Célébrons la diversité des fruits et légumes


Respectons notre nourriture, sans la juger

Dans une ferme locale, parmi les produits mis au rebut, Nicole Klaski, fondatrice de THE GOOD FOOD, découvre une pomme de terre en forme de cœur. L'année dernière, la ferme a dû jeter environ la moitié de sa récolte de pommes de terre. ©FAO/Gregory Beals

04/02/2019

Des carottes en forme de pattes d’oie. Des concombres tordus. Des pommes de terre en forme de cœur ou tout simplement trop petites. Un épi de maïs auquel il manque quelques grains. En Allemagne, la plupart des supermarchés ne veulent pas voir ce genre de légumes sur leurs étals. Ils finissent très souvent dans les poubelles.

Mais pour Nicole Klaski, qui milite contre le gaspillage alimentaire, ces fruits et légumes sont au contraire beaux et précieux. Il y a deux ans, elle a fondé le premier supermarché en Allemagne qui récupère dans les fermes des légumes aux formes étranges et les propose ensuite à ses clients sur ses étals. «Imaginez si sur terre, tout le monde avait exactement la même apparence. Ce serait ennuyeux», dit-elle. «C’est la même chose pour les légumes. Nous devons célébrer leur diversité.»

L’Allemagne gaspille environ 11 millions de tonnes de nourriture chaque année. Face à cette situation, Nicole Klaski est déterminée à agir. Ainsi, il y a deux ans, la jeune femme de 35 ans a fondé THE GOOD FOOD, un supermarché dédié à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Chaque semaine, Nicole Klaski et plusieurs bénévoles se rendent dans les fermes pour récupérer les produits qui ont été mis de côté par les grandes chaînes de supermarchés en raison de leur forme étrange ou de leur taille.

Les bénévoles de THE GOOD FOOD travaillent tard dans la soirée, rapportant des produits frais dans les étals du supermarché, pendant que les clients, eux, continuent à faire leurs courses.©FAO/Gregory Beals

Les bénévoles récupèrent les légumes dans les fermes, mais ils collectent également les aliments dont la date de péremption approche dans les supermarchés locaux et dont on peut encore faire plein de choses. Ces produits sont ensuite vendus sur un marché basé à Cologne, au prix que les clients estiment juste.

Le processus de collecte et de vente de nourriture permet la rencontre entre 70 bénévoles et des milliers de clients. Ils discutent de la façon dont ils apprécient vraiment la nourriture et tout ce qui est nécessaire pour la produire, ainsi que des moyens les plus efficaces pour le gaspillage alimentaire. Ce mouvement positif est allé plus loin que le simple magasin. Il a en effet permis de créer une communauté anti-gaspillage alimentaire! Ainsi, le marchand de glaces situé dans la même rue utilise des bananes qui proviennent de THE GOOD FOOD. Les personnes âgées discutent avec les jeunes et partagent leur amour pour la nourriture. Le restaurant indonésien situé au coin de la rue prépare, lui, des plats à base de produits oubliés, récoltés dans les champs avoisinant la ville de Cologne.

Agée de 35 ans, Nicole Klaski est la fondatrice de THE GOOD FOOD, une organisation basée à Cologne qui lutte contre le gaspillage alimentaire en travaillant avec les agriculteurs pour récupérer les aliments jugés trop laids pour être vendus par les grandes chaînes de supermarchés. ©FAO/Gregory Beals

Heinrich Hannen, propriétaire de la ferme Lammertzhof à Kaarst, en Allemagne, fournit des légumes à THE GOOD FOOD depuis sa création. S’il sait que ces efforts ne sont qu’une goutte d’eau dans la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le monde, il sait aussi que c’est ainsi que naissent toutes les grandes idées. «Si vous voulez changer le monde, vous devez commencer par changer vos propres habitudes», dit-il. «C’est ce que nous faisons.»

Les causes des pertes et du gaspillage alimentaires dans les pays à revenus moyens et élevés sont souvent liées au comportement des consommateurs ainsi qu’au manque de coordination entre les différents acteurs de la chaîne agroalimentaire. Par exemple, les fruits et les légumes sont souvent gaspillés parce qu’ils ne correspondent pas aux normes commerciales de haute qualité. Ceux dont l’apparence n’est pas parfaite - en termes de forme, de couleur, de taille et qui présentent des tâches ou des marques - sont souvent rejetés par les acheteurs.

Cependant, lorsque nous jetons des fruits et des légumes, nous gaspillons également les ressources précieuses - semences, terre, main-d’œuvre, eau et intrants - utilisées pour les produire, ainsi que l’énergie et la main-d’œuvre utilisées pour la récolte, la préparation en vue de la vente et le transport vers les marchés ou les supermarchés.

Moins gaspiller, mieux manger et adopter un mode de vie durable sont essentiels à la construction d'un monde libéré de la faim. Les choix que nous faisons et les actions que nous menons aujourd'hui sont vitaux pour notre avenir #FaimZéro.


En savoir plus:

 

2. Zero hunger, 12. Responsible consumption and production