Encourager la tête, le cœur, les mains et la santé chez les jeunes du Kenya


Comment les clubs 4-H aident les jeunes à s'accomplir dans le secteur agricole

Margaret Kadenge, en charge de l'agriculture dans le sous-comté de Magarini, explique aux élèves de l'école primaire d'Amkeni quelques techniques agricoles de pointe pour la culture d'une variété locale de patate douce. ©4-H/Ward Neema

Au Kenya, plus de 65% des enfants du comté de Kilifi doivent marcher pour se rendre à l'école tous les jours. C'est l'un des nombreux obstacles qu'ils doivent surmonter pour s'instruire. A cause de ce fardeau supplémentaire, il est encore plus difficile de convaincre les jeunes que l'école est nécessaire pour la réussite de leur avenir. L'absentéisme scolaire et les taux d'abandon élevés sont une réalité trop commune.

Pour les jeunes ruraux, le secteur agricole représente de nombreuses opportunités locales. Mais ils considèrent souvent ce secteur comme pénible, risqué, peu générateur de revenus et peu rentable. Ils préfèrent alors migrer vers les grandes villes dans l'espoir de vivre une vie meilleure.

Malheureusement, les gens ont souvent des idées arrêtées sur l’agriculture et sur l’agroalimentaire. Ce prisme empêche de nombreuses personnes, les jeunes en particulier, de tirer parti du large éventail de possibilités offertes par le secteur agricole. Or, ce secteur permet de fournir ou d'améliorer les moyens d'existence.

Pour s'attaquer directement à ces problèmes, la FAO s'est associée à la Fondation 4-H au Kenya pour promouvoir une approche interactive de l'apprentissage scolaire par le biais des clubs 4-H, basée sur des programmes de développement des compétences nécessaires à la subsistance. A  Kilifi, le programme mobilise 1 200 écoliers âgés de 10 à 15 ans. La Fondation 4-H Kenya utilise le programme STEM (Science, technologie, ingénierie et mathématiques) pour enseigner l'agriculture durable et la sécurité alimentaire.

A gauche : Des élèves de l'école primaire de Kata découvrent le potentiel agricole des drones. ©4-H/Ward Neema ; à droite : Les enfants de l'école primaire de Mabrui découvrent les différents composants de la station météorologique installée dans leur école. ©4-H/Ward Neema

Les quatre «H» (en anglais) font référence à l’importance accordée dans le programme à quatre domaines de développement :

1. La tête ("head" en anglais) : Ces programmes permettent aux enfants de poursuivre leurs études en dehors de la classe, leur donnant ainsi la possibilité d’acquérir des compétences concrètes dans les domaines de l’agriculture, de l’économie et des affaires. Les activités incluent également la planification et la gestion financières, la prise de décision, la coopération entre les groupes, la prise de parole en public et d’autres compétences utiles sur le marché du travail.

2. Le cœur ("heart" en anglais) : L’approche des 4-H favorise la création de liens non seulement entre les membres du club, mais aussi entre les membres de la communauté au sens large. Le club dispense de précieuses leçons en termes de collaboration et d'entraide.

3. Les mains ("hands" en anglais) : Chaque activité est conçue avec une approche pratique de l’apprentissage afin que les enfants gèrent eux-mêmes leurs propres projets. Soutenus par les conseillers et les assistants du club, ils doivent eux-mêmes être la clé de leur propre succès, en se basant sur la technique 4-H.

4. La santé ("health" en anglais) : Le mode de vie sain proposé par les clubs 4-H aident les jeunes à équilibrer leur santé physique, mentale et émotionnelle. Les enfants se familiarisent avec la sécurité alimentaire, les sciences de l'alimentation, la nutrition et d'autres domaines de la santé et du bien-être afin de développer un mode de vie plus équilibré.

L'approche 4-H est basée sur un apprentissage pratique pour développer les compétences, la confiance, le caractère, la compassion et les relations, en permettant aux jeunes membres du club de contribuer efficacement à la vie de leur communauté. Cela permet aux jeunes qui terminent leurs études d'avoir une vision positive de l'agriculture comme source de revenus. Apprendre grâce à cette approche leur permet d'appréhender l'agriculture dans un contexte plus large. Ils envisagent alors un avenir possible dans ce secteur.

Les élèves de l’école primaire Karimboni ont appris à construire et à entretenir des poulaillers, pour reproduire la technique chez eux. Ils ont désormais plus de 30 volailles en cage. ©4-H/Ward Neema

A Kilifi, les leçons sont axées sur la production de trois produits principaux dans la région : le manioc, les piments oiseaux et la volaille. Les jeunes transmettent à leurs pairs et aux autres membres de la communauté les compétences acquises dans les fermes.

Avec une moyenne de 30 à 45 membres dans une école typique, la Fondation 4-H Kenya est sur le point d'avoir un impact exponentiel sur les communautés.

Donner aux enfants de Kilifi la possibilité d’acquérir des compétences qui ont une application immédiate et concrète dans le monde réel leur permet de faire des choix positifs pour leur avenir. Ils développent non seulement une capacité à subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles avec un revenu décent, mais cela leur permet aussi de ne pas quitter leur domicile.

L’expérience montre que plus les adolescents sont confrontés à des ressources et à des expériences positives dans différents contextes, qu’ils soient à l’école ou à la maison, plus ils ont de chances de se développer de manière saine et productive. À ce jour, la FAO a soutenu la création de 30 clubs 4-H dans le comté de Kilifi au Kenya.


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8. Decent work and economic growth