une plante médicinale étonnante. Sa passion pour l’équitation lui a permis de découvrir les vertus de l’aloe vera également pour les traitements médicaux des chevaux. 

Grâce à l’appui du Projet de Mobilité des jeunes ruraux, Imen a été en mesure d’acheter et d’installer un système d’irrigation goutte à goutte pour son champ d’aloe vera. ©FAO/Paola Termine

Grâce à l’appui du Projet de Mobilité des jeunes ruraux, Imen a été en mesure d’acheter et d’installer un système d’irrigation goutte à goutte pour son champ d’aloe vera. Elle a également construit un laboratoire pour l'extraction et la fabrication d'huile et de gel ides feuilles d'aloe. Grâce aux compétences de commercialisation et de communication acquises au cours de sa carrière universitaire, Imen a lancé sa propre marque, ‘Mon Aloe’, qui connaît une croissance rapide et qui peut actuellement compter sur 5 jeunes employés, qu’elle embauche de façon périodique pour la récolte et l'extraction de l’huile et l'emballage du produit final.

Portée par sa forte détermination, Imen a également réussi à conclure un contrat avec quatre investisseurs étrangers français, qui ont compris la valeur de ses produits. «Je suis heureuse de réaliser mon rêve dans mon propre pays,» a déclarée Imen. Je travaille dans le but d’avoir une vie meilleure,» dit Yiman.

Le Projet RYM, financé par la Coopération italienne pour le développement, a été lancé en 2015 pour lutter contre les principaux facteurs de la migration rurale des jeunes en Tunisie, tout en exploitant le potentiel de développement des mouvements migratoires. 


Pour en savoir plus: