Les liens invisibles de la nature et leurs contributions à notre bien-être


Comment la biodiversité garantit, entre autres, notre avenir alimentaire

Par biodiversité, nous entendons la variété de la vie végétale et animale dans le monde. Des espèces, des habitats et des caractéristiques génétiques variées favorisent des écosystèmes en meilleure santé, plus productifs et mieux à même de s'adapter aux défis tels que les changements climatiques. ©FAO/Alipio Canahua

Certaines personnes ont les cheveux bouclés; d’autres ont les cheveux raides. Certaines personnes bronzent alors que d’autres prennent des coups de soleil. Certaines personnes sont capables de retourner leurs lèvres, d’autres n’en sont pas capables. Tout cela s’explique par nos gènes et leurs différences. La diversité. C'est-ce qui met du piment dans la vie.

Tout comme nos propres différences, les plantes et les animaux ont aussi des différences, visibles ou pas. Une variété de riz, par exemple, est plus résistante aux inondations qu’une autre. Une race de bovins peut résister à la sécheresse alors que d’autres n'en sont pas capables. Tout ceci est le fruit de la biodiversité.

Biodiversité signifie la variété de la vie végétale et animale dans le monde. Elle comprend la variété génétique, des espèces et des écosystèmes. Là où il y a une riche diversité d'espèces, d’habitats et de gènes, les écosystèmes sont en meilleure santé, plus productifs et mieux à même de s'adapter aux défis tels que le changement climatique.

La biodiversité, outre la variété, est aussi la façon dont les différentes espèces, végétales et animales, sont liées et interagissent entre elles. Le monde est composé d’une toile invisible que nous apprécions rarement à sa juste valeur. La perte d'espèces, qu’elles soient animales ou végétales, peut modifier l'ensemble d'un écosystème. Cela signifie par conséquent que des liens sont perdus à jamais.

Voici 7 liens et contributions fournies par les écosystèmes que vous ne connaissez peut être pas:

1. Agriculture et sols sains – L’agriculture est souvent rendue responsable de la dégradation des sols. Pourtant, si elle est gérée avec soin, l’agriculture peut en réalité accroître la santé des sols. Les légumineuses, par exemple, contribuent à restaurer la vitalité des sols, favorisant ainsi la croissance d’autres plantes. Saviez-vous qu'il y a plus d’organismes vivants dans une cuillère à soupe de sol qu’il y a de personnes sur terre? Des sols sains sont nécessaires pour faire pousser nos denrées alimentaires, pour éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère ainsi que pour les microbes à partir desquels sont élaborés nos médicaments, comme la pénicilline par exemple. Les secteurs agricoles sont les plus grands utilisateurs de la biodiversité. Ensemble, ils gèrent les plus grandes zones terrestres, d'eau douce et marines de la planète, que ce soit la biodiversité "sauvage" dans le domaine de la foresterie et des pêches ou la biodiversité "domestiquée" des systèmes de production. Si l’agriculture est gérée de façon durable, elle peut contribuer à préserver la biodiversité et des fonctions importantes des écosystèmes. 

2. Nutrition et changement climatique – La biodiversité agricole, y compris les espèces sauvages apparentées aux plantes cultivées, est fondamentale pour faire face aux effets des changements climatiques et assurer notre avenir alimentaire. Cette diversité offre à l'agriculture des variétés et des races de bétail qui peuvent mieux s'adapter aux variations de température et des précipitations et aux phénomènes météorologiques extrêmes. Il est également important, en cette ère de changements, que nous explorions d'autres types de cultures. Sur les 400 000 espèces de plantes recensées, 30 000 seraient comestibles. Toutefois, à ce jour, seulement 6 000 d’entre elles sont consommées, et dans le monde entier, seules 150 cultures sont produites à grande échelle! Étonnamment, seules trois cultures (maïs, blé et riz), fournissent près de 60 pour cent de nos protéines et calories quotidiennes. Nous devons élargir nos régimes alimentaires afin d’explorer d’autres variétés qui pourraient être plus nutritives et qui seraient susceptibles de mieux résister aux effets des changements climatiques.

Si l’agriculture est gérée de façon durable, elle peut contribuer à préserver la biodiversité et des fonctions importantes des écosystèmes. Gauche: ©FAO/Liana John; Droite: ©Municipio de Boticas

3. L’élevage et les semences Nous sommes conscients de l'importance de l'élevage en tant que source de nourriture. En réalité, seulement trois espèces les bovins, les porcs, les poulets fournissent la majorité de l’apport total en calories de l'alimentation humaine, mais vous ne saviez probablement pas que ces animaux contribuent également à faire pousser les plantes! En broutant l’herbe, en pâturant et du fait du cycle des éléments nutritifs à travers la production de fumier, les animaux d’élevage peuvent en réalité aider à répandre les semences. Nous entendons souvent parler de l'extinction des espèces sauvages, mais des races d'élevage ont également été touchées. Environ 150 races d’animaux d’élevage ont disparu entre 2000 et 2018.

4. Les forêts, l’eau potable et un air plus pur Les forêts sont l'une des sources les plus importantes de la diversité biologique; elles abritent en effet des habitats variés pour les plantes, les animaux et les micro-organismes. On compte plus de 60 000 espèces d’arbres dans le monde. Non seulement les forêts protègent de nombreuses espèces, mais elles servent également de filtres naturels qui contribuent à purifier nos sources d’eau. Elles piègent et stockent également le carbone, et nettoient et refroidissent l'air. Perdre des forêts signifie par conséquent perdre des sources d’eau douce. Actuellement, les forêts naturelles aux quatre coins du monde ont reculé, passant de quelque 10,6 millions d'hectares dans les années 90, à 6,5 millions d'hectares entre 2010 et 2015. La remise en état des forêts, outre le fait de préserver les habitats d’une grande variété d’espèces, contribue à garantir une eau plus propre et un air plus pur.

5. Les forêts mal gérées et la baisse des populations de poissons – Saviez-vous que les forêts et les poissons étaient liés? Car oui, ils le sont! Lorsque les forêts sont mal gérées, l’écoulement des eaux devient irrégulier. Plus les sédiments sont entraînés en aval, moins l’eau douce parvient jusqu’aux sources d’eaux telles que les lacs et les océans. Cette situation a des répercussions négatives sur les pêches car cela affecte la santé ou provoque la mort de certains types de poissons. Cela signifie non seulement qu’il y a moins de poissons pour la consommation humaine, mais également que les familles qui sont tributaires de la pêche pour leur subsistance font face à des difficultés accrues pour subvenir aux besoins de leurs familles. Les poissons fournissent 20 pour cent des protéines animales à environ 3 milliards de personnes et la subsistance de près de 200 millions de personnes dépend de la pêche. Qui savait que la destruction des forêts pouvait en réalité détruire les moyens de subsistance des pêcheurs? Ou même que la surpêche de certains types de poissons herbivores pouvait réduire la dispersion des semences d’arbre?

6. Les mangroves et la réduction des inondations – Les mangroves et autres types de végétation côtière, comme les herbes marines et les marais salants, peuvent maintenir les fonds côtiers et limiter la taille des vagues, diminuant ainsi les risques ou l'impact des inondations sur les zones côtières. En effet, les forêts et les terres agricoles réduisent les risques et les dommages causés par les inondations, les tempêtes, les tsunamis, les avalanches, les glissements de terrain et les sécheresses. L'expansion de l'aquaculture est l'une des principales causes de la déforestation des mangroves. En général, la croissance des collectivités, le développement accru de nouvelles infrastructures, la pollution de l'eau, le tourisme négligeant et l'augmentation de l'acidité de l'eau ont tous des répercussions sur la végétation côtière, aggravant ainsi les impacts des catastrophes naturelles.

La biodiversité est nécessaire en vue de garantir le futur de notre alimentation et de notre nutrition. ©FAO/Claudio Guzman

7- La sécurité alimentaire et la biodiversité – La biodiversité des animaux, des poissons ou des cultures est en fait une nécessité fondamentale pour notre production alimentaire et notre sécurité alimentaire. Disposer d’une grande variété de cultures, certaines plus nutritives, d’autres qui poussent plus vite, certaines mieux adaptées à la sécheresse ou aux températures élevées ou d’autres qui nécessitent moins d’eau, est essentiel pour relever les défis posés par les changements climatiques et la croissance démographique. Et il ne s'agit pas seulement des variétés de cultures, c'est la diversité présente dans les sols qui favorise la croissance des plantes, la variété des pollinisateurs qui aide les plantes à se reproduire et à créer les fruits et légumes dont nous avons tant besoin; c'est la diversité des insectes dont certains sont des ennemis naturels des organismes nuisibles qui peuvent attaquer la production agricole. La biodiversité s’avère par conséquent nécessaire pour garantir le futur de notre alimentation et de notre nutrition.

La biodiversité doit faire partie intégrante de notre façon d’envisager la nature, le bien-être humain et la santé. Elle doit être intégrée dans notre façon de voir les choses, dans nos politiques et dans nos lois. Il est important pour la FAO de faire de la biodiversité un concept qui soit connu et immédiatement reconnu. Dans le cadre de son engagement en faveur de la biodiversité, la FAO aide les pays à mettre en place une bonne gouvernance, des cadres propices et des incitatifs relatifs à la bonne intendance de la biodiversité,  afin d’intégrer la biodiversité dans tous les programmes.

Il est risqué pour notre propre avenir et l'avenir de l'environnement de tenir pour acquis tout ce que la nature fait pour la planète. La FAO veille à ce que la biodiversité soit prise en considération à tous les niveaux de sorte que nous apprécions à sa juste valeur ce qui est apparemment invisible et que nous le fassions savoir.

Pour en savoir plus:

 


2. Zero hunger, 12. Responsible consumption and production